Depuis des mois, on parle des réformes qui vont être introduites prochainement dans le secteur de l'éducation, mais sur le terrain, rien n'est encore clair. C'est dans ce cadre que l'Université de la formation continue (UFC), concernée aussi par cette réforme, organise, aujourd'hui, une rencontre, afin de débattre, en présence des experts confirmés, le projet de la refonte et l'actualisation des programmes d'enseignement. L'objectif de cette manifestation, explique-t-on, est de réussir à assainir le secteur afin de valoriser les diplômes universitaires délivrés par l'UFC en les mettant en adéquation avec les besoins des multiples secteurs socio-économiques. En effet, les diplômés de l'Université de la formation continue, rencontrent d'énormes problèmes, une fois confrontés à la vie professionnelle. Hormis la non-reconnaissance de leurs diplômes par les employeurs, leur formation reste, dans la plupart des cas, inadaptée aux besoins de ce marché. Cette situation est, en fait, expliquent certains observateurs, la résultante d'une rupture de concertation et de communication entre cette université et ses partenaires socio-économiques. Toutefois, la rencontre d'aujourd'hui permettra d'axer la réflexion sur «une approche multidisciplinaire sur la refonte des programmes en vue de leur adaptation à la demande du marché de l'emploi», nous explique-t-on dans le communiqué. Il est utile de rappeler qu'en 2000, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avait installé un conseil de partenariat UFC-entreprises. Ce dernier, constitué de membres de l'UFC, de représentants du secteur socio-économique ainsi que de membres des institutions bancaires et financières, se veut un organe de concertation qui régule les besoins du marché du travail et les formations à proposer. «La création de passerelle de coopération et de partenariat entre l'université en tant que pôle de science et de savoir et l'entreprise en qualité d'espace d'évaluation du produit de formation s'avère une nécessité impérieuse d'où la création d'un conseil de partenariat», mentionne-t-on dans le communiqué. L'organisation de telles rencontres et la création de ce genre de comités font savoir qu'il y a déjà une prise de conscience et une volonté de la part des pouvoirs publics de changer la situation du secteur de l'éducation qui présente, actuellement, des «symptômes» graves qui ne peuvent être que destructifs pour l'avenir de nos enfants. Mais faut-il encore, en pratique, ressentir cette volonté. Car depuis la remise du rapport des réformes en novembre 2002 au Président de la République, aucune action concrète n'a suivi.