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4 millions de diabétiques en Algérie
Selon le système de comptage de l'OMS
Publié dans Liberté le 12 - 11 - 2008

Les dernières corrections de l'OMS évaluent désormais l'incidence du diabète à 12% parmi les populations du Maghreb.
Pour les praticiens algériens, le diabète est un véritable fléau, et il est considéré comme un sérieux problème de santé publique. Les diabétologues naviguent à vue car aucune étude épidémiologique n'a été lancée pour recenser les malades ; aussi se réfèrent-ils au système de comptage de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les experts de cette organisation ont estimé par le passé que 10% des habitants du Maghreb étaient atteints du diabète de type 2 (non insulinodépendant). Toujours selon la même source, 10% des patients sont atteints du diabète de type 1 (soigné par insuline). Les dernières corrections de l'OMS évaluent désormais l'incidence du diabète à 12% parmi les populations du Maghreb. Cette correction remet en cause les anciens chiffres avancés par les diabétologues qui estimaient le nombre de patients à 3 millions, dont 300 000 insulinodépendants en Algérie. Selon les nouvelles données de l'OMS, le nombre de patients s'élèvera à
4 100 000. Pour les diabétologues algériens, cette absence de chiffres fiables fausse les prévisions, et elle est l'une des causes invoquée par les spécialistes pour expliquer les pénuries cycliques de médicaments. “Nous continuons à estimer le nombre de diabétiques à 3 millions de malades selon les chiffres révélés par les responsables de la santé”, affirme le Pr Mimouni du service de diabétologie du centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha à Alger.
De la carte de démuni…
Les malades algériens sont bien pris en charge selon les responsables des départements de la santé et de la Sécurité sociale. Certes, selon les textes tous les patients sont affiliés à la caisse des assurances sociales : les travailleurs comme les démunis. Ces derniers trouvent pourtant de grandes difficultés pour se procurer le fameux sésame qui leur ouvre droit au remboursement : la carte de démuni. “J'ai dû faire de multiples déplacements pour parvenir à la Direction de l'action sociale d'Alger. J'avais tous les documents nécessaires, et pourtant il a fallu plus de trois mois pour avoir ma carte. Tous les médicaments que j'avais achetés entre temps ne m'ont jamais été remboursés”, se plaint un jeune diabétique. Ce dernier reproche aux différentes administrations de “torturer” les malades non assurés. “Je suis universitaire, mais je n'ai pas trouvé de travail. Mon père est ancien moudjahid, et cela me permet d'avoir une carte du ministère des Moudjahidine. Les administrations algériennes communiquent mal, ce qui sanctionne les citoyens qui ignorent ainsi leurs droits. Il me semble qu'il s'agit d'une démarche visant justement à exclure les petites gens de certains dispositifs”, ajoute le même malade.
…À la Gratuité des soins
Ce problème est soulevé par les associations des diabétiques qui revendiquent un dispositif rapide pour permettre aux malades non assurés de bénéficier de la gratuité des soins dès que le diagnostic est établi. “Nous avons acquis beaucoup de droits pour les malades assurés. Nous menons actuellement des actions pour parvenir à faciliter aux non-assurés l'obtention de la carte de démunis”, affirme M. Ouhada, président de l'Association des diabétiques de la wilaya d'Alger. Il n'est pas rare que des malades non assurés soient réduits à la mendicité pour acheter leur traitement en attendant leur carte. “Aidez-moi à acheter de l'insuline. Je suis malade et je ne peux me soigner car je ne suis pas assurée.”
L'humiliation
C'est avec ces mots lancés timidement aux piétons qui passent devant elle qu'une femme demande l'aumône. Cette femme nous montre son ordonnance comportant de l'insuline et d'autres médicaments.
“Je viens de découvrir mon diabète. Mon mari ne travaille pas. Je ne suis pas assurée. Des malades m'ont parlé de la carte de démuni. J'ai fait les démarches et j'attends. Entre-temps, je dois me soigner, c'est pourquoi je suis réduite à la mendicité”, dit cette femme rencontrée devant l'entrée de l'hôpital Mustapha-Pacha à Alger. Cette lenteur dans la remise des documents permettant les soins gratuits peut s'avérer dangereuse pour certains malades. Sans soins appropriés, la maladie évolue rapidement. “Dans notre, service nous recevons les malades ayant développé des complications. Ceux qui sont bien équilibrés sont suivis dans les polycliniques”, révèle le Pr Mimouni.
