Le Japon vient juste de réviser à la baisse la mention risque pays de l'Algérie. Selon des sources concordantes, cette révision conforterait l'idée selon laquelle le pays du Soleil levant voudrait, désormais, réunir tous les moyens susceptibles de rendre les échanges commerciaux entre les deux pays encore plus intenses. Il s'agit, notamment, de faire en sorte que les investissements japonais en Algérie soient à la hauteur des créances que le gouvernement nippon a, jusqu'à présent, accordées à l'Algérie. L'ouverture économique du pays ainsi que toutes les facilités que les nouvelles lois ont concédées pour encourager les investissements directs étrangers font que les Japonais pensent très sérieusement à envahir un marché qui leur ouvre, assurément, une brèche vers le marché africain, mais également méditerranéen. Il semble, par ailleurs, que la note attribuée par la Coface, dans son dernier rapport au Japon et aux Etats-Unis justifie bien ce nouvel intérêt pour les nouveaux pôles attractifs de capitaux dont l'Algérie fait vraisemblablement partie. Cet intérêt est dicté, soulignent certains observateurs, par l'apparition d'impératifs nouveaux. Sur le terrain, «le comportement de paiement des entreprises» américaine et japonaise a été sensiblement mis à mal dans un contexte économique récessif. Le comportement de «consommation» étant, lui aussi, fortement perturbé, le Japon, comme d'ailleurs les Etats-Unis, sont donc à la recherche de débouchés pour leurs produits et pour leurs «liquidités». L'Algérie est, justement, un pays qui articule ses réformes dans le sens de la libéralisation. Aussi, constatant le succès fulgurant des produits coréens, chinois et même taiwanais, les Japonais y voient déjà un excellent marché pour leurs industries, automobiles et autres produits électroniques. Sur un autre plan, notons que la nouvelle loi sur les hydrocarbures intéresse, pour sa part, et de très près, les entreprises japonaises. «Le Japon désire renforcer la coopération et le partenariat avec l'Algérie dans le domaine des hydrocarbures, mais aussi dans les autres secteurs économiques, notamment celui de la privatisation», avait déclaré un haut responsable japonais lors d'une visite à Alger. Pauvre en ressources minières et dépendant fortement de ces importations en matière d'hydrocarbures, le Japon aurait vite gagné, en Algérie, à investir en énergie. Il y a, en dernier lieu, le secteur, hautement stratégique, de la pêche. Pour rappel, une bonne douzaine de thoniers japonais sont déjà autorisés à pêcher dans les eaux algériennes.