Un ancien maquisard, M. Kemikam, remet en cause la version du massacre de la population du village Oudjehane, le 11 mai 1956, rapportée dans le livre de l'historienne française Claire Mauss-Copeaux, La source. Mémoire d'un massacre ; Oudjehane 11 mai 1956, publié au mois de mai dernier par les éditions Media Plus. L'auteur y affirme que la population a tué un parachutiste qui tentait de violer une jeune fille du village. Une expédition punitive est ordonnée en conséquence par les colons. Originaire de la région, M. Kemikam a été envoyé par son unité de combat, quelques heures après le massacre, s'enquérir de la vérité. "Béni Oudjehane avait une petite cellule politique et un groupe de quinze combattants. Il vadrouille la journée et le soir, chacun rentre dormir chez lui. Ce jour-là, un permissionnaire qui avait fait la grâce-matinée s'est réveillé en catastrophe par le passage de parachutistes. Il est sorti devant la maison et a tiré. Il a tué un soldat et en a blessé un autre puis il s'est enfui. C'est après cela que l'armée française a commis le massacre", raconte-t-il. "Les militaires français ont rassemblé les hommes, puis les ont mitraillés. Ils se sont acharnés ensuite sur les femmes et les enfants. Le massacre de 90 personnes désarmées a été justifié en les assimilant à des rebelles. C'est la version qu'on retrouve dans le livre", poursuit-il. Dans ses mémoires, deux chapitres ont été consacrés à ce massacre.