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L'otage de Boghni libéré
GRÂCE À LA MOBILISATION DE LA POPULATION
Publié dans Liberté le 18 - 04 - 2010

Après 26 jours de captivité, Hassani Ali, le vieil entrepreneur enlevé à Boghni, au lieu-dit Agouni-Mouh-Ouslimane, a été relâché dans la nuit de vendredi à samedi au même endroit de son kidnapping, tout près de chez lui.
Tôt dans la matinée, la nouvelle annonçant ce dénouement s'est répandue comme une traînée de poudre dans toutes les montagnes, dans tous les villages et tous les hameaux du Djurdjura. Dès les premières heures de la matinée, les commentaires allaient bon train à propos de ce feuilleton dramatique. Au village natal d'Ath Kouffi, c'était déjà le grand soulagement. Sur la place du village, les membres de la coordination font le point sur cette affaire. À Boghni-ville, c'est un jour qui n'est pas comme les autres. Même si c'est le week-end, on se croirait être à dimanche, habituellement jour de marché hebdomadaire. Sur les terrasses des cafés, toutes les personnes attablées ne parlaient que de cette libération réussie face à la lâcheté de ceux qui s'attaquent quotidiennement à des personnes vulnérables à l'image du brave âmmi Ali. “Vous voyez quand on n'a pas peur, ils finissent par abdiquer. Ils ne peuvent rien faire quand tout le peuple se lève. Si le terrorisme a gagné du terrain, c'est parce que nous avons mis de côté nos principes qui ne sont que vaillance et courage”, dit un jeune à un autre en train de feuilleter le journal Liberté. “C'est vrai, c'est ce qui a été rapporté par le commentaire de Liberté”, lui rétorque son ami.
Péripéties d'une mobilisation
Un groupe terroriste a enlevé le 22 mars dernier une personne âgée de 81 ans sur la route de Boghni en allant vers Ath Kouffi. Tout ce versant de la wilaya était sous le choc car le drame était si douloureux que personne ne pouvait rester indifférent. Une semaine après, des centaines de citoyens se sont rassemblées devant le domicile de la victime. Leur soutien à cette modeste personne tant aimée par tous était alors indéfectible. Après une réunion des sages du village d'Ath Kouffi, un appel à une grève générale a été initié. Le lendemain, le 30 mars, la ville de Boghni a été déclarée ville morte. Une marche imposante a été improvisée du centre-ville jusqu'au siège de la daïra où une délégation de citoyens a été reçue par le chef de daïra. Les représentants de la population ont demandé aux autorités d'être responsables de la sécurité des citoyens et de leurs biens. Alors qu'en direction des ravisseurs, ils ont carrément exigé la libération inconditionnelle de âmmi Ali.
Deux jours après, et plus précisément, après un rassemblement populaire au lieu de l'enlèvement, des dizaines de personnes munies de mégaphones se sont dirigées vers les repaires des ravisseurs à Ighzer n'Chevel et Tala Guilef pour les interpeller et les exhorter à le relâcher en leur précisant que ce vieillard tant estimé n'est pas aussi fortuné qu'ils le croient. Selon des sources proches de la coordination villageoise, cette première opération n'avait reçu aucun écho favorable. Au fil des jours, l'entêtement des ravisseurs inquiète les citoyens et le sort de âmmi Ali était des plus incertains. Une semaine après, un autre communiqué émanant de la coordination citoyenne a été placardé sur les murs de Boghni réitérant encore une fois leur exigence de revoir ce vieil homme revenir sain et sauf chez les siens. Mercredi dernier, un autre appel à la grève a été lancé. Ainsi, jeudi matin, à partir de 9 heures, après que le service minimum eut été assuré par les boulangers, les épiciers et autres marchands de fruits et légumes, tous les lieux de commerce ainsi que les administrations ont baissé rideau. Grande réussite de cette autre action de solidarité. Sans aucun doute, cet écho a retenti dans les maquis du Djurdjura et les ravisseurs l'ont entendu et bien saisi le message de cette mobilisation.
