L'"Acte X" des manifestations organisées par le mouvement des "gilets jaunes" en France, tous les samedis, a été marqué par de nouvelles tensions avec les forces de sécurité, a-t-on constaté. Intervenant en pleine tenue du fameux "grand débat national", lancé par le président français Emmanuel Macron, cette dixième manifestation a connu dès les premières heures de l'après-midi quelques accrochages entre les manifestants et les forces de la police qui a usé des gaz lacrymogènes pour empêcher toute tentative de rassemblement, comme cela était le cas à Lyon ou encore à Rennes et à Lille. Sur les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, la police a poursuivi des "gilets jaunes" dans les étroites ruelles donnant sur la place Bellecour à Lyon. À Rennes, un manifestant a été grièvement touché par une bombe lacrymogène, selon les médias locaux, nécessitant l'intervention des pompiers et du Samu pour l'évacuer. Contrairement aux prévisions, après le lancement par M. Macron du dialogue national, la mobilisation des "gilets jaunes" ne faiblit pas pour ce deuxième samedi de 2019. Ces derniers affirment n'avoir aucune confiance en le gouvernement et surtout en la personne du président duquel ils exigent de démissionner. Enclenché il y a deux mois en protestation contre la hausse des prix du carburant, le mouvement des "gilets jaunes" a viré vers une mobilisation sociale d'envergure qui dénonce la politique du pouvoir en place. Après avoir fait la sourde oreille, l'Elysée a fini par céder à la pression populaire en faisant quelques concessions sans réels effets sur le quotidien des Français de la classe moyenne, tout en évitant de s'attaquer aux plus riches qui bénéficient des mesures de l'impôt sur la fortune (ISF). Les "gilets jaunes" reprochent au président, entre autres, de ne pas écouter leurs revendications. Ce pourquoi beaucoup prédisent l'échec de l'initiative de Macron d'engager un débat profond avec les Français. L. M.