L'opération d'assainissement et d'ajustement structurel des banques a coûté à l'Etat 10 milliards de dollars. Il est vrai que les réformes économiques ont tardé en Algérie et ont été entamées, pour l'essentiel, dans la douloureuse phase de l'ajustement structurel, accompagnée de la libéralisation des prix, de fermetures d'entreprises publiques et de compression incontournable des effectifs. Une pénible expérience qui n'a jamais entamé la volonté des pouvoirs publics à mener ses réformes dans leur intégralité. Cette volonté s'est traduite sur le terrain par la conclusion de l'Accord d'association avec l'Union européenne dont l'aboutissement est une zone de libre-échange. La poursuite des négociations pour l'adhésion de l'Algérie à l'OMC est une preuve de la détermination des pouvoirs publics à intégrer l'Algérie dans la mondialisation. Dans l'espoir d'être en adéquation avec les normes internationales, les autorités du pays ont tenté de procéder, au niveau interne, à des changements et à des aménagements requis pour la circonstance. C'est dans ce sens que l'ouverture et l'encouragement au partenariat et à l'investissement privé national ou étranger, ont été instaurés. Si les premiers fruits font état pour les cinq dernières années de l'apport de plus de 6 milliards de dollars d'investissement privé national, de plus de 10 milliards de dollars d'investissements directs étrangers et que l'apport public à l'investissement est de 30 milliards de dollars, il n'en demeure pas moins que cet apport est loin des attentes. Parmi les points ayant freiné l'investissement, on peut citer la réforme bancaire qui reste à parachever. D'ailleurs une étude réalisée par la revue française Ecofinance, fait ressortir que les banques algériennes sont loin de répondre aux normes internationales exigées par une économie de marché. Ils souffrent entres autres maux, de mauvaise gestion. La revue spécialisée rapporte, également, que l'opération d'assainissement et d'ajustement structurel des banques a coûté à l'Etat 10 milliards de dollars. Dans l'étude intitulée Les 200 premières banques africaines, les institutions financières algériennes occupent une bonne place au classement général. Ces premières places, les banques algériennes les doivent surtout à leur capital social et à leurs chiffres d'affaires élevés, générés par un surplus de liquidités dont elles ont profité ces dernières années. Seulement, au plan mondial, ladite étude signale que le capital social d'une banque algérienne demeure très modeste puisqu'il varie entre 20 et 30 millions de dinars. La même source souligne que l'étude ayant touché plus de 200 banques et institutions financières en Afrique fait ressortir que le chiffre d'affaires réalisé par les banques algériennes en 2003, dépasse les 30 milliards de dollars. Cependant, la gestion des portefeuilles demeure encore archaïque en plus du fait que, et en dépit de son indépendance, la banque reste soumise à plusieurs interventions externes. En outre, les projets de réforme bancaire ou ce qui est plus connu par les «réformes de 2e génération» n'ont apporté aucune amélioration ces dernières cinq années. Par ailleurs, il est souligné que le paysage financier est encore dominé par les banques publiques qui gèrent 92% des portefeuilles. Selon l'étude qui se base sur plusieurs facteurs, entre autres la prestation de services des banques, la période de transfert qui peut être comprise entre 20 jours et 3 mois, met en exergue l'échec de l'opération d'assainissement et d'ajustement structurel. De ce fait, les banques algériennes sont considérées uniquement comme de simples guichets de dépôt de liquidité au lieu d'être un élément d'investissement. C'est dans ce contexte que le nouveau code de commerce, qui sera présenté au parlement lors de la prochaine session, compte promouvoir l'utilisation des chèques comme moyen de paiement. Les nouvelles dispositions du code de commerce prévoient la dématérialisation du chèque, l'engagement et la responsabilité des banques ainsi que le renforcement du dispositif visant à lutter contre l'émission de chèques sans provision. Sur ce volet, tout est pratiquement à refaire même si jusque là, les dossiers de fraude et d'évasion fiscale, ainsi que le poids du marché informel sur l'économie nationale n'ont pas encore révélé tous leurs secrets. De ce fait, il apparaît, pour qu'une entreprise ait, sur le marché, une véritable identité qui entre en résonance avec les besoins d'autres établissements, elle doit avoir une vision du futur claire qui soit un multiplicateur de valeur.