RESUME : La confrontation a tourné à l'avantage de son beau-père. Warda le méprise. Il est joyeux, heureux d'avoir gagné son fils à sa cause. Pour ce dernier, il est une victime. Warda décide de ne pas baisser les bras. Elle va mettre au courant ses belles-sœurs… -Mais tu es folle ! Mon père… ? Warda n'est pas surprise par leur réaction. Elles sont sous le choc. Elles n‘en reviennent pas. Et tout comme Mehdi, elles ne la croient pas. Après ce qu'elle a vécu la veille, cette fois Warda n'est point peinée. Elle ne peut pas le leur reprocher. Elles sont jeunes et c'est l'unique parent qui leur reste. En plus, elles sont accaparées par leurs études. Elles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Mais qui croirait que le gentil et serviable Ramdane puisse être capable d'autant de bassesse ? Personne. La jeune femme le voit presque jubiler lorsque ses filles s'éloignent d'elle. Leur relation chaleureuse en a pris un coup. - Tant pis ! se dit-elle. Il fallait bien qu'elles le sachent… Elle sait qu'il leur faudra du temps pour que leur relation redevienne comme avant. Le temps les aidera à oublier. Elle l'espère. Warda ne change rien à ses habitudes même si elle se sent seule. Elle s'occupe de la maison et des repas. Ses journées ressemblent à celles d'une bonne. Son beau-père et ses filles ne mangent plus en même temps qu'elle. Elle dîne toujours après eux, pour pouvoir ranger la cuisine avant de se coucher. Elle s'enferme dans sa chambre, en l'absence de son mari. Ce dernier ne semble pas avoir digéré sa déception. Il n'est pas revenu. Un soir, elle découvre que la serrure de la porte de sa chambre est bloquée. Elle ne peut plus la fermer à clef. Alors, elle pousse sa coiffeuse chaque nuit, pour bloquer l'entrée. Son beau-père est plein de ressources. Elle ne se fait aucun doute. Il est l'auteur de la serrure fracturée. Warda est épuisée. Moralement. Au bout de quelques jours, elle a des difficultés à se lever le matin. Pourtant l'envie ne manque pas. Ce n'est qu'en milieu de journée qu'elle parvient à se traîner hors du lit. Elle trouve la coiffeuse à sa place alors qu'elle a un vague souvenir d'avoir bloqué la porte de sa chambre. Elle se rend à la salle de bains et la toilette lui fait du bien. Seulement, ses jambes sont de coton. Warda marche en s'accrochant aux meubles ou aux murs, de crainte de tomber. - Mais qu'est-ce qui m'arrive ? se demande-t-elle. Arrivée à la cuisine, elle ouvre la fenêtre et respire profondément. Elle a la sensation d'étouffer. Si elle en avait la force, elle sortirait dans le jardin. Qu'est-ce qu'elle ne ferait pas pour retrouver sa forme d'avant ! Elle a envie de café. Il y en a dans la cafetière. Elle se sert dans une grande tasse et la boit sans sucre. Mais cela n'a aucun effet sur elle.Des bruits de pas derrière elle la force à se lever, croyant que c'est son beau-père. Mais c'est Mehdi. Il est enfin rentré. Après tout ce temps... - Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Est-ce que tu t'es vue dans une glace ? l'interroge-t-il. - Oui… Si j'avais su que tu venais, je me serais arrangée, répond-elle en déposant sa tasse de café, dans le fond de l'évier avant de s'écrouler à ces pieds. - Warda ! Warda… Mehdi la prend dans ses bras et la porte au salon avant de courir chercher un médecin. Il est affolé car elle n'a pas repris conscience… A.K (à suivre)