"La position du Front des forces socialistes sera rendue publique, dans les jours à venir, quant à la révision de la Constitution", a déclaré hier, Mohamed Nebbou, secrétaire général du FFS, lors d'un congrès fédéral du parti à Constantine. Il précisera dans ce contexte que la position du parti de l'opposition, sera connue avant la convocation des deux chambres pour l'adoption de la révision de la Constitution, le 3 février prochain. Lors de cette rencontre avec les militants de la wilaya de Constantine, le premier secrétaire du FFS est revenu sur l'avant-projet de la Constitution qu'il a qualifié de "violence des droits du peuple". En s'adressant aux membres de la fédération de Constantine, Mohamed Nebbou a estimé, en effet, que le projet en question n'est pas une solution à la crise actuelle dans notre pays, mais au contraire, il va en créer d'autres dans les années à venir. "Ce n'est pas le nouveau texte de la Constitution qui réglera le problème ni n'apportera de réponse aux causes de la crise", explique-t-il. Tout en ajoutant que l'Algérie souffre d'une crise de légitimité, de confiance et de gouvernance en plus d'une crise économique. Mohamed Nebbou poursuit sur sa lancée en déclarant que "le pouvoir en place n'a ni les moyens ni l'intention de rompre avec les pratiques qui sont à l'origine de la crise et la situation actuelle du pays". Par ailleurs, prenant la parole, hier, au congrès fédéral du FFS à Oum El-Bouaghi, Rachid Chabat, député et membre du secrétariat national du parti, a souligné que "la situation est négative, parce que le pouvoir a cassé tous les ponts de la culture politique et continue à essayer d'éloigner le peuple de la pratique politique". À propos de la position du FFS sur le projet de révision constitutionnelle, il reviendra d'abord sur la position du parti en 1963 avant de dire que "la décision sera prise d'une manière définitive dans les tout prochains jours". Cependant, il ressort des propos qui ont suivi que le FFS va vers une option "d'opposition à la révision constitutionnelle". "Au FFS, nous appelons à casser le parcours de violence constitutionnelle, nous ne pouvons cautionner un projet de révision constitutionnelle qui n'est pas cautionné par le peuple", lance le conférencier. De son côté, Ali Laskri, qui a présidé l'assemblée générale élective de la fédération locale du FFS à Chlef, a fait savoir que rien ne va dans le pays. En effet, en évoquant à chaque fois, avec émotion et ferveur, le parcours du regretté Da L'Hocine depuis sa sortie du lycée pour rejoindre les rangs de l'ALN jusqu'à sa mort, Ali Laskri a expliqué que la situation que connaît actuellement notre pays était prévisible dès 1962. Ali Laskri a longuement évoqué, dans son discours, le consensus national qui doit être établi entre l'ensemble des Algériens et leurs dirigeants. Le dirigeant du FFS dira également que l'Algérie connaît un retard d'une cinquantaine d'années dans tous les domaines en raison de l'obstination de ses dirigeants qui s'accrochent davantage au pouvoir et "qui doivent prendre exemple sur Nelson Mandela" ce qui n'est pas le cas chez nos politiques "qui viennent, une nouvelle fois, de nous surprendre avec l'annonce du projet de révision de la Constitution que nous qualifions, pour ce qui nous concerne, de violence contre notre peuple". S. BETINA/B. NACER/A. CHENAOUI