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Des désaccords de fond entre Alger et Rabat aggravés par les maladresses: Bouteflika et Mohammed VI version Wikileaks
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 02 - 12 - 2010

Aucune grosse révélation dans les câbles des diplomates américains à Alger et Rabat fuités par Wikileaks mais la confirmation de désaccords de fond qui s'aggravent au gré des maladresses diplomatiques.
Mohammed VI semble avoir cessé d'intéresser Bouteflika en 2005 quand dans un geste spectaculaire mais vain il a décidé à l'ultime minute de faire annuler une visite programmée d'Ouyahia à Rabat. Pas de casus belli mais un froid persistant depuis.
La relation entre le président Abdelaziz Bouteflika et le roi Mohammed VI a sans doute définitivement tourné à l'inimitié lorsque le 17 juin 2005, le ministère marocain des Affaires étrangères a annoncé, à la toute dernière minute, qu'une visite prévue d'Ahmed Ouyahia au Maroc était «inopportune». Le geste que même les divergences durables sur le Sahara Occidental ne pouvaient justifier était inélégant. Et on le devine aujourd'hui à la lecture des câbles diplomatiques américains, révélés par Wikileaks (accessibles via le site d'El Pais) totalement contreproductif. C'est l'équivalent diplomatique du coup de 1994 où les Marocains ont accusé, totalement à tort, les services algériens d'être responsables d'un attentat dans un hôtel à Marrakech. La décision marocaine, indubitablement celle du roi, a été reçue comme un «affront» par Abdelaziz Bouteflika qui a expliqué à Jacques Chirac et George Bush qui intercédaient pour Mohammed VI que quand ce dernier était enfant, lui était déjà un «vétéran» de la diplomatie. «Je ne suis pas Jésus, je ne vais pas tendre l'autre joue», a déclaré le président Abdelaziz Bouteflika qui, sans savoir que Wikileaks se chargera d'en faire la diffusion, a livré crûment son opinion sur le roi marocain. «Je ne serrerais pas la main du roi» a déclaré le président Bouteflika en juin 2006 à Frances Townsend Fragos, conseillère de George W Bush pour les affaires de sécurité. Il a estimé que Mohammed VI n'était «pas ouvert et n'avait aucune expérience».
Bouteflika n'a pas le «même sens de l'humour» que M VI
Tout le contraire de son père, Hassan II ou de son frère Moulay Rachid avec lequel il a «bavardé et plaisanté avec bonheur… Je ne peux pas faire la même chose avec le roi car nous n'avons pas le même sens de l'humour». Abdelaziz Bouteflika dit croire au dialogue pour résoudre les différends mais qu'il ne croit pas au «dialogue entre lui-même et Mohammed VI». Le roi marocain a été moins expansif que le président algérien mais son explication des raisons qui motivent le refus d'Alger d'ouvrir les frontières est d'une trivialité…royale. Il a ainsi déclaré, le 19 août 2005, au sénateur Dick Lugar, que Bouteflika n'ouvre pas les frontières «car il craint que des millions d'Algériens n'aillent au Maroc» car l'Algérie n'est pas «attrayante». Ce n'est, bien entendu, pas la bonne raison, le gouvernement algérien n'étant pas gêné par le déferlement estival régulier des Algériens vers la Tunisie où ils trouvent des conditions plus «attrayantes». Le roi a semblé aussi jouer sur le thème de la sécurité cher aux Américains en déplorant le manque de coopération avec l'Algérie lors d'une rencontre avec David Welch. «Malgré les possibilités évidentes de coopération le président Bouteflika [...] a préféré le statu quo « a déploré Mohammed VI en rappelant qu'il s'était rendu en 2005 à Alger pour «essayer de sortir de l'impasse» mais que son geste n'a pas eu de réciprocité.
Pas de guerre pour le Sahara
Le Roi, explique le journal El Païs qui fait partie des journaux «élus» par Wikileaks au traitement des câbles, a loué «naïvement» les «efforts inlassables» de Larbi Belkheir, ancien ambassadeur à Rabat, pour améliorer les relations alors qu'il était un des plus critiques à l'égard du palais royal dans les discussions avec les Américains. Les collaborateurs du roi sont plus expansifs que lui et dressent à Christopher Ross, l'image d'une Algérie où le pouvoir est entre les mains de «généraux dogmatiques» «pétrifiés» par le plan d'autonomie pour le Sahara. En lisant les câbles de Wikileaks, les Marocains pourront découvrir que Bouteflika partage le point de vue des «généraux dogmatiques» et signifie très clairement – cela est souligné par l'ambassadeur Robert Ford – qu'il n'exercera pas de pressions sur les Sahraouis. «Si je pouvais résoudre le problème je le ferais mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis.» Ce qu'il faut c'est que «le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l'aide des Américains». L'Algérie défendra l'autodétermination même si elle serait le dernier Etat au monde à le faire a-t-il fait remarquer en soulignant qu'il permettait à peine aux Sahraouis de s'occuper des ordures. Pour Bouteflika, les Marocains ont fait l'erreur de lier la sécurité du trône au Sahara Occidental. Au lieu de faire une approche «élégante» en acceptant l'indépendance du Sahara qu'ils auraient pu «contrôler» ou «superviser», ils veulent «un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït».
La France n'a pas de rôle à jouer
Les diplomates américains mettent aussi en exergue l'affirmation du président Bouteflika que le Sahara Occidental ne sera pas un casus belli avec le Maroc. Il indique qu'en 1999, l'armée et les services ne partageaient pas ce point de vue. Les câbles confirment aussi l'appréciation des responsables algériens sur la disqualification de la France dans toute participation à une éventuelle solution au Sahara Occidental. La France «n'a jamais vraiment accepté l'indépendance algérienne» et tente de régler ses comptes avec l'Algérie «en appuyant le Maroc» a déclaré en 2007 le président algérien Bouteflika, selon des mémos diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks. Les Français, «du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit». Les câbles montrent, par ailleurs, les efforts déployés par les Marocains pour convaincre les Américains de l'existence d'un lien entre le Polisario et Al Qaïda. Sans succès. Les diplomates américains constatent un véritable souci du Polisario à se prémunir d'un tel risque. Les câbles fuités n'apportent pas de révélations mais ils donnent à voir clairement la grande distance qui sépare les responsables algériens et marocains.


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