Le pouvoir a rompu le silence et, du coup, affiche sa volonté de prendre en charge les incidences du mouvement. C'est dire que dé sormais, l'option du dialogue initiée le 31 mai dernier par Ahmed Ouyahia et étayée par les engagements du président de la République est plus que jamais relancée. Mieux encore, Ahmed Ouyahia, en fin calculateur, anticipe le cours des choses puisqu'en invitant les archs à fixer la date de l'ouverture du dialogue et à lui communiquer la liste de ses représentants, a déjà donné une orientation à l'ordre du jour de la deuxième session du 23e conclave de l'interwilayas prévue dans la soirée d'aujourd'hui au CEM Azib-Ahmed de la ville de Tizi Ouzou. Une session initialement programmée pour définir les contours de la période post-document et qui devait définitivement sceller le retour des archs vers la protestation radicale. Cependant, la stratégie d'Ouyahia, couplée à son timing calculé, a brisé cette dynamique naissante. Néanmoins, du côté des ârchs, l'heure n'est pas au pavoisement et on se garde de crier victoire ou de verser dans l'euphorie. En effet, la méfiance et la prudence sont les maîtres-mots à la veille de la tenue de la réunion de l'interwilayas. A ce titre, Bélaïd Abrika contacté par nos soins jugera cette invitation «positive dans la forme puisqu'Ouyahia a répondu dans les délais». Concernant le fond, Abrika indiquera que le communiqué de la chefferie du gouvernement «n'a pas mis l'accent sur les six préalables formulés à Raffour et qui constituent réellement l'attente du mouvement citoyen». En revanche, Nouredine Medrouk de la coordination de Béni Douala, émet des réserves par rapport à cet appel. «Ouyahia est un redoutable manoeuvrier. Or, je doute fort de la sincérité de cet appel et à mon avis nous devons redoubler de vigilance dans cette phase cruciale pour le mouvement citoyen.» Par ailleurs, l'aile de Mechtras qui devrait se réunir aujourd'hui, en conclave ordinaire à Irdjen (Larbaâ Nath-Irathen) rejette dans la forme et dans le fond le communiqué d'Ouyahia. «Il s'agit là d'une énième manoeuvre du pouvoir pour un simulacre de dialogue», nous dira Mohand Hachimi de la coordination des Ouadhias. «Cela conforte notre position du rejet du dialogue», ajoutera-t-il. Pour lui, «le communiqué d'Ouyahia confirme l'existence d'un cahier des charges à remplir en perspective de la présidentielle pour la pérennité du système». Cela dit, Mohand Hachimi assimile l'interwilayas d'aujourd'hui à «une rencontre de délégués qui veulent aller dialoguer avec Ouyahia», tout en affirmant que «l'aile de Mechtras ne rejette pas le principe du dialogue, mais refuse la paix des lâches».