Le manque de volonté politique des autorités maliennes constitue un des points de blocages que les ex-rebelles et la médiation internationale ont pointé du doigt ces derniers mois. Le gouvernement malien, les membres de la médiation internationale et les groupes politico-armés du nord du Mali se retrouvent aujourd'hui à Bamako, à l'occasion de la célébration du premier anniversaire de la signature de l'Accord de paix et de réconciliation qui coïncide avec la date du 20 juin. Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra sera présent à Bamako pour tenter de donner un nouveau souffle à un accord qui demeure fragile. "Il y a une volonté et une large vision stratégique pour accélérer le rythme de mise en œuvre de l'accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, par l'ouverture de nouvelles perspectives et une coopération étroite et par une plus forte participation des parties signataires de l'accord: le Gouvernement et les mouvements maliens", a affirmé M. Lamamra dans une déclaration à la presse à l'issue d'une rencontre avec le représentant de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), Bilal Ag Cherif. "Au regard de ce qui a été entrepris précédemment à travers les visites de responsables maliens de la Coordination, de la Plateforme et du gouvernement, nous pensons que le premier anniversaire de la signature de l'accord constituera l'occasion d'un nouveau départ dans le même esprit constructif visant à concrétiser toutes les exigences de paix et de réconciliation", a ajouté M. Lamamra à l'APS. Les déclarations de Ramtane Lamamra interviennent, en effet, quelques jours après la tenue d'une réunion cruciale avec les représentants de la CMA et de la Plateforme à Alger, qui avaient conditionné leur réintégration au Comité de suivi de l'Accord d'Alger (CSA) par la mise en place, en premier lieu, des autorités intérimaires dans le nord du Mali, avant le début de l'opération de démobilisation-désarmement-réintégration (DDR) des membres de l'ex-rébellion. Bien que le gouvernement malien ait fini par céder à cette revendication, lors de la neuvième session du CSA qui a eu lieu à Bamako le 13 et 14 juin, la question sur l'applicabilité de la mise en place des autorités intérimaires se pose avec acuité. Car le contexte sécuritaire, les rivalités individuelles et intercommunautaires ne faciliteront pas les choses sur le terrain, estiment de nombreux observateurs. Parallèlement, la situation sociale des populations, confrontées à des difficultés en tout genre (manque d'eau, d'électricité, etc.) met davantage de pression sur les signataires de cet accord, dont la mise en œuvre nécessite aussi la mobilisation d'importants moyens matériels et financiers, en attente d'être totalement débloqués. Ainsi, si Ramtane Lamamra se montre optimiste, dans les coulisses les tensions sont grandes entre les parties concernées par l'application de l'accord de paix qui s'accusent mutuellement d'entraver la bonne mise en œuvre de ce processus. Dans son discours devant les membres du Conseil de sécurité, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, le diplomate tchadien Mahatmat Saleh Annadif a tiré la sonnette d'alarme sur la situation qui prévaut au Mali. "L'évolution de la situation demeure malheureusement toujours préoccupante. Plusieurs facteurs justifient cette préoccupation", avait déclaré l'envoyé spécial au Mali de Ban Ki-moon et chef de la mission de maintien de la paix onusienne Minusma. "Un an après la signature de l'Accord de paix, force est de constater que ni les signataires, ni encore moins la médiation internationale, ne sont satisfaits du rythme d'exécution de sa mise en œuvre", a-t-il regretté, ajoutant que "cette lenteur, difficilement compréhensible, est en train de compromettre tout le processus, notamment la mise en place des patrouilles mixtes". Lyès Menacer