La salle de conférences de l'Association de protection de l'environnement de Tlemcen (Aspewit) a abrité, dimanche, une rencontre sur l'avortement à risque et son impact sur la santé des femmes et des familles, en présence du directeur de la santé, du représentant de la direction des affaires religieuses, de gynécologues et de médecins. Organisée par le comité de la wilaya de l'Association algérienne pour la planification familiale (aaPf), présidée par le docteur Nafissa Chabni, active militante du planning familial, cette rencontre a suscité un débat général qui s'est articulé autour des thèmes très sensibles présentés par des praticiens de la santé, des juristes et des psychologues : “L'avortement dans la législation algérienne”, “L'avortement et ses complications médicales”, “L'impact psychologique de l'avortement”, “Santé mentale et avortement” et “Approche religieuse de la problématique de l'avortement”. Le professeur Kaouel Meguenni, représentant de l'aapf à Tlemcen, est intervenu en premier pour aborder les grandes lignes de la problèmatique de l'avortement à risque, soulignant d'emblée qu'il entraîne une mortalité et une morbidité importantes chez la femme (chaque année 68 000 décès sont enregistrés dans le monde, particulièrement dans les pays en développement). À cet effet, il dira que l'association nationale qui a son siège à Alger et qui existe depuis maintenant 22 ans (elle a été présidée par le professeur Tedjini Haddam de 1987 à 2000) a lancé, grâce à ses 3 000 volontaires, un grand débat au niveau de toutes les wilayas avec la tenue de rencontres nationales, de colloques et de journées d'étude, afin de sensibiliser le grand public aux conséquences de cette pratique illégale et fermement condamnée par la loi, notamment à travers les articles 304 à 307, 309, 311 et 313 du code pénal. Dans son plan stratégique 2005-2009, relatif à la question de l'avortement à risque, l'aapf considère que ce dernier, “comme le prouvent les études effectuées par les organismes internationaux ces dernières années, constitue un danger pour la vie de la femme. Il est en soi un risque pour la santé de la mère, il augmente les risques de certaines maladies et peut être à l'origine de la stérilité de la femme. Il reste une cause majeure de décès et de handicaps pour beaucoup de femmes dans les pays en développement, notamment pour les adolescentes.” Deux exceptions sont cependant autorisées en Algérie : l'interruption thérapeutique de grossesse mais qui semble poser problème dans la pratique pour le corps médical et, depuis 2004, l'avortement est permis uniquement en cas de viol commis dans le cadre d'actes terroristes. En Algérie, il n'existe pas de données fiables sur ce phénomène, et s'il en existe, elles ne sont pas disponibles. L'incidence de l'avortement, ses effets, les tranches d'âge et les caégories de population qu'il touche sont ignorés. C'est encore un sujet tabou. Il a été rappelé, lors de cette rencontre, que l'Association algérienne pour la planification familiale a pour mission “d'œuvrer pour l'amélioration de la qualité de la vie des individus en faisant campagne pour la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction, par le plaidoyer et la prestation de services, plus particulièrement auprès des personnes démunies et vulnérables”.