Le ton est à l'optimisme à Fertial, cette entreprise mixte productrice d'ammoniac et de fertilisants, issue du partenariat entre le groupe algérien Asmidal et l'espagnol Grupo Villar Mir, dont les responsables parlent d'une excellente santé financière et d'amélioration constante des moyens de production de leurs installations de Annaba et d'Arzew. M. Jorge Requena Lavergne, qui est le directeur général de la Société des fertilisants d'Algérie, affirme que Fertial, qui produit 200 000 t d'engrais et 715 000 t d'ammoniac par an, a gagné des parts de marché considérables, tant à l'export que sur le marché intérieur, et qu'elle est à même de réaliser des prouesses si certaines contraintes d'ordre sécuritaire venaient à être levées. S'agissant des difficultés supposées de commercialisation des engrais Fertial en particulier, M. Requena sera catégorique : “Nous n'avons aucun problème sur ce plan. Nous avons vendu quelque 300 000 t d'engrais de toutes sortes en 2011 en Algérie, entre produits que nous fabriquons dans nos usines algériennes et produits que nous importons.” Et d'affirmer que l'entreprise est en mesure de produire, d'importer et d'écouler plus d'engrais, s'il n'y avait pas le problème des stocks. S'expliquant, le directeur général de Fertial évoque l'aspect sécuritaire et l'obligation de faire accompagner les cargaisons d'engrais par des escortes militaires à chaque expédition à destination des clients de son entreprise. “Nous sommes en mesure de produire beaucoup plus, mais sans pouvoir écouler au même rythme. Nous nous devons d'éviter les surstocks et l'exposition de nos produits aux aléas climatiques et à la détérioration”, dira-t-il. Ceci avant d'assurer que ses collaborateurs et lui-même connaissent parfaitement les goulots d'étranglement, qui sont indépendants de leur volonté, et qu'ils ont opté pour une gestion rationnelle de l'outil de production. M. Requena est toutefois convaincu que la contrainte du convoyage imposée par la conjoncture sécuritaire n'est que temporaire et il croit en des jours meilleurs. “Nous continuons d'introduire, chaque année, depuis 2005, des demandes auprès du ministère de l'Intérieur pour augmenter le nombre d'expéditions sécurisées, mais cette autorité explique que le moment n'est pas encore venu et qu'il nous faudra attendre. Nous comprenons parfaitement les motifs de refus et nous patientons”, argue notre interlocuteur. à la question relative à l'investissement, ce dernier répondra que le partenaire étranger qu'il représente a fait ce qu'il fallait et même plus. “Le pacte d'actionnariat nous obligeait à investir 163,5 millions de dollars sur 3 ans. Nous sommes arrivés à 220 millions de dollars sur 5 ans et ce n'est pas fini. Il est même arrivé que l'actionnaire minoritaire, Asmidal, nous reproche de continuer à investir, ce qui ne manque pas de nous surprendre. à mon tour de rétorquer que nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas investir régulièrement sur le process, au contraire, car ce serait préjudiciable pour la viabilité des équipements si nous ne le faisions pas”, devait-il asséner. Il rappelle que “Fertial a hérité d'installations extrêmement vétustes et que celles-ci travaillent avec des produits hautement corrosifs, tels que le chlore, les sulfuriques, les phosphoriques, ce qui fait que les pièces s'usent à une vitesse phénoménale, si on ajoute le fait que les deux unités algériennes sont implantées sur le littoral et qu'elles sont exposées aux sels marins. Je me dois de reconnaître que les investissements consentis ne sont pas inutiles, compte tenu du niveau de rentabilité de l'outil de production”. Selon ce responsable, des efforts considérables sont consentis dans le domaine de l'emploi, Fertial garantissant autour de 1330 postes de travail à plein temps à l'heure actuelle. Il nous apprendra que les effectifs des deux unités ont été augmentés de 153 postes à Arzew entre 2010 et 2011 et de 40 postes à Annaba, grâce à la mise en application d'un plan de formation visant à remplacer les départs en retraite. Autre objet de fierté de l'équipe dirigeante de Fertial, l'obtention par l'entreprise de la certification OHS 18001 en hygiène, sécurité et santé en 2011, ceci en plus du renouvellement durant la même année de toutes les autres certifications de qualité qu'elle détenait. “La direction nourrit également l'espoir de décrocher la certification ISO 17025 pour son laboratoire agronomique d'analyse des sols, des eaux et végétaux de Annaba, qui sera ainsi le seul établissement du genre à obtenir une telle distinction honorifique en Afrique”, informe M. Requena pour conclure. A A