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Maîtriser les coûts à Sonatrach : il faut d'abord le vouloir
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 08 - 06 - 2017

Lors de sa visite qu'il a effectuée le 31 mai dans la wilaya d'Illizi, le nouveau PDG de Sonatrach a appelé l'ensemble des travailleurs et notamment les cadres à cette occasion à redoubler d'effort non seulement pour plus productivité mais surtout à la maitrise des coûts. Il a ainsi tiré définitivement un trait sur un baril à 150 dollars pour le situer dans une fourchette de 40 à 50 dollars. Selon sa théorie, gagner en coût de production contribue grondement à limiter les dégâts de la baisse drastique du prix sur les marchés pétroliers et, partant gaziers. Ce qu'il déclare parait logique mais tous ces prédécesseurs ont commencé leur règne par dire la même chose mais cela est resté un vœu pieux. Ce qui est curieux et probablement relève de la propagande, c'est que cette déclaration tout à fait banale et générique pour le commun des Algériens a été reprise le lendemain par tous les médias étatique et notamment ceux de la radio pour en faire un spot toutes les heures comme si ce PDG vient d'attraper un lion par sa queue.
Pourquoi la maitrise des couts dans cette entreprise restera utopique ?
1- La Gestion de Sonatrach continue à relever de la sphère politique depuis sa création
Historiquement les dirigeants de Sonatrach gèrent par injonction étant donné le caractère vital de cette entreprise pour l'économie nationale et notamment comme une réserve d'emplois. Conséquence : elle est devenu avec le temps un asile de pléthore de personnels qui forgent par un acquis considérable leur opérationnalité de terrain pour être récupérés par ses concurrents sur le dos des dépenses publiques consenties pour leur formation. Le résidu qui n'a pas pu intégrer les entreprises multinationales constitue le sureffectif qui augmente ses couts à vie. Ce sureffectif est la conséquence directe de la politique de plein emploi menée dés la promulgation du premier plan triennal et qui prévoyait l'emploi de toute la population masculine algérienne .Ceci paraissait logique étant donné le sens même de la révolution armée qui aspirait à l'épanouissement du citoyen algérien après une souffrance de plus d'un siècle d'indigénat. Les sociétés nationales restructurées avaient des objectifs politiques, celui de servir d'assise à l'indépendance économique de l'Algérie. Il était donc demandé aux salariés de les défendre comme des acquis de cette nouvelle bataille après celle armée. Parler donc comme l'ont fait ces technocrates de rentabilité et sur la base de simples opinions «mimétistes» les a dérouté. Les objectifs deviennent peu clairs, l'Etat qui assurait aux salariés presque tout (emploi, salaire, logement, règle leurs problèmes sociaux etc.) se désengage progressivement de leur environnement. L'erreur réside dans le fait d'avoir imposé un traitement économique aux problèmes du sureffectif alors qu'il est principalement et éminemment politique. Il s'agissait d'affectation arbitraire, de reconversion forcée voire de dislocation sociale. L'alliance est donc rompue. Sont apparues des fissures dans la cohésion sociale qui ont permis aux dysfonctionnements qu'on est entrain de subir aujourd'hui, de s'enraciner. Cette déroute a rendu l'Algérien au travail narcissique, replié sur lui-même et complètement désintéressé de l'intérêt général. Il ne pense qu'à lui et à son entourage immédiat et il éduque ses enfants dans ce sens. Les entreprises issues de la restructuration y compris Sonatrach ont été totalement noyautées par des recrutements familiaux lorsqu'ils ne sont de complaisance. Est instauré un processus d'encanaillement qui fait grossir ces cercles pour les rendre un champ de bataille favorable à la corruption mais très loin des objectifs de rendement tel que souhaité par ces technocrates qui viennent chanter à cette occasion le rythme qu'ils appellent : rentabilité et réduction des coûts.
