Les parents comme les enseignants et autres responsables faisaient fi de ces comportements qu'ils considéraient comme relevant de la pure pédagogie. L'association Femme active organise ce jeudi une rencontre au niveau de la petite salle de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou pour élaborer une stratégie de lutte contre la violence en milieu scolaire. La rencontre qui se veut une occasion pour peaufiner un plan de travail est également l'occasion de s'étaler sur les différents fléaux sociaux qui menacent l'école et surtout la cellule familiale algérienne. La rencontre est, selon la présidente de l'association, Mme Djouher Hachmi, une tribune pour les meilleures idées à même d'ébaucher une stratégie à long, moyen et court terme pour lutter contre la violence scolaire en particulier, mais surtout la violence en milieu familial. En fait, la tâche de l'association qui a déjà à son actif plusieurs actions dans ce sens est grande. Elle n'est également pas aisée. La violence en milieu scolaire est déjà à un stade avancé voire alarmant. Les actes se sont multipliés ces dernières années. Ils sont même allés crescendo en matière de gravité. Tout au début, les actes de violence étaient largement bénins. Les parents comme les enseignants et autres responsables faisaient fi de ces comportements qu'ils considéraient comme relevant de la pure pédagogie. Mais, les années passant, la situation devient de plus en plus inquiétante. Les agressions entre élèves passaient du stade des coups de poing à celui de l'utilisation des armes blanches. Face à ces actes qui ne débordaient pas le milieu scolaire, le silence et l'omerta ont été de mise. Les victimes des violences comme les auteurs ont toujours bénéficié de ce silence. Leurs actes ne parvenaient ni aux parents ni à la société civile. Ce laisser-aller a amené des actes plus violents. Depuis quelques années en effet, la violence n'était pas l'oeuvre des élèves mais des extras ont commencé à s'infiltrer dans les cours des écoles. Des bandes de voyous rentraient dans les écoles pour provoquer des bagarres géantes à l'aide d'armes blanches et autres objets contondants. Les violences prenaient donc des proportions alarmantes. Des exemples de cette gravité ont été signalés dans plusieurs établissements à travers les communes. Et ils sont très nombreux. Ce fut d'bord dans une école de la ville, au CEM Mouloud Feraoun qui a vu une bagarre entre élèves et une agression contre un enseignant. Les actes sont d'une violence jamais égalée au point où les enseignants ont initié une action de colère suivie d'une marche dans la ville. Par la suite la violence s'est propagée aux villages. Une grande bagarre entre bandes interposées a contraint les responsables de l'école Mohamed Saïd-Challal de Boudjima à fermer l'établissement durant plusieurs jours. Les sabres, les couteaux et autres armes ont été utilisés entre bandes interposées devant des élèves et enseignants choqués. Puis, devant l'absence de sanctions, les bandes ont envahi le milieu scolaire. Cette fois, ils apparaissent du côté d'Aït Aïssa Mimoun, sur des motos, des bandes de délinquants font des tours dans la cour du nouveau lycée provoquant les lycéennes. Les actes ont provoqué la colère des élèves qui ont enclenché un mouvement de grève qui a duré plusieurs semaines. Parallèlement à ces actes, un autre fléau plus dangereux s'est engouffré sournoisement dans le milieu des élèves. La drogue fait son entrée. Le mal risque d'emporter toute l'école et la famille algériennes en général. C'est pourquoi il est aujourd'hui plus qu'urgent d'agir. La conjoncture rend le travail de l'association Femme active plus que nécessaire. C'est pourquoi ce collectif qui travaille constamment sur le terrain mérite toute l'aide dont il a besoin. La volonté inébranlable de ses membres dont la présidente, est un signe que la situation n'est pas une fatalité. La société peut vaincre ce mal, mais il faut d'abord passer à l'action de sensibilisation et de lutte sur le terrain comme le fait l'association Femme active.