C'est Nicole Kidman qui a donné le coup d'envoi à cette manifestation qui s'étale du 13 au 21 octobre. «J'ai toujours soutenu la Mostra de Venise et je soutiens aussi la fête du cinéma de Rome, car j'aime le cinéma et l'Italie en général. Le festival de Rome est arrivé à un bon moment pour Fur», a répondu la belle actrice australienne, la plus payée du cinéma, interrogée sur la polémique à propos de la concurrence entre le nouveau Festival de Rome et la Mostra de Venise. Nicole Kidman a donné le coup d'envoi, vendredi dernier, du premier Festival international du cinéma de Rome, en présentant à un public qui l'attendait, avec enthousiasme, son dernier film Fur où elle interprète la photographe new-yorkaise, Diane Arbus (1923-1971), une révolutionnaire de l'appareil photographique, un génie de l'art du portrait, qui a donné un plus à la manière de saisir au millième de seconde, en noir et blanc, tous ces laissés-pour-compte de la société de consommation: les marginaux, les malades mentaux, les monstres de la vie humaine comme les monstres de foire. Le metteur en scène américain, Steven Shainberg, a su être de bonne inspiration en adaptant librement cette oeuvre biographique de Diane Arbus, un film qui se croise et se décroise entre la vie vécue et la fiction...peut-être plus réelle que la vie vécue. «En interprétant quelqu'un qui a vécu, vous établissez avec lui un profond lien spirituel, une relation étrange, et le personnage ne vous quitte plus. Cela permet de découvrir ce que vous êtes vraiment à l'intérieur», a dit Kidman sur Fur. La soirée d'inauguration de ce 1er Festival, s'est déroulée à l'Opéra de Rome, devant un parterre de stars et d'invités triés sur le volet, sur scène, un orchestre de grande tenue dirigé par un Riccardo Muti, d'une baguette magistrale et irrésistible, en honneur de Sean Connery, le James Bond le plus populaire, en guest star de cette première édition de la fête du septième art, où il s'est vu décerner le prix Marc-Aurèle, pour l'ensemble de sa carrière, avec une projection de ses 13 films pendant le Festival, dans le cadre d'une rétrospective. Cet Ecossais, artiste de 76 ans, a reçu donc, un trophée en or réalisé par la plus célèbre joaillerie italienne la Bulgari, représentant l'empereur romain Marc-Aurèle sur son destrier. Un hommage lui a été rendu par ses pairs du cinéma international présents dans la salle, Nicole Kidman, Martin Scorcese, Robert de Niro, Ursula Andress qui dit de Connery: «C'est une personne merveilleuse. C'est toujours l'un des hommes les plus beaux que j'ai rencontrés». 16 longs métrages en compétition, un jury populaire de 50 personnes non professionnelles, sous la férule du réalisateur italien, Ettore Scola, qui remettra les trois premiers prix en jeu: meilleur film (doté d'une cagnotte de 200.000 euros), meilleures interprétations féminine et masculine. Outre cette «démocratisation» du cinéma au centre de la capitale romaine qu'en dehors à la périphérie et ses «ghettos». Roma est en fête du cinéma, de la «Festa internazionale». Dix jours de films et de robes longues de toutes les couleurs, de robes de soirée et de smokings, d'écharpes blanches et de châles multicolores, de tapis rouge et de limousines, de champagne et de soirées après-spectacles. Cette grandiose manifestation, voulue par Walter Veltroni, maire de la ville, est vue par beaucoup comme une concurrente de la Mostra de Venise, mais le maire s'en défend. Grand initiateur de cet événement culturel de grande portée, il a voulu, non faire un festival avec un F majuscule, mais une grande fête populaire totalement dédiée à l'écran. Pour Veltroni, le cinéphile, il n'y a aucune rivalité entre la fête de Rome et la Mostra de Venise, qui en est d'ailleurs la doyenne du cinéma depuis 1932. Pour lui, les deux capitales Venise et Rome se «donnent la main avec respect et amour». Paroles de politicien, qui «fait sa route» pour le futur. Même si le budget du Festival de Rome est supérieur de plusieurs millions d'euros à celui de Venise, avec une constellation de grandes stars conviées dans la capitale italienne. Neufs grandes avant-premières programmées, plus de cent films projetés, trois rétrospectives, avec 40.000 places mises à la disposition du public pour toute la durée du festival, dont le prix du billet est, entre 5 et 10 euros, vraiment à la portée de toutes les «petites bourses», en plus, on peut acheter son billet dans tous les kiosques parsemés dans Rome et, je vous assure, qu'ils sont nombreux...