Le président du MSP annonce: «Le candidat du makhzen ne s'est pas retiré, mais les congressistes l'ont rejeté». A peine réélu à la tête du MSP, le président Soltani veut se «venger» de Menasra, son ancien rival à la présidence du mouvement. Profitant d'un point de presse animé hier à l'ex-siège du CIP, Bouguerra Soltani a lancé des tirs croisés à l'encontre de son ex-premier vice-président. Il le traite de tous les noms. «C'est un candidat du makhzen. C'est un candidat du Diwan. Ce n'est pas un candidat de consensus», l'a-t-il qualifié. Et de brandir son épée: «Il ne faut pas se tromper. Ledit candidat ne s'est pas retiré. Ce n'est pas, non plus, le prêche du vendredi qui a renversé la vapeur. C'est l'histoire d'un échec mal consommé. Mon concurrent a été rejeté. Les congressistes avaient préféré annuler tout ce qui a été préparé avant le grand événement.» «Les délégués avaient fait de grandes concessions, notamment lorsqu'ils avaient accepté d'élire le président par le majliss echoura et non par le congrès», a confié M.Soltani. Ne s'arrêtant pas là, Soltani continue à «carboniser» son frère-ennemi. «On parle plutôt de candidat de Diwan, qui voulait monopoliser le mouvement tantôt au nom du défunt Cheikh Nahnah et tantôt au nom des frères musulmans.» Le rejet de Menasra par les congressistes, se traduit, selon Soltani, par le rejet de tous les amendements proposés au vote. «Le congrès a rejeté l'ordre du jour, le bureau du congrès, le règlement intérieur ainsi que toutes les autres résolutions de la commission de préparation du congrès.» Interpellé sur sa «démission» du gouvernement, M.Soltani ne veut toujours pas faire dissiper les nuages. Il ne s'est pas prononcé, clairement, sur son retrait. «Le congrès m'a donné carte blanche. Il m'a libéré des menottes. Les délégués m'ont donné le choix, mais moi j'ai préféré dire que je me consacre beaucoup aux affaires du parti». Allez-vous démissionner du gouvernement M. le président? A cette question, Soltani répond, encore: «Je vais me consacrer aux affaires du parti. C'est à vous les journalistes de faire les interprétations.» Interpellé par la même occasion sur les questions de politique générale, dominant la scène politique nationale, notamment la révision de la Constitution et le troisième mandat, le président du MSP joue la prudence. A demi-mot, il annonce que son parti évolue et il doit s'adapter aux données de la scène politique nationale. «Au MSP, nous sommes pour la continuité du changement.» Le ministre d'Etat a promis de faire du mouvement l'une des formations politiques qui dominent le pays. «Le MSP sera la première force politique nationale. Je ne dirai pas pour cette année, ni pour les prochaines années, mais il le sera». Pour la révision de la Constitution il souligne: «Nous sommes les partisans d'une réforme politique globale. Et cette réforme globale nécessite la réforme de la loi fondamentale.» Au sujet du troisième mandat, il déclare: «Il faut laisser le temps au temps.»