Trois importateurs ont été traduits devant les tribunaux pour importation de pièces non conformes au label original et aux normes de qualité. Les services des Douanes du port d'Oran ont intercepté, le mois dernier, quelque 180 tonnes de pièces détachées contrefaites en provenance de pays asiatiques, en particulier la Chine. Cette marchandise a été saisie pour non-conformité aux normes universelles de qualité. Suite à cette saisie, trois importateurs ont été traduits devant les tribunaux pour importation de pièces non conformes au label original et aux normes de qualité. Les importations des produits tous azimuts prennent de l'ampleur ces dernières années. Les Douanes, premier service concerné, continuent à faire face à un flux important d'arrivage de produits suspects et les chiffres sont éloquents. Aux derniers bilans, quelque 380 tonnes auraient pu envahir le marché local, via le port d'Oran, n'était la vigilance des services douaniers en collaboration avec les services de la direction régionale de commerce et de contrôle de qualité. Ces derniers sont catégoriques. Plusieurs opérateurs, établis dans des pays asiatiques, sont prêts à inonder le marché algérien, pourvu que la commande émane des importateurs algériens. La contrefaçon est difficilement détectable du fait que les contrefacteurs maîtrisent la technologie. Le monde est en passe de devenir un petit village sans barbelé ni frontières. Les marchandises circulent librement. Tous les coups sont permis. Le marché algérien constitue une cible privilégiée des fabricants spécialisés exclusivement dans la contrefaçon. Plusieurs aveux ont été faits en ce sens. Un Chinois, commerçant au centre-ville d'Oran, a même fait l'éloge de son pays en matière de maîtrise technologique. «Il suffit de contempler le prototype à copier et le tour est joué» a-t-il indiqué. Les avancées technologiques des pays asiatiques contribuent inexorablement à la mort, à petit feu, des petites et moyennes entreprises algériennes et ce, malgré le soutien de l'Etat à la production locale. Dans ce labyrinthe infernal, les entreprises algériennes continuent de ramer contre vents et marées en dépit d'une concurrence déloyale. «Le prix de la cuisinière ou d'un climatiseur usiné en Chine revient 10 fois moins cher que son similaire fabriqué en Algérie», s'offusque-t-on. Sur un autre registre, le transfert de la technologie n'est en fait qu'encre sur papier. «La seule technologie à laquelle nous avons droit est l'exportation, grâce à la complicité locale, d'énormes productions sont hautement nuisibles à la santé publique», déplore-t-on encore.