Le président du MSP reconnaît, sans le dire directement, que sa démission du gouvernement est l'une des concessions faites à Menasra et son équipe. Les tentatives de réconciliation au MSP ont toutes fini par échouer. Chaque partie a décidé de ne plus faire de concession. Bouguerra Soltani, président du Mouvement de la société pour la paix, a déclaré hier qu'il ne pourra pas répondre à toutes les exigences de ses adversaires. «Nous avons fait des concessions. Nous pouvons encore discuter pour trouver une issue au conflit, mais nous ne sommes pas prêts à satisfaire toutes les demandes de nos frères sécessionnistes», a déclaré hier à la presse M.Soltani, en marge de la cérémonie de célébration de la Journée internationale de la liberté d'expression et de la presse, organisée à l'hôtel Safir, à Alger. Le successeur du défunt Cheikh Nahnah écarte la tenue d'un congrès extraordinaire. «Comme je l'ai souligné, nous sommes prêts à faire des concessions mais pas au point de convoquer un congrès extraordinaire», a-t-il dit. Et d'expliquer: «Il n'y a aucune raison de tenir un congrès extraordinaire. Nos élus au niveau national et local poursuivent leurs missions. Les instances du parti exercent leur travail dans les règles de la loi du parti. Pourquoi irons-nous vers un congrès extraordinaire?», s'est-il interrogé. M.Soltani garde toutefois l'espoir de voir ses «frères-sécessionnistes» revenir à la maison du MSP. «Je confirme une fois de plus que les portes du mouvement restent grandes ouvertes pour ceux qui souhaitent» se repentir. Cela même si, explique-t-il encore, les sécessionnistes ne représentent qu'une minorité. «Nos frères, qui ont décidé de nous quitter, ne représentent que 2,7% du nombre de militants que compte le Mouvement», a-t-il dit avec ironie. Désormais, la bataille est déclarée sur le terrain. Les partisans de Menasra vont intensifier leurs sorties sur le terrain en espérant convaincre le plus grand nombre de militants et d'élus de rejoindre le Mouvement pour la prédication et le changement, une formation parallèle au MSP. Ayant eu écho de l'activisme de M.Menasra et son équipe, les cadres du MSP, partisans de M.Soltani, mènent une contre-campagne. Des réunions sont organisées presque quotidiennement avec la base pour faire face à l'activisme de l'autre clan. Dans un autre registre, M.Soltani a procédé par la même occasion à l'évaluation des libertés de la presse au niveau national et mondial. Pour ce dernier, l'équation est simple: la liberté de la presse a beaucoup reculé dans le monde et elle a marqué des sauts considérables en Algérie. Et de décortiquer les raisons de ce recul au niveau mondial. Il commence d'abord par les événements du 11 Septembre 2001, qui ont, selon lui, beaucoup modifié les textes législatifs sur l'information. Et de citer d'autres raisons. Il énumère la confusion entre la liberté de la presse et la propagande, la pression que subissent les journalistes dans un bon nombre de pays à travers le monde et les textes de loi qui limitent la liberté de la presse. En revanche, se réjouit-il, la presse algérienne a arraché plusieurs acquis qui méritent d'être soulevés, cela aussi bien au niveau des textes législatifs, car la Constitution reconnaît le droit à l'information, que dans l'exercice de la fonction sur le terrain. Grâce à «ses acquis», la presse algérienne sert, selon M.Soltani, d'exemple pour les autres pays du monde arabe. Il a soulevé toutefois, que l'absence d'une presse spécialisée dans les affaires sociales et économiques «a transformé la fonction en un fonds de commerce défaillant».