La dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) est porteuse d'une bonne nouvelle : le nombre des cas de paludisme d'importation enregistrés en France n'a pas dépassé 3.560 en 2011. C'est 25 % de moins qu'en 2010. Pour tous ceux qui œuvrent en faveur de la prévention, c'est un progrès majeur. «Les raisons de cette décroissance du paludisme sont nombreuses», a indiqué le Pr Eric Caumes (Pitié-Salpêtrière, Paris) dans l'éditorial de ce BEH. Président du Comité des maladies liées aux voyages dans le cadre du Haut Conseil de Santé publique (HCSP), il estime que «cette baisse peut correspondre à la situation observée localement». Par exemple, la chute spectaculaire du paludisme aux Comores explique la diminution importante (-82 %) des cas de paludisme importés de ce pays. «La large mise à disposition de moustiquaires imprégnées d'insecticides a certainement contribué à la diminution du paludisme dans les pays d'endémie», a-t-il ajouté. Toutefois, la prudence reste de mise. «Le parasite du paludisme n'a probablement pas dit son dernier mot. Il reconquiert de nouveaux territoires comme la Grèce. L'anophèle transmetteur n'est pas en reste. Il s'est déjà adapté aux moustiquaires imprégnées d'insecticides», a-t-il souligné.