La chaîne de la télévision publique (Entv) qui règne sans partage sur le champ audiovisuel, est appelée, à l'avenir, à s'acclimater au contexte tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, notamment pour ce qui est de l'utilisation massive de l'outil technologique. A en croire les déclarations de son directeur général, Hamraoui Habib Chawki, qui était, hier, l'invité du forum du quotidien arabophone, El Djazaïr News, à l'hôtel El-Aurassi, un programme de «vastes» et «multiples» réformes est actuellement en cours. La formation du personnel (techniciens, rédacteurs, producteurs...) est le premier secteur a être concerné par cette politique. Une action, à laquelle, HHC affirme accorder une importance «capitale» au vu de la concurrence «féroce» que mènent sur son propre terrain, les chaînes satellitaires arabes (Djazira, Abou Dhabi...), largement suivies par les téléspectateurs algériens. Qui dit formation, dit émergence de compétences, l'Entv est condamnée à puiser dans les compétences pour pouvoir assurer sa «survie».Otage d'un financement multisource mais assez «limité» è- en 2003 le budget public a été de 73 milliards de centimes - à l'Unique, on se débrouille, comme on peut, pour trouver d'autres voies de financement propres pour répondre au besoin de la numérisation de l'ensemble des départements de la société, et dont HHC se targue de faire l'une des ses priorités. «C'est une entreprise de longue haleine qui nécessite des années de travail inlassable mais qui exige aussi des moyens financiers» a-t-il expliqué non sans dévoiler les autres sources de financement qui alimentent la boîte. Il a cité pour l'exemple la publicité qui a généré l'an dernier 8 millions de dollars. La redevance électricité a été, quant à elle, comptabilisée à 39 milliards de centimes. «C'est insuffisant pour le montage de nombreux produits» pense-t-il. Cela dit, il n'exclut pas, à cet effet, le recours au sponsoring. Aux critiques politiques «acerbes» qui remettent souvent en cause le traitement médiatique «partial» des événements par l'Entv, des «escarmouches» qui ont émaillé la visite du candidat Bouteflika à Tizi-Ouzou, diffusés par France 2, HHC, sur la défensive, a fait appel à la loi électorale : «Il nous a été interdit dans ce cadre [la loi électorale] de diffuser l'extérieur des meetings de tous les candidats... Notre mission était de couvrir le discours prononcé par tout un chacun» s'est-il justifié. Au sujet du boycott «prémédité» par la chaîne du concert musical donné récemment à Alger par le chantre libanais Marcel Khalifa, M.Hamraoui, qui a déclaré en être le principal initiateur, justifie cette «bouderie» par le fait qu'en 1995, le même chanteur, contrairement à d'autres artistes comme Majda Roumi ou Faîrouz, avait refusé, non sans animosité, un entretien, que lui aurait demandé HHC, sur les ondes de l'Entv.