Le premier responsable de ce mouvement, M. Lahbib Adami, a préféré entamer la campagne électorale en s'attaquant à son frère ennemi, le MSP de Mahfoud Nahnah. Faisant allusion aux dernières déclarations de Nahnah qui demandait aux Etats-Unis de superviser les prochaines élections en Algérie, le secrétaire général du mouvement Ennahda a affirmé jeudi que son parti «rejette toute forme d'ingérence étrangère en Algérie s'agissant de la résolution de la crise ou du contrôle des élections». En revanche, la deuxième rencontre regroupant les présidents des conseils consultatifs et les membres des bureaux des wilayas a été une occasion pour «briefer» les militants sur la démarche à adopter durant la prochaine campagne électorale. D'emblée M.Adami déclare que l'attachement de son parti à la réconciliation nationale n'a pas changé. Au contraire, le mouvement Ennahda y croit de plus en plus. Car, assène-t-il, «la démarche de la réconciliation nationale n'a point d'alternative.» Aux yeux de Lahbib Adami la prochaine élection est avant tout une affaire algérienne qui vise, entre autres, à «approfondir la démocratie, car étant un acquis précieux et irréversible». Ce qui signifie, pour le patron de Ennahda, évacuer indiscutablement la présence d'observateurs étrangers ou autre forme de contrôle des élections. S'agissant des objectifs de la rencontre de ce week-end, le secrétaire général du mouvement a évoqué essentiellement «l'organisation qui permettra aux dirigeants de mener des actions politiques, informatives et de sensibilisation en prévision des prochaines élections». Ainsi il a été demandé aux militants du parti de «maintenir le rythme de travail du mouvement depuis quatre années déjà». En langage plus clair, il a été signifié aux troupes du mouvement de ne pas se démarquer des «positions modérées et de principe du parti». Il n'est pas du tout indiqué, a laissé entendre M.Adami, d'épouser les récentes «sorties» du MSP et encore moins les démarches anciennes et actuelles de son adversaire avéré El Islah de Djaballah. Il est cependant plus rationnel de ne pas faire «l'opposant farouche» à quelques encablures des élections. La stratégie du mouvement que préside Adami est justifiée par plus d'un facteur. D'abord, Ennahda fait partie de la coalition, soutient toujours le programme du Président et n'a aucune ambition de boycotter les élections. Mieux encore, le parti se reconnaît «en général» dans les positions de l'Algérie par rapport aux questions internationales.