Khaled chante la plus iconoclaste des musiques algériennes avec en filigrane l'espoir fou de retrouver un jour sa terre natale apaisée. La star internationale de la musique raï, Cheb Khaled, sera le 15 mai à 20h30, à la prestigieuse salle de l'Olympia, sise au 28 Bd des Capucines dans le 9e arrondissement de Paris, où il se produira à l'occasion de la sortie de son nouvel album. Liberté, titre phare qui résume des thèmes divers chantés de l'album. Pourquoi un tel titre? Rétrospectivement, il rend d'abord un vibrant hommage aux artistes disparus: «On oublie trop souvent ceux qui sont morts pour notre liberté. L'éducation d'un peuple passe aussi par ses chansons». Un album composé de 18 titres, dont on dit qu'il est un véritable retour aux sources originelles du raï. Khaled est aussi (et peut-être malgré lui) le porte-parole d'une certaine opposition culturelle à l'intolérance. Khaled le rebelle chante la plus iconoclaste des musiques algériennes avec en filigrane l'espoir fou de retrouver un jour sa terre natale apaisée, seulement écrasée de soleil. Un artiste majeur qui a contribué à faire connaître ce genre, parti de l'ouest oranais, et à l'inscrire dans «la sono mondiale», le décrit Dominique Parravano dans le magazine A Nous Paris. Un magnifique pont entre le passé et l'avenir, entre racines et devenir. Khaled espère renouer avec ses premières amours et ses influences marocaines et dit avoir écarté les Tunisiennes car ce sera fait dans son prochain album. Un album qui tente une reconquête avec les thèmes premiers de la carrière de Khaled, tels que l'amour, la liberté d'expression, la sexualité, l'alcool et d'autres tabous. «C‘est un risque, j'en ai conscience. Toutefois, je veux assouvir cette envie de retour à mes racines et être en accord avec moi-même, artistiquement parlant. J'avais envie de faire ce disque depuis longtemps, mais je me suis dit que les Européens n'étaient pas prêts pour ce genre de musique plus fidèle à la tradition. Un jour, j'en ai discuté avec Martin Meissonnier, qui était partant pour un enregistrement live. Il m'a dit que c'était sur scène que je dégageais la meilleure chaleur, il voulait que je me libère des contraintes du formatage qui m'ont souvent bridé ces dernières années. Donc, l'idée a été d'enregistrer avec les musiciens de mon groupe de base, dont certains jouent avec moi sur scène depuis des années, voire mes débuts. J'ai ainsi retrouvé en studio mes musiciens de toujours avec lesquels je n'avais toujours pas enregistré d'album» Le nouvel opus se distingue aussi par une reprise de Imagine de John Lenone en duo avec la chanteuse Noa Santana, un autre titre de préludes vocaux, où l'artiste déclare: «Je multiplie les "mawwals" que j'avais délaissés pour cause de standardisation imposée par les normes occidentales. Les chansons ont été orchestrées de façon traditionnelle, enrichies par des cordes égyptiennes, dirigées par l'éminent docteur Ayman Amboli et captées directement au Caire. Dans Liberté j'ai tenu aussi à célébrer les Gnawas et adresser un clin d'oeil à mes amis marocains. Pour une fois, quelqu'un, mon complice Martin Meissonnier, a compris qu'au final, le plus bel instrument à mettre en évidence était ma voix». Khaled a repris Ya Kirani et Zabana en hommage à Blaoui Houari et Ahmed Wahby, deux artistes pionniers de la chanson algérienne qui lui ont ouvert la voie. Concernant la chanson algérienne kabyle et la perspective d'en faire un disque, Khaled affirme: que «c'est mon rêve.» J'adorerais! Je suis le seul arabophone qui est aimé par les Berbères, les Kabyles de chez moi. Il y a trois chanteurs kabyles que j'aime beaucoup. Idir, Aït Menguellet et bien sûr le défunt Matoub Lounès Rappelons que Cheb Khaled, a reçu un César pour la bande originale du film 1, 2, 3 Soleils de Bertrand Blier et obtenu la victoire de la musique dans la catégorie artiste francophone de Pannec.