Makri a pris sur lui d'annoncer et d'endosser l'initiative de son parti pour ne pas laisser le champ libre à ses contradicteurs Makri a pris sur lui d'annoncer et d'endosser l'initiative de son parti pour ne pas laisser le champ libre à ses contradicteurs parmi les cadres de son parti. En l'absence d'une réponse du pouvoir à son initiative de dialogue, le MSP qui joue sa crédibilité au sein de l'opposition et notamment vis-à-vis de ses alliés de la Cnltd, tente de jouer la carte de l'opposant responsable qui consent à nouer des contacts avec les tenants du pouvoir, sans y laisser son âme. C'est le difficile exercice que le leader du MSP se hasarde à pratiquer au moment où, dans sa propre formation politique, le deal passe très mal. Et pour cause, l'expérience de l'alliance avec des partis au pouvoir conclut à l'impossibilité de tenir le bâton par le milieu. C'est d'ailleurs cette attitude qui a valu à Bouguerra Soltani ses postes de ministre et de président du parti islamiste. Pour Abderrezak Makri la situation se présente à l'inverse de son prédécesseur, mais l'enjeu est le même, à savoir le contrôle de la première formation islamiste du paysage politique national. Makri a pris sur lui d'annoncer et d'endosser l'initiative de son parti pour ne pas laisser le champ libre à ses contradicteurs parmi les cadres de son parti qui plaident pour un nouveau recadrage du discours du MSP, en l'alignant sur celui du pouvoir. La prouesse que veut relever le leader islamiste tient dans une position qui couperait l'herbe sous les pieds de ses contradicteurs, tout en gardant le respect de ses alliés de la Cntld. Ces derniers qui, faut-il le souligner, s'accrochent au MSP comme à une planche de salut, n'ont pas intérêt à voir le parti quitter le giron de la Coordination, ce qui la viderait de sa sève. Aussi, le quitus qu'ils ont accordé à l'initiative de dialogue est en réalité un soutien qu'ils apportent au courant que dirige Abderrezak Makri au sein du MSP. De là à dire que la proposition de dialogue du parti islamiste renseigne sur les contradictions qui couvent au sein du parti, il n'y a qu'un pas que pas mal d'observateurs n'hésitent pas à faire, tant les propos du président du MSP semblent trancher avec la radicalité dont ils étaient caractérisés au lendemain du congrès de cette formation politique qui l'avait consacré au poste qu'il occupe présentement. Il faut savoir, en effet, que Abderrezak Makri était parmi ceux, au sein de la Cnltd, qui étaient hostiles à l'initiative du FFS. Il préconisait une démarche en dehors du pouvoir pour promouvoir le principe de la transition démocratique. Le fléchissement de son discours sur la question devrait, en principe, le rapprocher du plus vieux parti d'opposition, sauf que pareille démarche lui poserait un réel problème de crédibilité auprès de ses alliés de la Cnltd. Ces derniers se sont tracés une ligne rouge et on les voit mal la franchir, au risque de réduire à néant un travail de rapprochement de plusieurs mois. En fait, cette dernière sortie du MSP n'est rien d'autre que l'illustration de l'essoufflement de l'aile radicale du MSP qui, après avoir quelque peu dissous le parti dans l'Alliance de l'Algérie verte, puis dans la Cnltd, n'a obtenu aucun résultat palpable sur le terrain et éloigné les cadres du parti des centres de décision. Une situation qui amène les contradicteurs de Makri à l'accuser d'amateurisme en politique, ce qui n'est pas pour arranger les affaires d'une caste de politiques islamistes très attachée au «professionnalisme politique». Face à cette sourde opposition, Abderrezak Makri n'a, pour ainsi dire, pas d'armes, à l'exception de déclarations mi-figue mi-raisin, destinées à plaire aux uns et aux autres. Et lorsqu'un politique en arrive à gérer les équilibres, c'est le signe d'un début d'une période difficile. A ce jour, le pouvoir, avec sa composante partisane, n'a pas répondu à l'offre de dialogue du MSP, mais s'il le fait, ce sera pour mieux «finir» un courant qui a éclaté une alliance présidentielle stratégique au moment où elle devait montrer une image d'unité sans faille. Le temps de Makri à la tête du MSP est-il compté? L'avenir nous le dira.