Bouteflika vient ainsi réitérer l'un des principaux points de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le dossier des anciens dirigeants de l'ex- FIS est définitivement clos. Ces mêmes dirigeants «qui ont mis le feu en Algérie durant les quinze années de terrorisme, ne peuvent plus prétendre à une activité politique». C'est ce qu'a affirmé le chef de l'Etat dans un discours prononcé, hier à Laghouat. Une déclaration qui se veut, non seulement une réponse aux membres de l'ex-FIS à l'étranger qui appellent à une « réconciliation nationale authentique...loin de toute exclusion», mais surtout un rappel d'une position de principe de l'Etat algérien depuis la dissolution de l'ex-FIS. En somme, il est pratiquement inconcevable de réhabiliter un mouvement insurrectionnel à l'origine de la tragédie nationale. «On ne peut remettre en selle les gens qui ont mis le feu quinze années durant», a-t-il indiqué, avant de poursuivre qu' «il ne s'agit pas d'une injustice envers eux ou d'une atteinte à leur dignité», mais il est demandé à chaque Algérien, «de faire des sacrifices pour la consécration de la réconciliation nationale», a expliqué le chef de l'Etat. Ce dernier n'a d'ailleurs pas manqué de lancer des piques en direction des membres de l'ex- FIS. «Il y a des frères dans la direction du parti dissous qui me reprochent de les avoir lésés parce que le projet de charte leur interdit toute activité politique. Croient-ils que le peuple algérien ait oublié les 15 années de terrorisme?» Bouteflika vient ainsi réitérer l'un des principaux points de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Il a indiqué alors que cette charte interdisait «toute activité politique à quiconque ayant une part de responsabilité dans la conception et dans la mise en oeuvre de la politique prônant le pseudo-«djihad» contre la nation et les institutions de la République», sans citer les responsables de l'ex-FIS. Une approche critiquée par l'ex- secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri, qui estime dans une déclaration dont la presse a fait écho, que la charte pour la paix et la réconciliation nationale a éludé le côté politique de la crise. En d'autres termes, pour Mehri, l'exclusion de tout courant politique ne ferait que rééditer la crise. Avant de préciser qu'il n'appartient pas au chef de l'Etat de disposer des libertés publiques. La réponse du chef de l'Etat est donc destinée aux cadres de l'ex-FIS et au groupe de Sant'Egidio, dont l'une des principales revendications était la réhabilitation de l'ex- FIS. Il convient de rappeler qu'au lendemain du discours du 14 août, d'anciens membres du madjliss echoura de l'ex-FIS à l'intérieur, relayés par ses représentants à l'étranger, ont fait un appel du pied au chef de l'Etat, louant les mérites de son initiative. Cependant, il s'agissait plus pour eux d'amener le chef de l'Etat à lâcher du lest par rapport au dossier de l'sx-FIS, notamment lui permettre de revenir sur la scène politique, à travers une nouvelle appellation. En effet, dans un communiqué rendu public à la fin de la semaine dernière, des membres de l'ex-FIS à l'étranger, en l'occurrence, Anouar Haddam, Rabah Kebir, tout en plaidant pour une amnistie générale et la réhabilitation du parti dissous, avaient appelé le peuple algérien à aller voter en masse. Cependant, le chef de l'Etat, conscient du fait que les dirigeants de l'ex- FIS sont partagés quant au retour sur la scène de cette formation, n'a pas hésité à trancher. D'ailleurs, contrairement à Haddam et Zaoui, deux autres membres du parti dissous, en l'occurrence Rabah Kebir et Abdelkrim Ould Adda ont réagi favorablement à l'initiative du chef de l'Etat. Ould Adda est allé loin, en affirmant qu'il était «prêt à sacrifier le FIS, si cela pouvait amener la paix en Algérie»