S'agissant de l'arrestation de Belaïd Abrika, le premier secrétaire de ce parti n'a pas hésité à parler de «manipulation grossière» exercée par certains cercles du pouvoir. Le premier secrétaire du FFS a fini par rompre le silence qui avait caractérisé son parti depuis les élections de jeudi. Il aura été, en somme, la dernière formation politique à se prononcer. Cette attente, semble-t-il, était liée au verdict des commissions juridiques qui ne se sont prononcées que, hier, tard dans la soirée, sur la validité des scrutins exprimés en Kabylie. Ainsi, le FFS aura été le seul parti à se montrer particulièrement critique vis-à-vis des conditions dans lesquels s'est déroulé le scrutin. Dans sa déclaration liminaire, en effet, le premier secrétaire du FFS affirme que ce scrutin a été «caractérisé par une fraude organisée, sous un climat de violence, d'intimidation et de provocation». De nombreux exemples ont été donnés par le conférencier qui précise au passage que «de nombreux recours justifiés ont été déposés». Le FFS, cependant, ne se fait pas beaucoup d'illusions puisque, précise Djeddaï en réponse à une question, «les commissions de surveillance sont, en fait, des commissions de validation». Mais, ces considérations, il faut le croire, ne sont que des détails au vu de la stratégie globale du parti de Hocine Aït Ahmed. «Notre participation est avant tout d'ordre politique». Explication: «Nous avons cherché à éviter le chaos programmé en Kabylie, l'unité nationale et les risques d'aller vers un bain de sang. Nous y avons réussi même si tout danger n'est pas écarté. Nous avons aussi cherché à réhabiliter la pratique politique que le pouvoir a voulu dénaturer. Enfin, nous avons pu élargir et renforcer la dissidence citoyenne.» Le FFS, qui déclare que la dissidence citoyenne est aujourd'hui plus forte que jamais, maintient le cap. «Nous irons jusqu'au bout». En d'autres termes, le FFS siégera dans les communes de Kabylie où il a décroché des sièges. «Notre participation était politique, explique le conférencier, à ce titre nous irons dans les communes et wilayas que nous avons obtenues. La poignée d'agitateurs qui veulent fermer les mairies et les wilayas ne nous empêcheront pas de respecter la volonté populaire. Une nouvelle fois nous ferons appel au peuple pour éviter les affrontements et faire en sorte que la région ne sombre pas dans le chaos». Interrogé sur l'invalidation du scrutin dans pas moins de 30 communes à Tizi Ouzou et 21 autres à Béjaïa, le numéro deux du FFS répondra en filigrane que si des élections partielles, comme le prévoit la loi, y étaient programmées, il est fort probable que son parti y prenne part. En revanche, «si le pouvoir décide de placer des DEC ou des responsables approchants, il est certain que le FFS ne s'en mêlera pas puisqu'il a toujours oeuvré à respecter et à faire respecter la souveraineté populaire».