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Incursion égyptienne dans la modernité
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ARABE D'ORAN
Publié dans L'Expression le 02 - 07 - 2008

La salle Essaâda a accueilli dans la journée de lundi dernier deux films différents par la thématique et la qualité du produit, dont un film algérien.
Nettement différent. Devant un parterre riche composé de festivaliers et d'anonymes, notamment nos grands comédiens comme Sid-Ali Kouiret, les réalisateurs, Mina et Mohamed Chouikh, Ahmed Rachedi, Bakhti, Saïd Ould Khelifa, ces deux projections, entrant dans le cadre de la compétition officielle pour le prix de l'Ahaggar d'Or, ont marqué la suite d'un festival qui nous fait découvrir chaque jour de nouvelles facettes du cinéma arabe et nous permet ainsi de rêver et de s'évader. L'un égyptien et l'autre algérien.
Le premier intitulé Aquarium est du réalisateur Yousry Nasrallah. Le film se déroule sur 48 heures. Au Caire. De nos jours. Leila alias Hind Sabri, une actrice tunisienne, la trentaine, anime l'émission de radio Secrets de nuit où les auditeurs l'appellent pour lui parler de leur vie amoureuse.
C'est une femme de forte personnalité, à l'apparence froide et dure mais qui cache une sensibilité à fleur de peau, la laissant seule s'émouvoir devant un numéro de cirque, contrairement à ses neveux placides. Youssef, la trentaine également est anesthésiste.
Le matin, il travaille dans un respectable hôpital privé. Le soir, dans une clinique clandestine où l'on pratique l'avortement. Il vit beaucoup dans sa voiture. Le film qui secrète une atmosphère nocturne, sensuelle, vaporeuse est à méditer ou à revoir.
Il traite de sujets forts d'actualité, pas du tout évident qu'ils soient abordés par le cinéma arabe, notamment la sexualité, les rapports homme-femme, l'émancipation de la femme, ou encore l'avortement.
Le film d'une forte densité psychologique aiguë, renvoie à une certaine cinématographie réaliste, genre pas trop exploité par le cinéma arabe et peut le rendre assez fantaisiste ou irréaliste. Pourtant assez poétique, car ponctué de silence, le film renvoie à une vision moderne de l'Egypte d'aujourd'hui, dont le réalisateur a su pénétrer ses secrets de façon «prude» et imaginative.
Dans un autre registre, le film de Ameur Bahloul, Kindy. Une nuit sur la corniche jijelienne, un bateau entre dans une crique.
De la colline d'en face, partent deux coups de feu: deux contrebandiers tombent à l'eau, morts...A Alger, le commissaire Kindy prend la route de Jijel. A l'aube, il tombe sur un faux barrage d'où il s'en sort indemne mais pas sa voiture. Il apprend que la crique située près du cabanon de Bouras fait l'objet d'un procès entre Si Ramdane, un pêcheur et Si Achour, un exploitant de liège.
Ce dernier a l'intention de créer une ferme aquacole moderne (élevage de poissons turbot) sur des terres appartenant à Si Ramdane qui reste fidèle aux traditions artisanales. Bouras est aussi un repris de justice utilisé comme indicateur, contre une remise de peine, pour infiltrer les bandes armées, car il est apparenté à l'émir de la région. S'ensuit une enquête qui conduira Kindy vers l'école de plongée sous-marine de Jijel. Kindy va ensuite consulter le Cadastre. Il s'aperçoit que tous les terrains bordant la crique sont achetés par une seule et même société étrangère par l'intermédiaire de l'avocat, maître Daoudi. Kindy aura une entrevue avec lui puis il se rend chez Si Achour, l'exploitant de liège qui le reçoit dans son bureau où il rencontre un jeune homme, M.Terki, qui se dit docteur en biologie marine, responsable du projet de la ferme aquacole. Kindy visite l'école de plongée où travaillent les deux moniteurs qui ont été égorgés. Avec deux autres moniteurs, il fait inspecter le fond de la crique.
Les plongeurs ne trouvent que des poteries brisées sous l'effet d'un poids. De son cabanon, Bouras observe Kindy et les plongeurs. Il décide de le supprimer en mitraillant sa voiture mais c'est le mécanicien qui était au volant.
De fil en aguille, Kindy arrive à démêler le fil de l'histoire non sans risquer sa vie et faire l'objet d'un attentat par des gens invisibles...Lui qui rêvait de s'installer définitivement avec sa fille, médecin légiste qui l'aidera dans son affaire, dans sa ville natale, Jijel, renonce finalement par devoir et dans l'intérêt du pays.
Un peu déroutant, le film met au second plan le terrorisme mais s'attaque à ceux qui en profitent. Même truffé de kidnappings, d'énigmes et de suspense, trop de suspense, ou plutôt d'ambiguïté, ce long métrage finit par pêcher par trop de lourdeur. Un style lent qui ne sied pas au genre policier vers lequel il tend.
Kindy ose par la thématique, mais échoue à nous rendre sensible cette vérité, ô combien présente dans notre Algérie, le piston, la main basse sur les richesses du pays ou encore le pillage de notre patrimoine au profit de l'argent et de la mafia politico-financière.
Un exercice de style pour Bahloul qui s'est avéré ardu et boiteux, d'où les lenteurs qui caractérisent ce long métrage qui s'apparente plutôt à un épisode de feuilleton policier de série B, comme l'a si bien fait remarquer ce spectateur, lors du débat qui a suivi la projection. Notons que ce film, réalisé cette année, avait au départ comme réalisateur Ghaouti Benddedouche, explique Ameur Bahloul qui, selon lui, l'équipe technique, déçue par le travail du premier réalisateur a préféré que les rênes soit reprises par le producteur, à savoir Ameur Bahloul, lequel fera changer l'équipe du casting en prenant cette fois, Sid-Ahmed Agoumi dans le rôle du commissaire, Hassen Zeraï, Djamel Dekkar, Karim Boudechiche, Amel Himeur etc.
«Le film évoque ceux qui ont profité du terrorisme. On ne les connaît pas et peut être, on ne les connaîtra jamais. Le film est adapté du scénario de Mourad Bourboune. Quand je l'ai lu, j'ai voulu être fidèle à cette écriture, moi-même étant journaliste de formation, il me fallait être proche de l'information d'actualité. Jijel est un choix dans l'écriture du scénariste.» Et Sid-Ahmed Agoumi de prendre la parole: «On s'adresse à l'intelligence du spectateur. Mourad Bourboune est de la lignée d'un Kateb Yacine ou un Mouloud Mammeri. Ne soyez pas passifs en regardant un film, mais actifs. Ne dites pas que si vous n'avez pas compris, c'est parce que le scénario est mauvais.». Issu de la Télévision algérienne où il a produit de nombreuses émissions télé ainsi qu'un feuilleton pour le mois de Ramadhan dernier, Binat'na, le film Kindy est le premier de Ameur Bahloul. Il lui manque ce quelque chose de fort, de pointilleux et surtout d'authentique pour en faire véritablement un produit cinématographique de qualité à même de rivaliser, en partie, avec ce qu'on a vu jusqu'à présent.
En effet, optant pour le consensus langagier, Ameur Bahloul a préféré faire parler ses personnages une langue arabe «extraterrestre» en tout cas, qui ne reflète pas notre vécu pour plaire aux autres. Mais pourquoi les Egyptiens, les Tunisiens et les Marocains ne font pas de même?
Le réalisateur a donc opté pour l'intérêt commercial plutôt que celui de son public naturel. Mais, comme dirait l'autre, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il aurait fallu assumer pleinement son algériannité plutôt que d'être plus royaliste que le roi...


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