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L'analogie à la grande dépression
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 05 - 2009

La plupart des commentaires sur la crise économique actuelle font souvent référence à la Grande Dépression. Dans ses dernières « Perspectives de l'Economie Mondiale », le FMI analyse explicitement cette analogie, non seulement à la lumière de l'effondrement de la confiance financière, mais aussi à celle du déclin rapide des échanges internationaux et de l'activité industrielle.
L'histoire, plus que la théorie économique, est en général plus à même de permettre l'interprétation d'évènements déconcertants et donc imprévisibles.
La plupart des analogies à la Grande Dépression se réfèreent presque toujours à l'année 1929. Mais la Grande Dépression a développé deux pathologies très différentes ; chacune avec des diagnostiques différents impliquant des traitements différents.
La première et la plus connue de ces pathologies fut le crash boursier d'octobre 1929 aux Etats-Unis. Aucun autre pays n'a connu une panique boursière d'une telle ampleur, en grande partie parce qu'aucun autre pays n'a connu une flambée des actions telle que de nombreux Américains, de tous bords, se sont lancés dans la spéculation financière.
La seconde pathologie a joué un rôle décisif dans l'évolution de cette crise : une mauvaise récession s'est transformée en Grande Dépression lorsque durant l'été 1931, un certain nombre de banques d'Europe centrale a paniqué, provoquant une contagion en Grande Bretagne, puis aux Etats-Unis et en France, et enfin dans le monde entier.
La panique de 1929 se retrouve au c_ur de toutes les analyses sur la dépression pour deux raisons singulières. Tout d'abord, personne n'a réussi à expliquer l'effondrement boursier de 1929 de façon rationnelle, prenant en compte les réactions des acteurs du marché face à un évènement particulier. Donc le crash est un puzzle intellectuel et les économistes peuvent bâtir leur réputation en essayant de formuler des explications originales.
Certains en concluent que les marchés sont tout simplement irrationnels. D'autres s'échinent à trouver des modèles compliqués, selon lesquels les investisseurs auraient pu prévoir la Dépression, ou envisager l'éventualité de réactions protectionnistes d'autres pays en réponse aux droits de douane américains alors même que les Etats-Unis n'avaient pas finalisé de législation en ce sens.
La seconde raison pour laquelle 1929 a été un thème récurrent des commentateurs tant universitaires que politiques, est qu'il constitue une excellente occasion pour prendre des décisions politiques majeures. Les Keynésiens ont pu démontrer que les incitations budgétaires peuvent contribuer à rassurer les marchés et donc à ranimer la confiance générale. Les Monétaristes donnent une version alternative, quoique parallèle, qui consiste à dire qu'une croissance monétaire stable limite les risques de perturbations extrêmes.
Le crash de 1929 n'avait pas de cause évidente, mais deux solutions très plausibles. C'est tout l'inverse pour ce qui est du désastre bancaire européen de 1931. Il n'y a aucune gloire à trouver des explications originales pour en expliquer les causes : l'effondrement était dû à la faiblesse financière de pays dont les politiques inadaptées engendraient une hyper-inflation, ce qui a déstabilisé les banques. Cette vulnérabilité intrinsèque augmentait les risques de chocs politiques ; les désaccords sur une union douanière de l'Europe centrale et sur les réparations de la guerre ont suffi à faire effondrer le château de cartes.
Mais il a été très dur de réparer les dégâts. Il n'y avait (et il n'y a) pas de réponses macroéconomiques évidentes à la détresse financière, contrairement à 1929.
Certains macro économistes réputés, dont Larry Summers, principal conseiller économique de l'administration Obama, ont essayé de minimiser le rôle de l'instabilité du secteur financier dans la récession. Les réponses, si elles existent, consistent en un long et douloureux nettoyage des bilans, et en une restructuration microéconomique qui ne peut simplement être imposée d'en haut par un planificateur omniscient, mais qui exige que le monde des affaires et les individus changent de perspectives et de comportement. Améliorer les règles et la vigilance est une bonne idée en soit et peut contribuer à éviter de futures crises ; mais cela ne permet pas de faire face aux conséquences d'une catastrophe qui a déjà eu lieu.
Toutes ces réflexions sur la crise de 1929 peuvent laisser à penser que les solutions sont évidentes. Mais la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 était un évènement semblable à celui de 1931 - évocation d'un monde économique dépressif. L'effondrement des banques autrichiennes et allemandes n'aurait pas pu entraîner le monde d'une dépression à une récession si ces pays avaient été isolés ou indépendant économiquement. Mais ils ont bâti leurs économies sur des emprunts d'argent - principalement à l'Amérique - dans la seconde moitié des années 20.
Cette dépendance rappelle la façon avec laquelle l'argent des pays émergents, principalement de l'Asie, a afflué aux Etats-Unis dans les années 2000, laissant croire à un semblant de miracle économique parce que la Chine proposait des prêts. L'effondrement des banques en 1931, et en septembre 2008, a mis à mal la confiance du créancier international : les Etats-Unis à l'époque, maintenant la Chine.
Il est difficile de tirer les leçons de la lente et douloureuse reconstruction des banques et de la dépendance sur un grand pourvoyeur de capitaux extérieur. Pendant fort longtemps, il a été beaucoup plus aisé de se rassurer en se convainquant que la communauté internationale avait appris à éviter un effondrement du style de celui de 1929, et que les banques centrales internationales l'avaient prouvé en 1987 ou 2001.
Les gouvernements méritent certainement des félicitations pour avoir calmé le jeu, et donc pour avoir contribué à éviter que la situation n'empire. Mais il est déconcertant de constater que les responsables proposent des politiques simples - sinon simplistes, donnant à croire que nous pourrions éviter une longue période d'ajustements économiques difficiles.
Traduction : Frédérique Destribats
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*Professeur d'histoire et d'affaires internationales à la Woodrow Wilson School de l'université de Princeton et Professeur d'histoire à la European University Institute à Florence


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