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«Nous n'allons pas laisser faire»
EXCLUSIF AHMED FATTANI INTERVIEWE EMILE LAHOUD
Publié dans L'Expression le 21 - 03 - 2005

Il est clair que la préoccupation première du président libanais, Emile Lahoud, reste la situation de crise qui prévaut présentement dans son pays, aggravée par l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri, alors que l'opposition maintient une pression de tous les instants, sur le régime du président Emile Lahoud, qui n'augure pas des lendemains sereins. La dégradation de la situation politique, et de plus en plus sécuritaire, un peu plus d'un mois après l'assassinat de Hariri, avec l'attentat commis ce samedi dans la capitale Beyrouth, faisant une dizaine de blessés, ne laisse d'inquiéter sur le futur du pays des Cèdres. Face à ce concours d'événements, le président libanais, qui ne cache pas son inquiétude devant cette montée des périls, reste hanté par le spectre de la guerre civile qui a ravagé le Liban entre 1975 et 1990, aussi, a-t-il fermement mis en garde ses compatriotes contre les dépassements qui risquent de rouvrir des plaies qui, quinze ans après la guerre, restent mal fermées.
C'est dire l'enjeu qui est aujourd'hui celui, outre la sécurité du pays, de la préservation de l'unité et de la stabilité du Liban. Emile Lahoud avait tout cela à l'esprit lorsqu'il accepta de répondre aux questions de L'Expression, en revenant sur les événements qui marquent le pays des Cèdres depuis quelques mois et singulièrement depuis le vote par le Conseil de sécurité de la résolution 1559 exigeant le retrait des troupes syriennes du Liban. A ce sujet, le président libanais soulignera plutôt l'aide précieuse apportée par la Syrie à son pays dans les moments les plus difficiles qu'il traversa ces dernières années, soulignant les relations privilégiées existant entre les deux pays qui relèvent, indique-t-il «des constances de l'histoire». M.Lahoud n'omettra pas aussi de relever l'inertie de la communauté internationale, face au refus d'Israël d'appliquer les résolutions de l'ONU, votées par le Conseil de sécurité dans le cadre du conflit israélo-arabe, notamment les résolutions 194, (le droit de retour des Palestiniens), 242 et 338 (retrait sans délai des troupes israéliennes des territoires arabes) et 425 (retrait du Sud-Liban, réalisé en 2000, mais les fermes de Chebaa sont toujours occupées), toujours pas appliquées par Israël, qui tranche avec la promptitude avec laquelle cette communauté internationale a soumis Damas à des pressions insoutenables pour que la Syrie se conforme à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU votée en septembre 2004. En ce qui concerne la Ligue arabe, le président Lahoud souligne le rôle prépondérant qui doit être le sien dans la «promotion et l'intégration» du Monde arabe et la prise en charge de sa modernisation. Toutefois la situation instable induite par les événements de ces dernières semaines au Liban, a contraint le président Lahoud à renoncer à prendre part au Sommet arabe d'Alger. Aussi, son entretien à L'Expression vient-il comme un message à ses pairs arabes qui se réunissent à partir de demain à Alger pour la 17e session du Sommet arabe.
L'Expression: Monsieur le président, voilà quinze ans que la guerre civile a pris fin au Liban. Toutefois, l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafik Hariri, assombrit les perspectives de paix dans le pays et fait planer de nouveau le danger de l'instabilité, voire de la partition confessionnelle tant redoutée. Comment analysez-vous la situation dans le Liban d'aujourd'hui?
Emile Lahoud:Certes, la conjoncture actuelle prévalant dans le pays depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri est grave. Elle nécessite la solidarité de tous les Libanais ainsi qu'un haut degré de responsabilité nationale. Toutefois, il est de l'intérêt de tous de respecter et de sauvegarder la sécurité dans le pays. Comme je l'ai dit aux Libanais, le Liban n'est ni la Géorgie ni l'Ukraine. Nous avons vécu 17 ans de guerre. Et il y a des craintes de dérapage. Toutefois nous n'allons pas laisser faire. D'autre part, il est à relever que le souci de tous est d'identifier les auteurs de l'assassinat du président Hariri, parce que l'objectif de cet acte est de susciter une discorde dans le pays. Pour ma part, j'ai donné mes directives aux autorités judiciaires pour coopérer jusqu'à la dernière limite, avec les experts internationaux. Je suis certain que la tension qui caractérise le climat politique se dilapidera progressivement, et le fait de s'approcher de l'objectif de la vérité y contribuera dans une large mesure.
