Pourquoi Si El Hocine, dernier chef historique, ne s'est pas prononcé à l'occasion du Cinquantenaire? Le silence radio qui a été observé par le pouvoir à propos du chef historique de la Révolution, a été suivi par celui de la direction du Front des forces socialistes (FFS). Aucune manifestation officielle n'a mentionné ni n'a jugé nécessaire de rendre hommage à Hocine Aït Ahmed, dernier chef historique à l'occasion du Cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie. En effet, on n'a pas jugé important, hélas! de revenir sur le long et riche parcours du combattant Aït Ahmed, qui, comme le veut la coutume, ne rate pas, en pareille circonstance, de s'adresser aussi bien aux militants du FFS qu'au peuple algérien. Même le silence radio qui a été observé tant par le pouvoir que par la direction du Front des forces socialistes (FFS) paraît étrange. On peut faire l'hypothèse charitable que cette même direction est embourbée dans un crise interne dont elle n'arrive pas à s'extraire. Preuve en est: ce sont pas moins de sept membres du conseil national à avoir été convoqués par la direction pour passer en conseil de discipline le 19 juillet prochain. Pour célébrer (?....) ce cinquantenaire, une simple collation a été organisée jeudi dernier au siège national du FFS à Alger où gâteaux et boisons ont été servis aux convives. Pour la première fois depuis l'ouverture démocratique, la direction du FFS a enfreint la règle politique du parti, jaloux et soucieux des événements historiques nationaux. En fait, le FFS a-t-il rangé les armes pour autant? Aucune conférence de presse ou activité commémorative n'a été organisée par les dirigeants du plus vieux parti d'opposition à l'occasion du Cinquantenaire de l'Indépendance. Les responsables du FFS ont-il jeté aux oubliettes Hocine Aït Ahmed? L'ont-ils déjà enterré vivant? Rien ne s'est dit à son sujet, lui la référence, le dernier des chefs historiques! C'est le black-out total. On peut trouver une explication à cette mise à l'écart de la part du régime. C'est dans l'ordre des choses car Aït Ahmed et le pouvoir n'ont jamais fait bon ménage. Mais on ne trouvera jamais une explication à ce silence de la direction du parti. Cela a soulevé plusieurs interrogations auprès des observateurs de la scène politique nationale. Par ailleurs, ces derniers ne manquent pas de s'interroger également sur le silence de Hocine Aït Ahmed lui-même! «Pourquoi Si El Hocine, dernier chef historique, ne s'est pas prononcé à l'occasion du Cinquantenaire?» s'est interrogé K. Attouche, militant du FFS, avant d'ajouter: «Ce silence de Hocine Aït Ahmed, un symbole d'opposant incorruptible, est à méditer!». Hocine Aït Ahmed est-il malade, et en rupture avec son parti? Attend-il l'évolution de la crise opposant les anciens cadres et militants de sa formation à l'actuelle direction accusée de compromission avec le régime pour se prononcer? Une compromission qui, selon Samir Bouakouir, répond aux exigences de la prochaine élection présidentielle de 2014. Dans une interview au journal on'line français Midiapart, M. Bouakouir a laissé entendre qu'il y a bien eu un rapprochement entre le chef historique et le pouvoir. «Le rapprochement a été entrepris sous l'instigation du chef de cabinet du Président, (Karim Balloul) et des deux conseillers de ce dernier, l'ancien ministre Cherifi Mohand Amokrane et Salima Ghezali.» En outre, M.Bouakouir fera également savoir que l'objectif de ces cercles, qui ont aujourd'hui la mainmise sur la direction du parti, est d'affaiblir le FFS et de le couper de ses racines sociales pour mieux l'inscrire dans les stratégies claniques. C'est dire enfin que la ligne de fracture à la maison FFS est politique et stratégique et exige un profond diagnostic politique. Mais peut-on réduire au silence ou compromettre le plus vieux parti d'opposition? C'est une entreprise à fonds perdu d'avance, répondront les vrais militants du parti.