Rien que depuis début juillet, les autorités tunisiennes affirment avoir mené des dizaines d'opérations de sauvetage ou d'interception de barques transportant des migrants tunisiens et subsahariens, dont des nourrissons. Plus d'un millier de migrants sont arrivés en l'espace de trois jours sur l'île italienne de Lampedusa, ont rapporté les médias italiens et des ONG, alors que du côté espagnol plus d'une centaine d'autres migrants ont été interceptés par l'armée royale marocaine et renvoyés au Maroc, il y a moins d'une semaine, selon les médias locaux. À Lampedusa, les ports locaux ont accueilli une quinzaine de bateaux, transportant quelque 300 migrants, dans la nuit de mercredi à jeudi, ont rapporté les agences de presse, soulignant que plusieurs autres barques ont aussi été comptabilisées, avec à bord six à huit migrants, en provenance de Libye ou de Tunisie principalement. Selon les médias italiens, on dénombre 240 arrivées mercredi 23 juillet et 294 le lendemain. Un chiffre qui s'ajoute aux 750 migrants déjà présents dans un centre d'accueil débordé, alors que sa capacité d'accueil n'est que de 95 places, selon le site spécialisé Info Migrants. Hier, la marine tunisienne a fait état de l'arrestation de 154 migrants durant les dernières 24 heures, au départ des côtes tunisiennes du centre du pays (Sfax, île de Kerkennah), dont un garçon de 5 ans et deux filles, selon le porte-parole de la région centrale de la Garde maritime, le commandant Ali Ayari, cité par la presse locale. La même source a expliqué que depuis le début du mois de juillet en cours, 1 150 Tunisiens, en majorité des jeunes, ont été arrêtés pour tentative d'immigration clandestine, ainsi que 160 migrants subsahariens. Ce chiffre n'est qu'une goutte d'eau dans un océan, puisque, depuis le début de l'année jusqu'au 22 juillet, le nombre de Tunisiens officiellement accueillis sur l'île de Lampedusa est de 3 000 personnes, ce qui représente 20% des 10 463 migrants qui ont pu débarquer sur cette île italienne depuis le début de l'année, selon des données officielles. On est loin des 3 428 migrants qui ont débarqué sur cette île en 2019, durant la même période de l'année. La crise socioéconomique que vit la Tunisie et l'insécurité croissante en Libye ont encouragé la reprise des départs en mer en direction de l'Italie. Mais ce pays du sud de l'Europe n'est pas le seul à subir cette pression migratoire qui partage l'Union européenne, incapable de s'entendre sur une politique de solidarité commune dans la gestion de ce dossier, d'une part, et d'apporter une véritable solution à un drame humain qui dure depuis des années. Mardi dernier, huit migrants ont péri près des côtes du détroit de Gibraltar, où la marine marocaine était en opération de sauvetage d'une barque de fortune qui a fait naufrage, avec à son bord une centaine de migrants, a indiqué la presse espagnole. Cela, sans compter les 91 migrants subsahariens qui ont été secourus au large des îles Canaries (Espagne), dans l'océan Atlantique, malgré les restrictions de circulation imposées par les autorités marocaines et espagnoles dans ce contexte de lutte contre la pandémie de coronavirus. Pour rappel, en 2019, les autorités espagnoles ont signalé environ 74 000 tentatives d'immigration clandestine, mais cela n'a pas empêché plus de 32 500 migrants d'entrer en Espagne, ce qui représente la moitié du chiffre annoncé en 2018. Si le flux a baissé, c'est en raison du soutien financier accordé par l'UE au Maroc (140 millions d'euros), dans le cadre d'un programme de lutte contre l'immigration clandestine.