Des griefs sont formulées par les travailleurs. Dans une lettre «accablante» adressée au ministre de l'Enseignement supérieur, et dont nous détenons une copie, les membres du comité de sauvegarde de l'Université de la formation continue (UFC) s'insurgent et dénoncent «par esprit citoyen» l'attitude du recteur qui, selon eux, «est à l'origine de la dérive de l'UFC» Les six feuillets de la correspondance font état «d'une gestion malsaine et désastreuse de la part du recteur». Des termes d'une rare virulence sont employés par les rédacteurs de cette lettre pour manifester leur désaccord et leur ras-le-bol vis-à-vis des mesures «impopulaires» prises par le recteur et «allant à l'encontre de la politique du gouvernement, voire du Président de la République» dont les répercussions négatives engendrent «un sentiment d'exclusion au sein d'une couche importante de la population et pouvant entraîner des foyers de tension en divers endroits du pays». En résumé, six mesures sont énumérées dans cette lettre. Il est également fait état de la perplexité des membres du conseil scientifique vis-à-vis de ces mesures que le recteur «justifie par l'appui inconditionnel du ministre de l'Enseignement supérieur». Les auteurs de la lettre mettent en relief le comportement «féodal» du recteur qui «entretient un climat de terreur en se permettant d'indexer et de mépriser ou de révoquer des directeurs de CFC qui se sont aventurés à émettre des avis ou suggestions lors de réunions nationales». Les conditions insalubres d'hébergement et de restauration dans des cités universitaires et auxquelles s'ajoutent des cas d'intoxication (Blida, Ouargla, Djelfa, Boumerdès, etc.), note la lettre, ne sont pas prises en considération par le recteur qui «verse dans le népotisme au profit de ses proches lesquels bénéficient de conditions exceptionnelles et résident dans les meilleurs hôtels». «L'abus dans les prises en charge dépasse tout entendement» relève la lettre. Les dénonciateurs mettent aussi l'accent sur l'aspect fallacieux de certains événements (Université d'été 2001, journées d'étude sur l'Internet) en complète contradiction avec le vécu des CFC. «Aucun CFC n'est connecté au réseau Internet, alors que le recteur organise des journées d'étude», disent-ils. Dans un autre passage, ils accusent le recteur «de faire usage à mauvais escient des deniers, notamment les indemnités, et ce, avec la complicité du comptable, du régisseur et d'autres personnes au niveau du rectorat n'ayant aucun rapport avec la formation et au détriment des directeurs des CFC». Les détournements de fonds (fausses factures, objets en nature etc.), le payement illégal de travaux et missions fictives, les indemnités exorbitantes cédées à des personnes dénuées de compétence et d'expérience sont quelques reproches faits au recteur. Dans le contexte financier, les dénonciateurs parlent de «malversations dans la gestion financière et la mise à l'écart de bon nombre de cadres». En filigrane, la lettre ou plutôt le rapport rédigé aurait pour but d'interpeller les hautes autorités de l'Etat pour «mettre fin aux agissements hégémoniques, aléatoires, méprisants et malintentionnés du recteur»