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Errancaes sanglantes
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 17 - 08 - 2023


Livres
Les tribulations de Karim à Alger. Roman de Ame Amour. Enag Editions, Alger 2019, 291 pages, 1 300 dinars
Une histoire d'espionnage se déroulant à Alger vraiment compliquée ; si compliquée qu'il faut être très attentif pour ne pas perdre le fil de l'aventure. D'autant qu'elle se déroule en partie dans les égouts de la ville.
L'histoire ! Un ambassadeur (de France) pourri jusqu'à l'os qui exploite sa fonction pour faire des «affaires»... allant jusqu'à faire appel à un groupe de mercenaires étrangers (des anciens déserteurs de la Légion étrangère française) pour tenter de récupérer un «trésor» (pierres précieuses et fausse monnaie destinées à être écoulées en Afrique à travers des banquiers véreux marocains) dans deux conteneurs engloutis - volontairement par un tanker étranger - dans le port de la capitale.
Heureusement il y a le héros, Karim, un Algéro-Suisse (spécialiste, de plus, de la plongée sous-marine), lequel sollicité par les services secrets français et algériens... et aidé par des acteurs inattendus mêlés à la foule algéroise (un drôle de chien super-renifleur et un aveugle aux sens super-aiguisés, rompu aux sports de combat les plus complexes, tous deux employés des «services»), ainsi que par des «Ninjas» bien de chez nous, va déjouer le complot. Tous les méchants vont se retrouver à Serkadji. Karim va vite retrouver son épouse et son enfant alors détenus en otages (pour le faire chanter et participer à la récupération du «trésor»)... et l'ambassadeur ripoux certainement renvoyé.
L'Auteur : L'auteur, très discret sur son parcours personnel (et son identité) et néanmoins prolifique, a déjà publié à l'Entreprise nationale des arts graphiques (Enag) pas moins de huit ouvrages en près d'une décennie dont un sur «Ghardaïa, l'éblouissante émeraude». L'auteur vivrait actuellement à l'étranger, en Suisse peut-être, tout en conservant un lien très fort avec l'Algérie, notamment avec les régions du Sud.
Extrait : «La justice devrait enlever le bandeau qu'elle porte sur les yeux avant de mettre à l'index la nature humaine» (pp 178-179)
Avis : Un semblant de roman d'espionnage... un genre encore inhabituel dans le paysage éditorial national, avec quelques très rares expériences tentées dans un lointain passé. Expériences vite arrêtées, les histoires d'espionnage pouvant facilement déborder sur le «politique» donc insupportées. De plus, le genre est, à mon avis, le plus difficile. Il faut avoir le talent de l'écrivain pour entretenir le suspense, le génie du fin limier et le courage ou l'inconscience de l'espion, Lignes continues ! Feux rouges !
Beaucoup de coquilles qui ne font pas honneur à un «grand» éditeur public qui est chargé des corrections et du contrôle de qualité.
Citation : «Les politiciens sont comme les pissenlits, ils ne fleurissent qu'une fois par saison pour épater les bourdons de passage. Ils ne changent jamais leur discours. Sans scrupule, ils resservent les mêmes plats réchauffés à leurs supporters. La politique, semblable au vent des steppes, n'apporte que désolation» (p241).
Les tranchées de l'imposture. Roman de Saad Saïd, El Dar El Othmania, édition et distribution, Alger 2018, p 242, 650 dinars
Le vécu des dizaines de milliers d'Algériens qui ont combattu pour la France durant la Seconde Guerre mondiale (un récit puisé, semble-t-il, dans celui du père de l'auteur qui y a participé). Des «indigènes», parfois sinon toujours incorporés d'office, qui se sont illustrés dans de nombreuses batailles, de Verdun à Monte Cassino, ou lors du débarquement de Provence. Partis pour effectuer le service militaire ou enrôlés dans le cadre de la mobilisation générale forcée, ils se retrouvent, parfois parmi les plus mal armés des troupes dites coloniales (en compagnie des noirs africains et de quelques juifs déchus de la nationalité française par le régime pétainiste qui a brillé en Algérie) entraînés dans une guerre qu'ils découvrent dans toutes ses atrocités. Ils sont, souvent, sinon toujours, envoyés en première ligne dans les sections d'assaut et les soldats dits indigènes paieront un tribut bien plus lourd que ceux de la Métropole. Ils vont découvrir l'horreur de la guerre. Dans les postes les plus exposés, ils s'habituent à voir des visages brûlés par le gaz, des corps amputés et des tranchées pleines de corps couverts de sang, d'excréments et de boue.
