Malgré les menaces du ministre de la Santé Abdelaziz Ziari de sanctionner sévèrement les grévistes, l'Intersyndicale des professionnels de la santé (ISPS) a décidé de poursuivre son action de protestation avec la reconduction de la grève cyclique de trois jours, qui entamera demain sa troisième semaine. L'intersyndicale a, en outre, décidé de tenir un rassemblement national mercredi à 11h devant le ministère de la Santé. Tout en réitérant sa disponibilité au dialogue en prenant à témoin l'opinion publique, l'Intersyndicale des professionnels de la santé, soucieuse de la défense du secteur de la santé, des droits du malade et de ses adhérents, interpelle à nouveau le Premier ministre et le ministre de la Santé pour le respect de leurs engagements pour la prise en charge de leur plate-forme de revendications. Il est à rappeler que dans un communiqué rendu public jeudi dernier, signé par trois syndicats sur les quatre habituels, à savoir le SNPSSP, SNPSP et Snapsy, il est souligné que la décision a été prise à l'issue de la réunion d'évaluation du dernier débrayage et du sit-in devant la tutelle. Il est à noter, par ailleurs, que de son côté, le ministre de la Santé a déclaré, jeudi dernier, qu'il ‘n'y aura pas de révision du statut particulier et du régime indemnitaire», soit à peine 24 heures après le communiqué de la tutelle dans lequel le département de Ziari a affirmé que «la plateforme de revendications de l'intersyndicale n'est pas du ressort ni de la compétence du ministère de la Santé mais du gouvernement». En outre, pour justifier ce refus, M. Ziari a expliqué que «la mise en œuvre du statut particulier et du régime indemnitaire ne remonte pas loin dans le temps, et a été précédée par une large consultation avec l'ensemble des partenaires sociaux». Pour Ziari, «le ministère n'a jamais fermé les portes du dialogue», toutefois «le gouvernement discute uniquement avec les syndicats agréés». Ce n'est pas le cas avec l'Intersyndicale de la santé publique car «elle n'est pas reconnue». Pour sa part, le président du SNPSP, Dr Lyes Merabet, joint hier par téléphone, a déclaré qu'il «y a un conflit de travail et des problèmes socioprofessionnels entre le ministère de tutelle et les syndicats depuis deux ans». Par ailleurs, notre interlocuteur dira : «Nous défions le ministre de la Santé qui déclare que les portes du dialogue sont ouvertes car jusqu'à présent, il n'a rien proposé et n'a invité personne, concrètement parlant, à dialoguer. A cet effet nous demandons à Monsieur le Premier ministre d'intervenir et d'ouvrir les portes du dialogue à chaque syndicat».