Le GIA les a sommés de quitter leur village L'exil ou la mort Plus de 160 familles ont quitté Aïn Barbar, près de Annaba, sous la pression de l'insécurité. Désormais, depuis le dernier attentat terroriste qui a ciblé le brave Patriote, Dib Khemissi, la situation est devenue critique à Aïn Barbar, dans la wilaya de Annaba. Ce nouvel attentat a réellement plongé les habitants de toute la région, et même les bourgs de Chetaïbi, dans la consternation et la psychose des lendemains cauchemardesques, surtout qu'elles furent, depuis plusieurs années, les cibles privilégiées des sanguinaires. L'ultimatum d'une semaine donné par les intégristes aux habitants de vider les lieux est pour beaucoup dans cette situation de panique de la population qui semble être au bord de l'asphyxie. Ainsi, avons-nous constaté sur place, plus de 160 familles ont quitté Aïn Barbar pour s'installer de force dans des appartements participatifs en cours de réalisation à Seraïdi. On signale également la fermeture des deux écoles, dont un CEM, et l'usine de céramique qui emploie une cinquantaine de travailleurs. Aïn Barbar est devenue un village fantôme. Profitant de la peur et de la panique des habitants, des transporteurs, sans foi ni loi, exigent plus de 4 000 dinars pour une distance qui ne dépasse pas les 20 kilomètres, signale-t-on. Située sur le mont de l'Edough, à une vingtaine de kilomètres du village touristique de Seraïdi, qui culmine à 900 mètres d'altitude, Aïn Barbar, réputée pour être l'un des plus beaux sites naturels de la région est du pays, pour sa dense forêt et ses plages encore à l'état sauvage, est une zone enclavée et isolée où vivent plus d'un millier d'habitants pratiquement livrés à eux-mêmes. Le destin de Aïn Barbar est fait ainsi. À l'orée de l'Indépendance, de nombreuses familles avaient quitté Aïn Barbar, fuyant le travail dans les mines de plomb et de zinc (aujourd'hui à l'arrêt), qui a eu raison de la santé de beaucoup d'hommes. Aujourd'hui, les habitants de ce paradis terrestre sont contraints d'abandonner le village pour échapper au diktat des sanguinaires qui semblent être les maîtres incontestés des lieux, depuis déjà plus d'une décennie. Pour rappel, à Aïn Barbar, ce sont plus d'une vingtaine de personnes qui ont été sauvagement assassinées depuis 1996 par les barbus. Certaines victimes ont été épargnées sous le regard impuissant des villageois, forcés d'assister en spectateurs aux scènes macabres, racontent des habitants qui ont abandonné leur bien pour s'installer dans les quartiers de la périphérie. Au mois de mai dernier, une patrouille des éléments de la garde communale et des Patriotes a été ciblée, près de Aïn Barbar, au beau milieu de la journée, faisant six morts et un blessé. Devant l'impossibilité d'assurer leur protection, de nombreuses familles, surtout celles habitant les alentours de Aïn Barbar, ont été invitées à quitter, ces jours-ci, les lieux pour d'autres cieux plus cléments. Ainsi, les informations faisant état d'une opération d'envergure de ratissage, lancée par les forces combinées de sécurité, n'est que pure imagination. Autrement dit, il n'y a ni avion de guerre, ni hélicoptère de combat équipé de missiles téléguidés et encore moins le bataillon de Teleghma. Région côtière située à la lisière des monts de l'Edough, Aïn Barbar, réputée également pour ses richesses halieutiques, malheureusement insuffisamment exploitées par quelques métiers, semble être condamnée à l'oubli. Rencontrés à Seraïdi et même à Annaba, certains membres des familles qui ont les moyens et la chance de quitter Aïn Barbar nous ont expliqué, tant bien que mal, la misère et le calvaire quotidiens des habitants devant la férocité des criminels qui ont trouvé dans les monts de l'Edough un terrain de prédilection pour semer la terreur. “À Aïn Barbar, c'est la loi de l'omerta. À quoi bon se déplacer, personne n'ose vous parler !”, nous lance un habitant de Romenet, une localité située à 3 km de Aïn Barbar, qui, du fond de ses tripes, crie à qui veut l'entendre son amertume devant l'indifférence des autorités et des élus qui n'hésitaient pas pourtant à venir les courtiser la veille de chaque élection. De l'approvisionnement en alimentation au transport, en passant par l'AEP, l'électrification et l'emploi, tout est déficit et négatif dans ce village, dont la quasi-totalité des familles est originaire du douar Béni Ouichaoua, sur les monts de l'Edough, regroupées sur les lieux en force, en 1957, par l'occupant français, témoignent les riverains. Ainsi, Aïn Barbar, région touristique par excellence, offre le spectacle d'une autre ère. Ce sont encore les baraques, les habitations précaires et les “baouches” de fortune. Coupée en deux, Aïn Barbar, sur qui plane le spleen des jeunes, ne possède en guise d'acquis civilisationnels, dans l'Algérie du IIIe millénaire, que deux écoles et une baraque qui fait office de dispensaire, dit-on. Comme site, Aïn Barbar, que dominent du haut de la falaise le “wali Sidi-Bouzid” et la cheminée de la centrale à charbon, livrée, elle aussi, aux caprices du temps, est un véritable éden terrestre. Aïn Barbar, le village, est une contrée de l'arrière-pays qui, après plus de 40 ans d'indépendance, souffre de l'isolement et de l'abandon. B. Badis Tigzirt Attentat manqué contre des convoyeurs de fonds Un véhicule de transport de fonds a été attaqué avant-hier par des terroristes au lieu-dit Tala-Testhan à 7 km de Tigzirt. Une bombe artisanale enfouie sous terre a explosé au passage des convoyeurs venus de Tizi Ouzou pour alimenter plusieurs agences bancaires de la localité. Fort heureusement, aucune perte humaine ou matérielle n'est à déplorer. Le véhicule légèrement touché a pu continuer sa route grâce au sang-froid du chauffeur. Au moment de l'attentat, deux faux barrages ont été dressés sur l'axe routier reliant Mizrana à Tigzirt ainsi qu'à Haga. Selon une source sécuritaire, la sortie des terroristes à Haga n'était pas fortuite. Ils voulaient “accueillir” leur cible dans le cas où ils viendraient à rater leur premier guet-apens. Le scénario a failli se réaliser. Mais, les convoyeurs de fonds ont miraculeusement opté pour la route de Cheurfa pour rallier Tigzirt. Juste après cet attentat, une opération de recherche a été déclenchée par l'ANP. Pour rappel, un groupe terroriste se réclamant du GSPC avait ciblé un fourgon bancaire à Aïn El-Hammam le 14 juillet dernier. Bilan : trois morts et dix millions de dinars dérobés. A. T. Sfisef Assassinat d'un policier Un policier, âgé de 32 ans, a été assassiné à bout portant, hier soir, à la sortie est de la daïra de Sfisef. Cet attentat, survenu après une accalmie relative de plus d'une année, serait l'œuvre d'un groupe de 10 terroristes appartenant au GSPC et auteur d'une série d'attentats perpétrés contre la population dont le plus meurtrier reste celui de 1997 au cours duquel 9 enseignantes ont été sauvagement assassinées. Notons enfin que les éléments de l'ANP ont déclenché aussitôt une vaste opération de ratissage dans les monts boisés de Stamboul surplombant la localité de M'sid. B. HAKIM LAGHOUAT Un élément de la BMPJ décédé lors d'une opération de ratissage Un élément de la BMPJ de Laghouat, âgé de 34 ans, est décédé samedi dernier suite à un arrêt cardiaque, alors qu'il faisait partie des forces combinées en pleine opération de ratissage dans la région de Laghouat, a-t-on appris de sources crédibles. La victime a été transférée vers l'hôpital de Djelfa où un médecin légiste a confirmé la vraie cause de sa morte subite, à savoir une attaque cardiaque. LOTFI G.