2- Si Sonatrach maitrisait ses couts, elle n'aurait pas abandonné le régime de partage de production
Il faut dire que suite à la chute des prix du baril suivie par celle du dollar, l'Algérie est rentrée en 1986 dans une crise de liquidité qui la contraint de promulguer une loi sur les hydrocarbures pour ramener les investisseurs afin de contribuer au développement de ses réserves pétrolières et gazières. Le régime contractuel choisi consistait en un partage de production. Si on prend un raccourci, le contractant qui viendrait en Algérie prenait en charge tous les investissements depuis la recherche. S'il ne trouve rien, tant pis pour lui mais si pétrole y est il consentira avec la Sonatrach, qui représente l'Algérie un partage à la tête du puits. Mais avant cela il devra récupérer tous les frais qu'il a engagés. En dépit du risque qu'encourent les contractant, c'est le régime qui a drainé le plus d'investisseurs et qui est à l'origine de plus de 350 découvertes faites par Sonatrach ou en association. Pourquoi ? Selon toute vraisssemblance, les compagnies pétrolières connaissent l'incapacité de Sonatrach à maitriser les coûts, ils gonflent artificiellement les charge à la tête du puits et lui laissent des miettes. Chakib Khellil qui connait bien le problème pour l'avoir pratiqué outre mer a préparé en 2005 une loi très controversée pour changer de régime. Qu'en est-il ? En effet, la loi sur les hydrocarbures de 2005 et son ordonnance modificatrice abrogent toutes les dispositions, notamment la loi 86-14 du 19 août 1986 instaurant le partage de production. Par contre, l'ordonnance n° 06-10 du 29 juillet 2006, dans son article 02, confirme la concession mais modifie légèrement le terme concessionnaire en désignant Sonatrach SPA, et c'est là où commence cette ambiguïté. Actuellement, dans le monde, il n'existe pas de régime de concession hybride spécifique à chaque pays. Le contour typique général est bien défini. L'Etat octroie au titulaire un titre minier exclusif d'exploration. En cas de découverte commerciale, il obtient un ou des titres exclusifs de développement et d'exploitation. Le titulaire de la concession est propriétaire de la totalité des hydrocarbures produits à la tête des puits. Il est aussi propriétaire des installations de production jusqu'à l'expiration de ses droits miniers. A l'expiration de la concession, les installations fixes reviennent à l'Etat sans indemnité pour le titulaire. Il est possible pour l'Etat de participer dans le cadre d'un accord d'association sans aucune contrainte de l'une ou l'autre des parties. En contrepartie, le concessionnaire finance entièrement à sa charge toute la phase d'exploration en plus d'une partie des investissements de développement dans le cas où cet accord d'association se concrétise. Il paye, durant ces opérations, un bonus, une redevance superficiaire, une redevance de production en nature ou en espèce, un impôt sur le bénéfice et d'autres taxes supplémentaires spécifiques à chacun des pays où ce régime est pratiqué. Il reste bien entendu que l'Etat dispose d'un droit de regard sur le profil de production et parfois même la commercialisation de la production. Cela n'a pas suffit, il faudrait aller plus loin. Le motif étant le désintérêt des compagnies pétrolières et le manque flagrant d'une bousculade, réalité confirmée par deux appels d'offres lancés par l'agence algérienne Alnaft pour un total d'une vingtaine de blocs à explorer dans le domaine minier. Si on se réfère aux chiffres donnés par le ministère de l'Energie et des Mines, dans ce dernier bilan, ce domaine s'étendrait sur près de 1536 442 km2 dont 774 688 seulement sont occupés. 25% du domaine total est en prospection, 23 en recherche et 3 en exploitation. 761 000 km2 restent vierges. La performance d'exploration s'écarte de quelques dizaines de points par rapport à ce qui se pratique dans le monde. 13 puits forés aux 10 000 km2 contre une moyenne mondiale de 105 pour une même superficie. Il est clair que les responsables d'Alnaft n'ont pas raté l'occasion à travers cet état de fait pour expliquer le marasme de l'activité en amont par l'attente de nouvelles dispositions opérées en février 2013 et qui élargie la recherche aux ressources non conventionnelles. Il faut souligner que ces analyses ont entretenu sciemment ou inconsciemment une légère confusion sur la question du régime juridique des activités de recherche et d'exploitation. Donc assimiler l'obligation du contractant de prendre Sonatrach SPA comme associé avec un minimum de 51% à un retour vers le partage de production, dont le principe est expliqué plus haut, peut constituer une déviation du régime, voire même commettre une confusion contractuelle. En effet, l'article 2, non amandé de la loi 05-07 du 28 avril 2005, précise «le principe de mobilité et d'adaptation qui caractérise l'action de l'Etat, et dès lors, à restituer à ce dernier celle de ses prérogatives autrefois exercées par Sonatrach SPA». C'est ce même principe qui a constitué l'ossature de l'exposé des motifs de l'ancien ministre de l'Energie et des Mines. Il reste incontestablement contradictoire avec les dispositions contenues dans l'article 32 de l'ordonnance n°06-10 du 29 juillet 2006 qui restitue à Sonatrach le droit exclusif d'agir pour le compte de l'Etat dans sa participation avec le concessionnaire devenu maintenant contractant. Cela ressemble à un partage de production mais ce n'en est pas un.
