Les terroristes de Daesh en patrouille à Raqqa Tout comme à Mossoul, le centre de Raqqa présente une forte densité de population et il sera difficile de combattre des terroristes qui vont recourir, comme à leur habitude, aux boucliers humains... L'alliance de combattants arabes (majoritaires) et kurdes, baptisée Forces démocratiques syriennes (FDS), est sur le point de livrer la bataille ultime pour chasser Daesh de «sa capitale» en Syrie, la ville stratégique de Raqqa où elle a pénétré pour la première fois le 6 juin dernier. Conquise en 2014 par l'EI, Raqqa constitue un verrou sur l'axe qui relie la Syrie à l'Irak, en direction de Mossoul. Appuyée quasi quotidiennement par les bombardements de la coalition internationale que conduisent les Etats-Unis dont les équipements militaires ont afflué de manière conséquente fin 2015, cette alliance a pris le contrôle de Mechleb, un quartier de l'est, avant de s'emparer dimanche, pour la première fois, d'un quartier de l'ouest, al-Roumaniya. Depuis, d'âpres combats se poursuivent sur les deux fronts ainsi que sur celui du nord. Côté Est, les forces arabo-kurdes ont progressé dans le quartier d'Al Sanaa, reliant Mechleb à la vieille ville au point d'en contrôler pratiquement les deux tiers. Ainsi, se dessine petit à petit la véritable bataille qui verra les FDS affronter à grande échelle les forces de Daesh dont la place forte demeure le centre ville de Raqqa où est concentrée toute la puissance de feu du groupe terroriste. Selon les observateurs, la guerre d'usure actuelle cédera place à un affrontement sans merci dès que les FDS auront occupé complètement Al Sanaa, abordant par-là même le coeur de la cité. Mais, tout comme Mossoul, le centre de Raqqa présente une forte densité de population et il sera difficile de combattre des terroristes qui vont recourir, comme à leur habitude, aux boucliers humains. Les affronter en territoire urbain est une autre affaire que celle de les combattre en zone rurale et la progression demandera des efforts considérables pour préserver les civils. Déjà, un avant-goût de ces difficultés a couronné, dans l'ouest de Raqqa, la bataille pour pénétrer dans le quartier de Hattine contigü à celui d'al Roumaniya, conquise dimanche dernier. Sur chacun des fronts précités, les combats sont féroces et les morts nombreux dans les rangs des FDS comme dans ceux des terroristes de Daesh. Celui-ci aurait creusé un grand nombre de tunnels, dans le quartier de Mechleb, selon les révélations d'une source au sein de la coalition internationale, ce qui contraint les éléments des FDS à avancer avec une extrême prudence car l'organisation terroriste y a disséminé d'énormes quantités de mines auxquelles s'ajoutent des bombes larguées soudainement par des drones. Dans les environs de Raqqa, l'avance des FDS en direction du nord reste tout aussi problématique, même si les nombreuses tentatives ont abouti à la prise de la base militaire dite «division 17» ainsi que d'une usine de sucre adjacente. Les deux sites en question avaient d'ailleurs été copieusement bombardés par la coalition internationale pendant des mois. Lancée en octobre 2016, la grande offensive des FDS sur Raqqa ressemble par sa complexité et son calendrier à celle de Mossoul, malgré le soutien intensif que la coalition internationale leur apporte, aussi bien en hommes et en matériels qu'en bombardements massifs des positions de Daesh. La ville abritait en 2016 quelque 300 000 personnes dont 80 000 réfugiés venus des zones limitrophes mais la représentation onusienne considère que seuls 160 000 y demeurent encore, l'autre moitié des habitants ayant fui les combats au cours des derniers mois, par crainte de se retrouver pris au piège. Reste que l'armée syrienne qui a elle aussi un plan de bataille contre l'EI dans cette région entend libérer l'ensemble du territoire du joug terroriste, même si des pays occidentaux, membres de la coalition, tentent de l'en empêcher par différents moyens plus ou moins contraires aux lois internationales. Damas n'a pas cessé de répéter sa détermination à combattre sans répit les groupes terroristes, de quelque obédience qu'ils soient, «jusqu'à la libération totale» de son territoire. Et, sur ce plan qui touche à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, la Syrie est pleinement engagée dans cette logique. Ce qui complique d'autant la situation, conduisant l'allié russe à jouer les intermédiaires entre les responsables américains en tant que chefs de file de la coalition et les dirigeants mandatés par le régime du président Bachar al Assad.Inquiet de la situation qui prévaut dans la région, avec la mise au ban du Qatar par les pays membres du CCG, le président Vladimir Poutine a évoqué avec le roi Salmane d'Arabie saoudite une crise qui n'est «pas propice» au règlement du conflit en Syrie. Lors d'un entretien téléphonique, «les chefs d'Etats ont partagé leurs opinions sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, évoquant l'aggravation de la situation au Qatar. La Russie a proposé son aide pour résoudre le différend et le chef de sa diplomatie Sergueï Lavrov recevait à Moscou son homologue qatari, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani.