Le Syndicat national des travailleurs de l'éducation nationale (SNTE) hausse le ton et menace de durcir son mouvement de protestation si la tutelle persiste dans son mutisme. “Nous ne serons plus pacifistes ! S'il faut arracher nos droits par la force, nous le ferons. Ils nous poussent à faire cela”, lance d'emblée le secrétaire national du SNTE, lors d'un point de presse tenu hier au siège du syndicat. Aït Hamouda, indigné par “la répression féroce” du sit-in des adjoints d'éducation, samedi, ne mâche pas ses mots en abordant le dossier des corps communs et des ouvriers professionnels de l'éducation. “Un mouvement de grève d'une semaine sera lancé ce matin par les corps communs. Si la tutelle ne répond pas favorablement à nos revendications, nous allons être contraints de faire venir tous les fonctionnaires de ce corps. Nous irons vers un exode vers la capitale.” Selon le conférencier, “les corps communs sont arrivés au point de non-retour. Les 120 000 corps communs du SNTE n'attendent que notre feu vert pour agir”. Et d'ajouter : “La coordination compte surprendre les autorités par une action de grande envergure dont la date ne leur sera pas communiquée pour qu'ils ne nous attendent pas aux portes de la capitale comme à chaque fois.” Aït Hamouda révélera plus loin que des dispositions seront quand même prises pour une marche vers la capitale. “Nous allons demander une autorisation au wali. Mais nous maintiendrons notre action quelle que soit la réponse.” Selon le même conférencier, la durée du débrayage, soit une semaine, n'est pas fortuit. “Nous avons opté pour une semaine de grève pour pouvoir paralyser totalement les établissements scolaires (collèges et lycées) pour faire sentir l'impact de l'action. 70% de ces fonctionnaires sont titulaires, le reste ce sont des contractuels qui peuvent remplacer les grévistes pendant deux ou trois jours, pas toute une semaine.” Les corps communs tablent sur une paralysie totale pour faire pression sur la tutelle. Justifiant leur action, le chargé de communication du SNTE dressera un tableau noir de la situation sociale de ce corps. “C'est la dégradation totale. Leurs salaires ne dépassent pas 18 000 DA. Ils n'ont pas les mêmes droits que les autres corps du secteur alors qu'ils y exercent.” à la question de savoir pourquoi les différents syndicats de ce corps n'unifient pas leurs actions, le conférencier dira : “Nous ne connaissons pas de syndicat des corps communs agréé. Le seul syndicat qui a pris en charge le combat des corps communs depuis des années, c'est le SNTE.” Les autres sont accusés “de vouloir casser le mouvement des corps communs”. Revenant, par ailleurs, sur le sit-in des adjoints d'éducation, réprimé samedi par les forces de l'ordre, le coordinateur national “dénoncera les interpellations au milieu des manifestants. Ils ont été embarqués dans des conditions humiliantes”. Loin d'être échaudés, les adjoints d'éducation comptent revenir à la charge prochainement. “La coordination convoquera un conseil national extraordinaire pour décider de la prochaine action”, note Fertaki. M.B.