L'Expression: Le Liban a fait l'objet d'une résolution (1559) assez inhabituelle, voire curieuse, de la part du Conseil de sécurité de l'ONU concernant la présence de forces étrangères (syriennes) au Liban. Quel est votre sentiment quant à cette résolution qui, par certains de ses aspects, constitue une entorse aux règles diplomatiques et au droit international tout en représentant une ingérence flagrante de l'ONU dans les affaires internes d'un Etat membre?
Comme vous le dites, ladite résolution est catégoriquement opposée à la mission du Conseil de sécurité du fait de son ingérence directe dans les affaires internes d'un Etat fondateur de l'ONU et souverain. Cette résolution qui affecte et la souveraineté du Liban et ses obligations historiques, dûment intégrées dans des traités et accords conclus avec un pays frère et qui, de toute façon, n'entravent ni la sécurité mondiale ni la paix universelle. Respectant à fond la conscience et les normes de la légalité internationale, le Liban ne s'oppose point à la plus haute instance internationale qu'est l'ONU, dont il a été l'un des rédacteurs de sa charte. Toutefois, et en toute légitimité, il appelle à l'application de toutes les résolutions du Conseil de sécurité relatives au conflit israélo-arabe, à savoir notamment les 194, 242 et 338 stipulant le droit au retour des réfugiés palestiniens et le refus de leur implantation dans les pays hôtes ainsi que la restitution des territoires occupés par Israël dès 1967. Le Liban appelle de même à l'application totale de la résolution 425 stipulant le retrait israélien total des territoires libanais occupés, y compris les hameaux de Chebaa. Un respect intégral de ces résolutions établissant une paix juste et globale au Proche-Orient rendrait la 1559 appliquée de facto. Face aux pressions étrangères injustes, nous ne faisons que réitérer nos priorités justes.
L'Expression: Le Liban soutient que la présence (ou le départ) du contingent de l'armée syrienne stationné au Liban est liée aux accords de Taêf, mais aussi à la solution globale du dossier du Proche-Orient. Pouvez-vous, Monsieur le président, nous donner des précisions sur cette donne de même de ce qu'elle implique dans le processus de paix dans la région?
Les relations privilégiées entre le Liban et la Syrie relèvent des constantes de l'histoire, de la géographie et du social. Elles seront davantage mises en valeur après le repli des forces syriennes; lesquelles forces ont contribué lors des pires moments de l'histoire libanaise à sauvegarder le Liban et à assurer son intégrité territoriale et son unité politique.
Les soldats syriens au Liban sont actuellement au nombre de 14.000, alors que les effectifs de notre armée nationale s'élèvent à 65.000. Comment est-il possible que les soldats syriens soient la cause de tous les problèmes, comme les en accusent certains, notamment que les opposants les plus hostiles à la présence syrienne ont le plus profité de cette présence?
L'Expression: A propos du Proche-Orient, le Sommet arabe de Beyrouth de 2003 a créé l'événement en adoptant, en tant qu'initiative arabe, le plan de paix mis au point par le prince Abdallah Ben Abdelaziz, dont le point fort est la proposition de reconnaissance mutuelle entre Israël et les Etats arabes. Initiative accueillie favorablement par la communauté internationale mais rejetée immédiatement par le Premier ministre israélien, Ariel Sharon. Cette initiative sera-t-elle encore d'actualité au moment où se tient le Sommet d'Alger marqué par la nouvelle donne palestinienne qu'est la disparition de Yasser Arafat?
M.Sharon n'a pas simplement rejeté l'initiative arabe. Il l'a bafouée par la force, le feu et le sang. Nous gardons tous en mémoire le cri des innocents défendant par la seule conviction de leur chair la machine militaire la plus terrifiante et la plus criminelle des temps modernes. Contre le droit de la force, les Arabes ne cessent de soutenir, à l'unanimité, la force du droit. Leur droit sacré en leurs territoires occupés. Nulle paix totale, juste et globale ne saurait prévaloir dans la région que conformément à l'initiative arabe, elle-même en lignée directe des résolutions de la légalité internationale.
L'Expression: La Ligue arabe célèbre son soixantième anniversaire. Sa charte n'a subi, depuis sa création, aucune modification majeure pouvant influer sur le fonctionnement majeur de cette organisation. Face aux mutations politiques que connaît le monde aujourd'hui, quelles réformes pourrait-on apporter à la Ligue arabe?
La Ligue arabe est appelée à promouvoir l'intégration du monde arabe dans une modernisation fondée sur le respect de nos valeurs profondes et leurs aptitudes à embrasser les exigences du dialogue, de la tolérance et de la participation. L'impératif de réforme est double: au niveau des instances interarabes et de la société civile en tant que partenaire. L'important est de savoir qu'un changement si souhaité fût-il devrait être à l'unanimité, par conviction interne, non imposé sur le dos de blindés étrangers.


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