Comment comprendre qu'un élève qui a suivi une filière scientifique au lycée puisse, par la vertu de ce fameux logiciel d'orientation du ministère de l'Enseignement supérieur, se voir relégué dans une filière littéraire pour laquelle il n'a aucune aptitude ? Comme la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a, le ministère de l'Enseignement supérieur ne peut offrir que les places pédagogiques dont il dispose. C'est-à-dire que les orientations des nouveaux bacheliers vers les différentes filières doivent se faire en fonction des critères préalablement établis. C'est là un principe qu'il serait malvenu de discuter, sauf à vouloir faire preuve de démagogie et encourager la médiocrité, dont le niveau est assez avéré dans notre système d'enseignement. Mais cela ne doit pas empêcher la dénonciation des aberrations abracadabrantesques du système d'orientation qui se veut pourtant scientifique. En effet, comment comprendre qu'un élève qui a suivi une filière scientifique au lycée puisse, par la vertu de ce fameux logiciel d'orientation du ministère de l'Enseignement supérieur, se voir relégué dans une filière littéraire pour laquelle il n'a aucune aptitude ? Il ne s'agit pas de satisfaire tous les vœux, mais il y a des aberrations qu'aucune argutie de responsables ne peut justifier. C'est ce bricolage, car c'en est un, qui doit être dénoncé. Car en plus de briser l'étudiant “désorienté”, il jette aussi le discrédit sur les filières littéraires qui apparaissent comme un fourre-tout pour le menu fretin, alors que c'est loin d'être le cas dans les pays où les sciences humaines éclairent l'évolution des sociétés. Mais au-delà de ces aberrations, c'est de savoir que certains bacheliers, dont les parents ont les relations qu'il faut où il faut, ont toute latitude de s'inscrire où bon leur semble. Au grand dam de cet inénarrable logiciel dont on oppose l'implacable logique aux “fils du pauvre”. N. S.