Soulagement
et joie à Boghni
La population a exprimé sa joie toute la journée. En effet, des jeunes ont même actionné les klaxons de leurs véhicules afin d'exprimer leur sentiment de victoire et de fierté. “Presque un mois de stress, puis c'est le soulagement. Il y a de quoi manifester sa joie”, nous lance un jeune citoyen accosté devant l'agence postale. Il faut dire que tous les commerçants d'Ath Kouffi installés dans la ville de Boghni, tout comme les autres commerçants de la ville ont été félicités par la coordination citoyenne pour leur admirable adhésion au mouvement. Toutes les artères de la ville grouillaient de monde et chacun essayait de vérifier l'information concernant la libération de âmmi Ali. À Ath Kouffi, c'est le même décor, la même ambiance. Même les “mémés” ont vite appris la nouvelle et applaudi le plein succès de l'opération de sauvetage. “Dorénavant, on ne fera confiance qu'à cette coordination qui a tenu le coup jusqu'au bout. Dirgazen, ce sont des hommes”, nous a dit une vieille femme, qui venait juste d'apprendre la bonne nouvelle. À entendre les commentaires des uns et des autres, rien ne peut vaincre le courage et la dignité. En tout cas, voir âmmi Ali relâché sain et sauf mérite d'être bien fêté par une population qui n'a jamais cru au pire ni céder à la fatalité, même devant le long mutisme des ravisseurs.
De plus, malgré une longue attente, la mobilisation citoyenne a encore pris le dessus sur l'entêtement des ravisseurs, et les citoyens sont fiers de constater que la peur a changé de camp même si l'heure est encore à la vigilance. Quant à savoir s'il y eut une rançon versée, rien n'a filtré en ce sens. “Aucune rançon n'a été versée”, affirme un citoyen. On a appris de source digne de foi que âmmi Ali, ce brave octogénaire, qui a défrayé la chronique malgré lui, vraisemblablement épuisé par cette longue séquestration est finalement rentré très tôt à Alger en compagnie de ses fils qui ont tenu à l'assister physiquement et psychologiquement après cette dure épreuve. “Ses ravisseurs ont craint que Dda Ali ne succombe entre leurs mains. Et ils seraient débusqués de leurs caches pour le libérer”, enchaîne un autre jeune, ayant fait partie du groupe de vigiles qui, le 2 avril dernier, était allé interpeller les kidnappeurs en vue de relâcher ce vieillard sans aucune caution. C'est dire que l'esprit de solidarité et la vaillance de toute une population farouche et déterminée ont été récompensés en réussissant même à faire trembler des aventuriers qui, sans scrupules, portent atteinte à la dignité d'une région frondeuse.
Comme toutes les autres mobilisations citoyennes qui se multiplient ici et là en l'absence de tout autre soutien et protection, l'action humanitaire de la population de Boghni a été un grand succès. Ainsi, les différentes actions de mobilisation citoyenne du 30 mars et du 2 avril dernier ainsi que la paralysie totale des activités commerciales et administratives de jeudi dernier à Boghni ont admirablement abouti au moment même où quelques esprits malveillants commençaient à faire de l'amalgame dans cette triste affaire. La population de Boghni, par le biais de la coordination des comités de village à laquelle ont adhéré des milliers de citoyens, a démontré encore une fois que l'organisation Tajmaât, qui gérait jadis toutes les affaires litigeuses, les contentieux et les conflits en Kabylie, est
toujours de mise et d'actualité pour peu que la quiétude et la sécurité des villages et des citoyens soient menacées et tout cela
malgré la profusion de partis politiques implantés dans cette région frondeuse.
À Igoudjal (Azzefoun), à Tigzrit, à Ath Ali dans la commune de Bounouh, et cette fois encore à Ath Kouffi (Boghni), les montagnards savent plus que jamais qu'il est temps de s'organiser et faire face au diktat d'où qu'il vienne parce que leur honneur et leur dignité passent avant tout. Véritable leçon de courage de ces gens qui ont bravé la peur en allant s'adresser à des hommes armés à mains nues, car ils ne veulent pas que les idéaux de leurs vaillants ancêtres de Jugurtha en passant par El-Mokrani, Lalla Fadhma n'Soumer, de Abane et tous les autres martyrs soient vains. N'est-ce pas que si cette mobilisation citoyenne a donné ses fruits, il est temps de la citer comme exemple et de la répercuter à travers nos villes, nos villages et toutes les régions d'Algérie où de braves et honorables citoyens se battent au quotidien pour dire non à la violence, au banditisme et au terrorisme. L'histoire le retiendra !...


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