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SEBTI MALLEM, ECRIVAIN ET CHERCHEUR EN HISTOIRE
"Il faut mettre en valeur le potentiel humain dans les Aurès"
Publié dans Liberté le 08 - 10 - 2013

Après son œuvre initiatique sur le chemin de l'écriture, le recueil Traits et portraits, paru en 1984, le fils d'Ighzar n'Taka est revenu au verbe en 2012, avec la publication d'une recherche historique consacrée à Isabelle Eberhardt. Rencontré lors d'une vente-dédicace organisée à Batna autour de l'ouvrage Isabelle Eberhardt ou l'éternelle énigme, l'auteur évoque ses recherches, ses projets et sa passion pour les mots et les Aurès.
Liberté : Après le récit et la poésie, vous changez de cap cette fois, avec la publication d'une recherche sur un parcours, un itinéraire, pourquoi ?
Sebti Mallem : C'est un peu l'urgence qui me dicte cela, car il est souvent utile de mettre de la lumière, mais aussi de déceler le vrai du faux, sans prétendre détenir la vérité. J'avais constaté autour de moi qu'on ne parle des Aurès et des Auressiens que lorsqu'il s'agit de guerre de Libération ou de hauts faits d'armes. Je ne considère pas cela comme étant mauvais ou négatif, mais l'Aurès a d'autres facettes cachées : celles de la plume, de la réflexion, du potentiel humain en matière de réflexion et de production littéraire, philosophique, etc. Donc, je me suis dit pourquoi ne pas prendre justement ce volet en charge.
Qu'en est-il de votre recherche sur le personnage fascinant d'Isabelle Eberhardt ?
J'ai consacré une année de recherche à cette femme que je considère comme exceptionnelle. Elle n'était pas spécifiquement auressienne, mais elle a vécu à Batna des années durant, plus exactement dans le quartier Zmala. J'ai eu à vérifier des dires et des propos, et j'ai tenté aussi de démêler le vrai de la légende.
Je me suis rendu à Genève (Suisse) où elle est née le 17 février 1877, mais aussi à Aix-en-Provence (France). Cette écrivaine a énormément bougé et voyagé, ce qui rend son parcours exceptionnel, mais aussi l'un des plus mystérieux, car les traces écrites la concernant sont souvent brouillées. Il y a plus d'affabulations que de vrai. Sur des registres officiels, des écrits se rapportant à sa vie ont été rayés ou tout simplement gommés. Un document officiel chahuté, ça ne fait qu'amplifier le mystère !
Le mystère enveloppant son personnage reste donc entier ?
Non, pas du tout. J'ai eu des réponses, et pas des moindres. Je confirme son passage à Batna, et cette confirmation est étayée par des lettres postées de la capitale des Aurès ou reçues dans cette même ville. Elle a résidé, comme je le disais, au quartier Zmala, dans la ville de Batna, qui a gardé le même nom. Isabelle Eberhardt a séjourné fort probablement dans la maison désignée par les habitants "Dar Roumia".
Elle a vécu longtemps avec un habitant de la ville, un certain Messaoud ; elle a aussi appris à s'exprimer en chaoui car, selon les documents, elle fréquentait plutôt les hommes que les femmes, et portait des habits masculins.
Son côté mystique est confirmé par ses lectures et son penchant pour le spirituel, ce qui lui donne beaucoup de similitudes avec le peintre Nasseredine Dinet, qui a vécu à Boussaâda. Isabelle Eberhardt a connu une fin tragique dans la ville de Aïn Sefra (wilaya de Naâma), emportée par une crue d'oued, le 21 octobre 1924, et elle est enterrée au cimetière musulman, car avant son décès, elle avait formulé le vœu de se convertir à l'islam.
Êtes-vous actuellement sur de nouveaux projets de recherches ?
D'ici la fin de l'année, je termine un nouveau travail, une sorte de roman segmenté, si je puis dire. En fait, connaissant les habitudes du lecteur algérien, je donne à lire par petites doses.
Le titre est encore à définir, mais le propos de mon roman a un rapport très fort avec l'amour, sans attendre aucune contrepartie, du pays. J'ai bien avancé aussi sur une sorte de biographie consacrée à Mohamed Ben Saï, un grand monsieur qui nous a quittés dans les années 1990, et qui était maître de conférences à la Sorbonne. Peu de Batnéens connaissent cette personnalité remarquable, et je me fais le devoir de lui donner, même à titre posthume, la place qu'il mérite.
Vous êtes trilingue (berbère, arabe, français). Le passage de l'arabe vers le français ne vous pose-t-il pas de problème ?
Pas du tout. Et bien avant moi, slalomer entre les langues était chose courante : Kateb Yacine (qui a écrit un roman en arabe consacré à la Kahina), Rachid Boudjedra, Tahar Djaout, etc.
Je crois que c'est un don pour les Algériens de pouvoir manipuler et jongler avec les langues, ce qui n'est pas chose facile.
Vous parlez de désenclavement ?
Effectivement, cela peut se faire par le savoir, et spécifiquement par la lecture. J'ai suivi la couverture de votre journal de la manifestation "Lire en fête", et c'est bien une forme de désenclavement des mentalités, une ouverture qui ne se fait pas à coups de bulldozers, mais de lettres, de volonté. Apprenons à lire, et les choses changeront, évolueront.
C'est une garantie. Je connais le relief de la région, les difficultés, qui ne sont certes pas celles des années d'après-guerre de Libération, mais il y a tout de même du travail à faire. Nous avons du pain sur la planche.
R. H.
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