Ce rafistolage dans une loi cadre, a quelque peu brouillé la vision stratégique de l'Algérie en matière de politique pétrolière. Il a peut-être fait douter les entreprises internationales, pourquoi ? Parmi les fondamentaux de l'industrie pétrolière et gazière, il y a l'importance des capitaux et le risque de les investir. Le risque géologique étant favorable à l'Algérie et les entreprises pétrolières notamment françaises et, partant américaines, connaissent bien, même mieux que les Algériens, le terrain. Cela explique le taux appréciable de réussite en exploration, environ 2,5/5 contre un ratio moyen mondial de 1/5.
Par contre, ces compagnies sont à cheval sur le risque «pays», lié aux relations internationales, souveraineté, stabilité politique et surtout fiscale. Il est clair que l'article 101 bis, inséré au sein de la loi n°05-07 du 28 avril 2005, instaurant une taxe non déductible sur les profits exceptionnels, n'a pas été du goût des associés mais n'explique qu'en partie leur boycott actuel de l'application des nouvelles dispositions. Il va de la crédibilité de l'Algérie d'assurer une cohérence de ces textes pour la clarté qui instaure une relation de confiance avec ses partenaires. Ils peuvent avoir un choix et dans des conditions meilleures.
3- Sonatrach est devenue le dindon de la farce des compagnies étrangères pour lui soutirer de l'argent
Sonatrach est devenue, depuis près de deux décennies, une niche pour de nombreux contentieux avec de soit disant partenaires selon toute vraisemblance, mal conduits, consciemment ou inconsciemment, du côté algérien. Ainsi, après la perte du procès avec la compagnie américaine Anadarko qui l'a contrainte de débourser 5.9 milliards de dollars, voilà que l'italienne ‘Saipem' et le français ‘Technip' se mettent sur les rails pour suivre ce filon face à un mastodonte aux pieds d'argile qui peine à se défendre. Du côté italien, ‘Saipem' a esté en justice Sonatrach pour des avenants contenant des travaux complémentaires et supplémentaires, au contrat initial, relatif au champ de Menzel Ledjmed, mitoyen de celui de Hassi Messaoud pour réclamer plus d'un demi milliard de dollars. Dans cette affaire, des considérations politiques ont marqué de leur empreinte la procédure judiciaire puisque la partie algérienne saisie, depuis début 2014, se laisse faire sans informer l'opinion publique pour des raisons que tout le monde devine. Ce n'est pas tout, l'italienne dont la présence, en Algérie, est entachée de scandales répétitifs, voudrait mettre le contrat des installations de séparation GPL pour un montant de 171 millions de dollars et semble décidé d'aller, en avant, profitant des lacunes dans la gestion de son adversaire. ‘Technip' qui connaît, très bien, pratiquement, toutes les installations pétrolières et a fortiori, les raffineries algériennes, n'aurait pas pu sous-estimer le montant du marché portant sur la réhabilitation, la rénovation et l'agrandissement de la raffinerie d'Alger, pour un montant initial de près d'un milliard de dollars. Dès le départ, cette affaire visait un contentieux avec, probablement, des complicités de l'intérieur même de Sonatrach. La fragilité de Sonatrach est telle qu'elle est devenue un tremplin pour les multinationales qui la vide, non seulement de ces cadres formés à coup de devises fortes mais maintenant de ses caisses.
* Consultant et Economiste Pétrolier


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