Le chef-lieu de la wilaya de Bouira a connu une soirée mouvementée. Succédant à une tentative de suicide collectif menée par six jeunes mardi au niveau du siège de la wilaya, d'autres jeunes ont obstrué les accès de la cité des 1100 Logements. Ce mouvement de protestation fait suite à une rumeur faisant état de la liste des futurs bénéficiaires de logements sociaux. Une source proche de la commission de daïra nie cette fausse information et confirme que l'administration poursuit l'étude des dossiers et diligente les enquêtes d'éligibilité. Les événements ont pris de l'ampleur aux alentours de 21 heures quand un groupe de jeunes a allumé des pneus et fermé le boulevard du quartier Ecotec. Les forces de police en compagnie des éléments de la Protection civile sont intervenues. Très vite, la situation a été rétablie et une dizaine de jeunes arrêtés. Jusqu'à une heure tardive de la nuit, le dispositif sécuritaire mis en place par les éléments de l'ex-URS est resté sur place pour pallier toute éventualité. Aucun heurt ni dégât n'ont été signalés. Cette action a succédé à une autre, menée par un groupe de jeunes qui a, pendant la journée de mardi, simulé un suicide collectif à l'entrée du siège de la wilaya. Le mois dernier, à proximité de la cité universitaire de jeunes filles, un jeune est monté sur la statue du chahid Bouguerra et a menacé de mettre fin à ses jours si l'administration ne lui octroie pas un logement. Ces scènes de violence ont fini par entrer dans le quotidien des Algériens et Algériennes puisqu'à chaque opération de distribution de logements, les citoyens sont confrontés aux conséquences psychologiques et autres chocs engendrés par ces mouvements violents. Du côté des responsables, la loi reste au-dessus de toute considération et seules les personnes nécessiteuses et dûment concernées en bénéficieront lors des distributions. «Ces actions sont l'astuce trouvée par quelques opportunistes qui tentent de s'infiltrer, entraînant avec eux des gens qui, peut-être, sont réellement dans le besoin», commente un membre d'une association de quartier. «Chaque quartier est représenté dans la commission et seuls ces représentants peuvent défendre chaque cas», ajoute notre interlocuteur. Hier la ville de Bouira a retrouvé son calme.