Un revendeur à la sauvette se présente comme gendarme, fait un enfant à une greffière et... Qu´est-il donc arrivé à cette greffière vieille fille pour se faire avoir par un revendeur de persil sur étal à l´air libre, qui s´était fait passer pour un gendarme? L´amour? Ou l´amour de la notoriété? Car il faut vite le souligner, le faux gendarme a vraiment la carrure (Allah bénisse)) d´un gendarme et même d´un officier de gendarmerie. Plus de 1,86m plus 112kg et une peau brune, signe qu´il a dû longtemps faire les axes routiers. La greffière, elle, qui lui arrive au nombril, est emmitouflée dans un hidjab ample de couleur sombre. Sa face elle est aussi noire qu´une galette oubliée sur un tadjine sur le feu. En face, la mine éblouissante, Bahia Tabi, la présidente de la section correctionnelle du tribunal de Hussein Dey de la cour d´Alger, ne laissait apparaître aucun parti pris. Car, dans ce genre de procès, lorsqu´il y a un enfant de la «maison magistrature», les juges n´ont que du mépris envers les inculpés qui ont osé porter atteinte à une greffière. Dans ce dossier, la greffière-victime ne mérite aucune compassion, car elle s´est laissé faire un bébé hors mariage, mais encore, s´était fait escroquer tout comme sa copine de plus de 30 millions de centimes. «C´était un prêt», affirmera l´inculpé qui ne réalisera les «chutes de pierre» du ravin délit que lorsque la juge Bahia Allallou-Tabi fixera de son regard de feu qui voulait signifier que dans ce tribunal costaud, on n´avait pas de temps à perdre et donc qu´il était inutile de traîner en longueur: «Dites au tribunal ce qu´il faut pour aller à la vérité. Qu´est-ce donc que cette histoire de prêt?», tonne la magistrate qui n´aura plus aucune occasion de voir l´inculpé ouvrir la bouche jusqu´à ce qu´il se rende compte, qu´aussi bien la victime que la jeune fille cousine témoin aient occupé le «ring». Un ring où les deux femmes ont tout déballé dans la mesure où ce grand gaillard revendeur de persil acheté à 60 centimes l´unité et revendu à 10 dinars. Le gus a donné cette précision pour justifier le fait qu´il n´avait nullement besoin de cette greffière pour se faire de l´argent de poche. Il ira même jusqu´à monter une opération de calcul mental. Il dit le plus simplement du monde: «Madame la présidente, imaginez la différence lorsque je vends un bouquet de persil, car le bénéfice est de neuf cent quarante centimes...et comme il m´arrive de vendre des milliers de paquets de persil, de bouquets garnis, de céleri, vous allez vous apercevoir que je vis aisément...» Un long et lourd silence s´installe dans la salle d´audience et comme les us et coutumes des juridictions, c´est la présidente qui crèvera ce «vide» qui noie l´assistance: «Bon, bon, on aura compris qu´à ce train votre petit calcul va nous mener à la marque du véhicule que vous allez acquérir», tranche Tabi qui revient brièvement à l´usurpation de fonction. «Alors, vous vous êtes présenté comme gendarme à la dame?» L´inculpé ne répond pas de suite.. «C´est elle qui le prétend. A-t-elle un seul témoin qui m´ait entendu l´affirmer?» répond-il. «Si, si, elle en un: sa copine-cousine-témoin, allez y mademoiselle», enchaîne la juge qui accélère les débats. «Madame la présidente. Ce n´est pas une fois, mais plus de cent fois. Allez au tribunal où nous exerçons, allez en sa compagnie. Tout le monde va saluer le «gendarme». Je vous le jure...» «Ce n´est pas la peine de jurer. L´enquête a prouvé vos assertions», articule la présidente qui prend acte des demandes de Halim Boudraâ, le procureur qui n´ira pas au-delà des exigences de la loi. Une semaine après, Tabi suit le ministère public et inflige une peine de un an de prison ferme, de quoi calmer les ardeurs de ce marchand ambulant, toutes les ardeurs...Quant à la victime, elle venait d´apprendre qu´amour aveugle et cupidité mènent à la déception...et à la grossesse!