La façade de la chaîne d'information syrienne Al-Ikhbariyé après l'attentat d'hier qui a fait 7 morts dont 3 journalistes La Syrie a quitté hier les débats au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève dont les membres discutent du dernier rapport, critique pour Damas, de la Commission d'enquête internationale. Sept personnes, dont trois journalistes, ont été tuées dans l'attaque contre une chaîne de télévision syrienne hier près de Damas, selon un nouveau bilan des autorités qui ont dénoncé une «agression terroriste contre la liberté de la presse». Aucune précision n'a été donnée sur ces personnes enlevées. Dans un communiqué publié par Sana, le ministère de l'Information a estimé que «l'attaque terroriste contre le siège d'Al-Ikhbariyé est une agression odieuse contre la liberté de la presse, ses cadres et ses institutions». «Elle coïncide avec les tentatives d'interdiction aux médias nationaux syriens d'émettre par satellite», ajoute-t-il. Il déplore les «martyrs de la presse honnête et nationale», et condamne «un crime odieux, commis contre les lois humaines et le travail journalistique». «Les groupes terroristes armés ont tué des journalistes, des techniciens et des gardiens, ont déposé des charges explosives dans des locaux et incendié d'autres. Ils ont tué des journalistes en tirant sur eux et ont kidnappé d'autres», a-t-il indiqué. Sur un autre plan, dans le cadre d'une rencontre à Genève du Conseil des droits de l'homme de l'ONU (CDH-ONU), le représentant de la Syrie a quitté hier la réunion accusant les membres du CDH de politiser le débat. Prenant la parole devant les Etats membres du Conseil, l'ambassadeur syrien auprès de l'ONU, Faisal Khabbaz Hamoui, s'est d'abord félicité de ce que le rapport de la Commission d'enquête reconnaisse «l'existence de groupes armés qui bafouent les droits de l'homme» en Syrie. Toutefois, il a souligné que le rapport des experts mandatés par l'ONU comptent des «exagérations qui touchent à l'imaginaire». M.Khabbaz Hamoui a ensuite dit que la Syrie «poursuivra sa coopération avec toutes les bonnes volontés», «réitère son engagement à mettre en oeuvre le plan de Kofi Annan» mais «ne permettra pas aux fractions armées de mener des attaques». «La Syrie est responsable de son peuple, de son intégrité, de la protection de tous ses citoyens», a-t-il ajouté. L'ambassadeur a ensuite jugé «honteuse» la situation au Conseil des droits de l'homme, qualifiant de «stériles» ses différentes résolutions sur la Syrie. Il a alors expliqué que la Syrie est prête «à cesser toute forme de coopération avec les instances concernées tant ces instances restent impuissantes à fournir des réponses constructives». «La Syrie prendra le moment venue sa décision qui s'adapte à ses intérêts nationaux», a-t-il dit, avant d'ajouter que «quant à la séance de ce moment (...) nous n'allons pas participer à cette séance de politisation flagrante». Il s'est ensuite levé puis a quitté la salle sous les regards des caméras. Interrogé par les médias, l'ambassadeur syrien n'a pas souhaité faire de commentaire sur sa participation à une éventuelle réunion internationale sur la Syrie. L'émissaire international Kofi Annan souhaite rassembler le 30 juin à Genève, au niveau des ministres des Affaires étrangères, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (les Etats Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande Bretagne) ainsi que les pays de la région. Alors que Moscou a annoncé sa participation, l'ONU n'a pas confirmé la tenue de la réunion. Pour la Maison Blanche, il est «capital que la communauté internationale soit unie» pour travailler à une transition politique en Syrie, au moment où l'émissaire international Kofi Annan tâche de mettre en place une réunion des grandes puissances samedi à Genève pour évoquer son plan de sortie de crise. L'ONU à Genève a dit n'avoir toujours pas reçu de confirmation de sa tenue.