"Nous avons, depuis 2010, interpellé à maintes reprises les autorités communales ainsi que le chef de la daïra de Haïzer, mais hormis des promesses, nous n'avons rien reçu." Les habitants de Haouch Thika, un ancien domaine agricole datant de l'ère coloniale et relevant de la commune de Haïzer, ont manifesté leur mécontentement suite à ce qu'ils qualifient de "politique de marginalisation" qu'ils subissent depuis des décennies. Ces citoyens, au nombre de 70 d'après leurs dires, vivent dans des conditions plus que misérables, au vu de l'état de ruine de leurs demeures. Le gaz, l'eau potable et le logement sont les revendications arborées sur les banderoles accrochées sur la RN33 menant vers la ville de Haïzer, distante de 4 km de ce haouch. D'après M. Nedjadi, il est inconcevable que la conduite de gaz naturel implantée à proximité de leur haouch ne desserve pas leurs foyers. "Nous avons, depuis 2010, interpellé à maintes reprises les autorités communales ainsi que le chef de la daïra de Haïzer, mais hormis des promesses, nous n'avons rien reçu", déplore ce père de famille. Pour M. Rebahi, un quinquagénaire résidant sur les lieux, il y a réellement péril pour les habitants : "Venez voir par vous-même, regardez ces maisons menaçant ruine. Les éléments de la Protection civile sont intervenus pour évacuer les familles habitant ici, moi-même j'ai une fille blessée par un pan de mur qui s'est effondré sur elle. Elle a eu la jambe fracturée, et jusqu'à aujourd'hui elle souffre encore des séquelles, pourtant nous n'avons pas été relogés dans des logements décents." L'absence d'eau potable est également une épreuve de plus pour ces familles qui continuent à aller chercher de l'eau dans un oued avec tous les risques de contaminations, car, en amont, plusieurs rejets d'assainissement y déversent des eaux usées. Interrogé sur le puits qui trône en évidence à proximité des taudis, les habitants nous diront que cette eau est impropre à la consommation. Pour rappel, ces mêmes citoyens avaient, fin 2013, bloqué la RN33 pour protester contre leurs conditions de vie, mais jusqu'à l'heure actuelle aucun changement, affirment-ils. Un poteau électrique en béton, datant de plusieurs décennies, toujours debout malgré son air incliné et s'effritant chaque jour davantage, met en danger les habitations des riverains. Ces derniers craignent qu'à la moindre intempérie les câbles électriques ne viennent tomber sur leurs toitures déjà fortement endommagées. L'absence de ralentisseurs sur le tronçon de la RN33 complique la situation pour les enfants scolarisés à Haïzer, qui doivent impérativement se faire accompagner par leurs proches pour éviter d'être victimes de chauffards. Une situation peu reluisante qui devrait interpeller les autorités concernées pour mettre un terme à ce qui est qualifié par les habitants de ce haouch de "non-assistance à personne en danger". Ces derniers, par ailleurs, n'excluent pas d'entamer une action de rue en bloquant la RN33 pour faire entendre leur voix si aucune démarche n'est entamée par les pouvoirs publics pour améliorer leur quotidien. Le maire de Haïzer, Chaâbane Meziane, interrogé sur cette situation, affirme que de nombreuses mesures ont été prises pour parer aux carences : "Le raccordement au gaz naturel de ce haouch ainsi que le village Aguentour est retenu pour la deuxième tranche, ainsi que l'éclairage public. Haouch Thika de même que la localité de Slim souffrent du manque d'eau potable et nous avons réalisé les études pour les alimenter. étant donné que nous ne pouvions inscrire ce projet dans le cadre du PCD, nous avons transmis ce dossier à la direction de l'hydraulique qui est en charge de ce problème. De même, j'ai personnellement alerté les services de la wilaya sur les risques de MTH qui peuvent surgir à tout moment." H. B Nom Adresse email