Cette dernière rappelle que le diabète s'attaque aux reins, aux yeux et aux membres inférieurs. “Le diabétique en prenant ses traitements et en respectant une hygiène de vie arrivera à retarder l'apparition des complications”, explique le même diabétologue. Justement, de nombreux malades sont obligés de supporter trois séances d'hémodialyse par semaine. “Je suis diabétique mais je l'ignorais. Ce n'est qu'après que le médecin a diagnostiqué mon insuffisance rénale que j'ai su que cela était dû à mon diabète. Depuis, je suis soigné pour mon insuffisance rénale et pour mon diabète”, dit un jeune homme rencontré au centre d'hémodialyse du CHU Nafissa-Hamoud à Hussein-Dey. La gangrène des membres inférieurs est la complication la plus courante chez les diabétiques non équilibrés. “Mon père est un malade qui ne respecte pas ses traitements. Il mange tout. Il est hospitalisé au service de chirurgie, et les médecins vont procéder ce matin à l'amputation de son pied droit. Les médecins ont diagnostiqué une gangrène, et ils espèrent qu'elle ne soit pas très étendue”, dit un homme qui attendait les résultats de l'opération que son père devait subir au service de chirurgie de l'hôpital Mustapha-Pacha. Les complications sont souvent la conséquence du laisser-aller de certains malades qui ne suivent pas les conseils de leurs médecins. Les diabétiques sont nombreux aussi dans les services d'ophtalmologie où les praticiens les opèrent pour des cataractes précoces. Certains patients développent aussi des complications cardiovasculaires.
Les enfants diabétiques sont, certes, peu nombreux (10 malades pour 100 000 habitants) : ils sont quelque 3 500 en Algérie. Le diabète juvénile est labile et les médecins trouvent moult difficultés pour stabiliser la glycémie chez les jeunes malades. Chez les enfants, le risque c'est surtout l'hypoglycémie qui peut provoquer des comas. Un enfant aime jouer et courir, mais cela peut avoir des conséquences graves : quand il brûle son sucre en faisant des efforts, il doit manger des sucreries, mais après la lecture de sa glycémie. Les parents sont appelés à redoubler d'effort pour surveiller les enfants malades qui deviennent vulnérables à l'école où rien n'est fait pour les prendre en charge en cas de crise d'hypoglycémie ou d'hyperglycémie. Les enseignants ne sont pas formés à réagir en urgence devant une crise d'un élève diabétique.
Dur d'être pauvre et diabétique
Les malades se plaignent, pour leur part, de la cherté de la vie et ils affirment que cela les pénalise car ils ne peuvent respecter leur régime alimentaire. “Les légumes conseillés pour les diabétiques sont comme par hasard les plus chers sur le marché. Les haricots verts sont vendus toute l'année à 100 DA le kilogramme en moyenne. Les autres légumes demeurent onéreux, et seuls les malades qui travaillent ou les nantis peuvent les acheter”, soutient un diabétique d'Alger. Pourtant, les diabétologues estiment que le régime alimentaire du diabétique fait partie de son hygiène de vie.
“Un diabétique doit suivre son traitement, respecter une hygiène de vie et faire du sport. Cela permet au malade de mener une vie normale et de retarder l'apparition des complications dues à la maladie”, conseille le Pr Mimouni. En plus des revendications relatives à la carte des démunis, les associations des diabétiques réclament le remboursement des stylos à insuline et des aiguilles utilisées pour la lecture de la glycémie. Les malades regrettent que les autorités ne se rappellent des diabétiques qu'à l'occasion de la journée mondiale qui leur est consacrée, célébrée tous les 14 novembre. Ils affirment qu'ils rencontrent des problèmes toute l'année, c'est pourquoi ils interpellent les mêmes autorités pour prendre des mesures qui leur faciliteront l'existence.
Djafar Amrane


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