Malgré le gel des recrutements dans le secteur public, grand pourvoyeur d'emplois, l'instruction de Sellal n'est pas du tout appliquée. Datant d'au moins deux ans, la directive du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, sur le départ d'office à la retraite des cadres dirigeants et employés âgés de 60 ans, semble carrément gelée. Formulée en juin 2013, cette instruction n'est pas du tout appliquée ou bien, d'une manière sélective. Très peu d'informations sont distillées à propos de cette fameuse instruction envoyée pourtant par Abdelmalek Sellal à toutes les institutions relevant de la Fonction publique pour mettre à la retraite tous les fonctionnaires ayant atteint l'âge de 60 ans. Ils sont nombreux, les cadres et haut fonctionnaires ayant dépassé l'âge de 60 ans et ayant à leur actif plus de 32 ans de service, qui s'agrippent encore à leurs postes. Force est de constater que plus de deux ans après son émission, les ministères rechignent à exécuter cette instruction du Premier ministère. Plus de 60 000 fonctionnaires sont concernés par cette directive, selon certaines sources. Tous les cadres et fonctionnaires ne sont pas égaux devant cette obligation de départ à la retraite. Si une infime minorité a payé les frais de cette instruction, en revanche, la plupart ne sont pas inquiétés. Initialement parachutés, ils doivent leur maintien aux postes à leur allégeance au maître des lieux et à l'influence de leurs parrains. Pour l'heure, aucune évaluation de l'application des circulaires afférentes au départ à la retraite de Sellal n'est rendue publique. Il s'agit notamment des circulaires N° 263 et N° 289 émises respectivement en juillet et septembre 2013. Cette directive relative à la mise à la retraite de tous les cadres ou employés ayant atteint l'âge de 60 ans, ne semble pas être appliquée avec toute la rigueur voulue. Cela est constaté alors que des seniors partis en retraite ont été rappelés pour regagner leurs postes ou occuper d'autres postes de responsabilité, moyennant des contrats fortement rémunérés. Le gel des recrutements qui risque d'être durable, notamment dans la Fonction publique et l'arrivée sur le marché des centaines de milliers de nouveaux diplômés qui s'ajouteront au stock déjà existant, mettront à coup sûr les pouvoirs publics dans l'impasse. Cela est d'autant plus vrai que le secteur public reste le plus gros pourvoyeur d'emplois. La directive de Sellal envoyée aux institutions, administrations, organismes et entreprises publiques n'est pas clairement assumée et a pris une autre tournure. Plusieurs ministres l'ont transformée en injonctions formulées à l'égard des chefs d'entreprises et des responsables des institutions sous leur tutelle. Parfois, l'instruction a pris des chemins détournés. Sous prétexte d'austérité, des coordinateurs chargés de faire le ménage ont été nommés par la tutelle. De ce fait, des P-DG et autres hauts fonctionnaires occupant des postes à hauts privilèges n'ont montré aucune résistance, pour peu qu'ils préservent leurs postes, même au prix de réduction de leurs salaires. Le hic, les cas de fusibles à faire sauter est discuté par le conseil d'administration sur proposition du P-DG, qui souvent est un septuagénaire, voire un octogénaire. Pour rappel, la circulaire n°236 du 27 juillet 2013 du Premier ministre Abdelmalek Sellal, relative à la mise en oeuvre des dispositions relatives au départ à la retraite, vise à libérer les postes d'encadrement au sein des administrations, des entreprises et des organismes publics dont les titulaires dépassent l'âge réglementaire. L'éthique et la logique auraient voulu que l'instruction relative à la retraite obligatoire pour toute personne qui a atteint l'âge prévu dans la loi sur les relations de travail 90-11, soit d'abord appliquée en haut lieu pour donner l'exemple. M.Sellal avait arrêté une date butoir pour l'application de cette mesure et une circulaire adressée aux présidents des directoires des SGP (Société de gestion des participations) et aux P-DG des EPE (entreprises publiques économiques) a sommé ces derniers à ne plus recruter des cadres retraités pour assurer la gestion des entreprises. Enfin, la gérontocratie a de beaux jours devant elle en Algérie au détriment de la frange juvénile durement touchée par le chômage endémique.