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Chronique d'une noire décennie
REPORTAGE BOUIRA
Publié dans L'Expression le 06 - 05 - 2004

Plus que n'importe quelle autre wilaya du pays, elle a longtemps souffert de l'hydre intégriste.
La situation géographique de Bouira est peut-être le facteur le plus en vue dans le choix de la mouvance islamiste d'y instaurer son diktat dès le début de l'année 1991. En effet, dès la proclamation de l'arrêt du processus électoral qui avait consacré l'ex-parti dissous, Bouira allait vivre l'incertitude, la peur et la psychose. Même si l'argument reste cette décision d'annuler le suffrage qui avait donné à l'ex-FIS une majorité absolue à l'APN, les prémices d'un recours à la violence existaient bien avant. Au su de tout le monde, les mosquées servaient de lieux de rencontre et d'endoctrinement. Les associations en charge des sports de combat aussi sont intégrées par des personnes connues sur la scène publique pour leur radicalisme. Z'barbar est choisi pour la proclamation du GIA. Le choix n'est pas fortuit. L'histoire retiendra que les monts qui surplombent Lakhdaria et Médéa sont une référence dans la lutte contre l'occupant pendant la Révolution.
Des pertes immenses
C'est vers le début de 1992 que Bouira vivra les premiers attentats sanglants avec l'assassinat de personnes isolées de retour chez elles, se rendant au travail ou vivant dans des quartiers isolés... Une année après, les hordes terroristes endeuillent 17 familles de policiers de retour de Lakhdaria vers leur unité stationnée à Haïzer. Une patrouille militaire, venue s'alimenter en lait, subira des pertes à proximité du dépôt Onalait. Le wali Benguiyou (aujourd'hui à Sidi Bel Abbès) fait l'objet d'une tentative d'assassinat alors qu'il allait regagner son lieu de travail. Tikjda, site touristique, est assaillie par les groupes qui y élisent domicile après avoir saccagé complètement les locaux et mis le feu à une vaste forêt. Des unités industrielles publiques subissent le même sort à Lakhdaria. Des civils, à l'image du gendarme retraité d'El Hachimia sont victimes en famille d'une haine sans mesure. Entre 1992 et 1997, Bouira, chef-lieu de wilaya, enregistrera plus de 18 crimes. Pour montrer leur volonté de nuire au pays, les terroristes attaquent le convoi qui transporte les copies du baccalauréat et assassinent cinq convoyeurs. Lors de cette sinistre période, la wilaya consentira plus de 20 milliards de pertes matérielles et pas moins de 443 victimes entre policiers, militaires et civils. Devant l'ampleur des dégâts et après un attentisme et une sous-estimation de la force de l'ennemi, les responsables chargés du dossier décident de renforcer la lutte. Des indices relevés suite aux enquêtes diligentées après les attentats aboutissent à des pistes confirmant des complicités locales dans chaque acte commis. Dans son déploiement, la force intégriste se structure en trois phalanges : El Farouk, El Houda et El Ghoraba. Ces structures comptaient environ 443 éléments répertoriés par les services de sécurité. La dernière phalange évoquée disparaîtra complètement avec la mort de ses deux chefs emblématiques, les Hacène, père et fils. Certains de ces animateurs rejoindront les rangs des deux autres qui continuent à être fidèles au Gspc. Composée de sériat, avec des effectifs variant entre 30 et 40 personnes, El Farouk compte 6 unités et El Farouk autant d'éléments.
Un secteur opérationnel commandé par un général est stationné à Bouira. Les premiers groupes d'autodéfense sont encadrés. Okba à Aomar, Mekhfi à Lakhdaria, Akkacha à Kadiria et Si Brahim à Aïn Lahdjar regroupent les anciens moudjahidine qui repartent pour une nouvelle guerre de libération, comme ils aiment à le dire. Les premiers résultats ne tardent pas à se réaliser. En marge de ce combat et en plus de leur participation directe, les services de police démantèlent des réseaux de soutien, arrêtent des complices. En 1997, la peur change de camp et la force de frappe des groupes est réduite. Des sériat entières sont anéanties même si, au bénéfice de la conjoncture, on parle d'abus, de dépassements...le plus en vue restera celui de Souidani alias Pitchou qui sèmera la terreur à Lakhdaria.
Ce militaire, plus tard reconverti en faiseur de morale avec la publication d'un ouvrage, la Sale guerre, assassina deux jeunes vendeurs de cigarettes et jettera leurs corps devant la gare. Cet acte est exploité par le clan de Sant'Egidio qui puisera dans l'amalgame et le trouble avec sa fameuse théorie du «qui tue qui?». Les services de sécurité optent pour une stratégie qui implique le citoyen. Plus de 198 terroristes seront anéantis et autant d'armes récupérées. Les commanditaires du GIA et du Gspc, de leur côté, favorisent le recours à des actes épars commis par de petits groupes mobiles. La nature favorable, présence de forêts denses, rend le travail des forces de sécurité plus ardu. La loi sur la concorde intervient suite à la décision unilatérale de l'AIS de déposer les armes. Amoindris, les terroristes continuent à commettre des atrocités et cherchent l'impact médiatique pour cacher leur net recul. Le mois de ramadan et les grandes occasions sont les moments choisis. Même si leur capacité de nuisance diminue considérablement, les éléments du Gspc font quelques attentats et assassinent deux policiers en 2003 au centre-ville de Bouira. Une autre forme de terrorisme est alors privilégiée, le racket et l'extorsion de fonds.
Le travail des services de sécurité est amené à doubler de vigilance, surtout que le grand banditisme prend le relais du terrorisme intégriste. L'instabilité engendrée par le mouvement de protestation dans la région et l'exigence du mouvement citoyen de mettre en quarantaine, voire d'obtenir le départ de la gendarmerie agit en faveur des hordes qui se sont installées.
Malgré cette difficulté, les hommes en charge de la lutte ne baissent pas les bras et acculent le Gspc dans ses derniers recoins. Ainsi, les opérations d'Affourou et de Djeridat consacrent définitivement la victoire du «Bien sur le Mal», pour reprendre une expression chère à Bush, l'Américain.
L'entente nationale
Depuis la reconduction du président de la République, la rue et la presse font état d'une vague de redditions. A Bouira, on parle de 25 éléments qui auraient déjà déposé les armes. Cette nouvelle, qu'aucune partie officielle n'a démentie, ne doit en aucun cas faire oublier que la présence d'un seul terroriste représente une menace. Ainsi, en fin de la semaine dernière, deux militaires ont payé de leur vie et un train de marchandises a déraillé suite à l'explosion d'une bombe artisanale. S'agissant de cet acte, une source crédible parle de l'arrestation à Lakhdaria de personnes impliquées dans ce sabotage. Une équipe venue d'Alger a arrêté ces suspects. Le fait que 14 personnes aient rejoint le maquis au courant du premier semestre 2003 confirme la thèse de la non-disparition de l'hydre intégriste. La promesse du président de conforter la lutte et la possible réintégration à travers la loi sont les seuls moyens à même de mettre un terme à une décennie plus que noire.


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