Le plus dramatique, c'est qu'ils ont laissé derrière eux parents, femmes et enfants dont ils étaient pour la plupart les soutiens uniques dans un environnement économique et agricole dominé par les colons et leurs serviteurs.
Le plus tragique, c'est que de retour de la guerre, ils retrouveront une réalité sanglante, avec les massacres collectifs suite aux manifestations nationalistes pacifiques du 8 mai 45... à Sétif et ailleurs à travers le pays. Populations exterminées, douars, demeures, vergers et cheptels détruits, familles éparpillées ou emprisonnées,...
C'est là toute l'histoire d'Ali du village de Kabylie, Sidi Bouzid. Il raconte sa naissance, son enfance, sa prime jeunesse... son mariage, le bonheur de sa mère et de son père... loin des pressions de la ville... et avec, pour seule tâche au tableau, la présence d'un Caïd dictatorial au service exclusif des autorités coloniales... passant son temps à chasser les idées nationalistes et indépendantistes qui commençaient à fleurir.
Une histoire qui se continue en France à travers les champs de bataille de la 2ème guerre dite mondiale, servant d'avant-garde et de bouclier face aux occupants nazis. Certes, Ali reviendra sain et sauf au pays... mais pour y découvrir, en mai 45, les horreurs commises par l'armée coloniale et les milices pieds-noirs. Il se révoltera et finira en prison.
Plus tard, bien après l'indépendance, il racontera sa souffrance et celle de ses frères, ainsi que leurs exploits, aux descendants de certains de ses frères de combat.
L'Auteur : Né en 1955 en Kabylie. Etudes en langues étrangères, traducteur puis journaliste à l'APS (Algérie Presse Service) durant 32 ans .Grand reporter spécialisé, il a été, aussi, correspondant permanent de presse à Londres. A déjà publié plusieurs romans.
Extraits : «Si le ciel était une grande feuille et la mer un encrier, alors j'aurais de quoi remplir le ciel des meurtres commis sur des Arabes sans défense et des taches indélébiles, par la France en Algérie» (p51), «Toutes les guerres sont pareilles (...).Beaucoup de frères de combat (...) sont morts les armes à la main pour une terre froide, trop glacée (note : la France, occupée par les nazis) pour être la leur» (p 145), «Nous avons combattu pour la France comme si c'était notre patrie, j'espère que quand nous rentrerons, enfin si on rentre, les Français ne nous considèrerons plus comme des indigènes mais au moins comme leurs égaux. En tout cas, l'histoire montre que nous avons porté notre fardeau et nos supérieurs eux-mêmes ainsi que nos ennemis reconnaissent la bravoure de nos actions au combat» (pp 173-174), «Ils (note : l'armée coloniale et les milices européennes durant les massacres de mai 1945) nous ont déshumanisés en exerçant leur violence sans limite et inimaginable sur nous, nous sommes devenus des êtres insensibles, vidés de notre substance humaine» (p234), «Avec les Français, vous faites la guerre avec toutes ses batailles, et si vous survivez, on vous emmène pour une autre guerre, par exemple en Indochine. Et comme récompense, zéro. Après la guerre, les noirs redeviennent des nègres et nous les bougnouls. On avait besoin de nous pour servir de chair à canon, puis nous étions redevenus des esclaves, des sans droits» (p24).
Avis : Un roman historique qui s'est écrit et se lit comme un grand reportage remontant le temps des années 40... Beaucoup (trop ?) de détails sur la guerre franco-allemande et l'exploitation des Algériens comme «chair à canon». Sur le plan technique, un «cahier» de trop (pp 13 à 24)
Citations : «Il se rappelle la définition de la guerre donnée un jour par un sage du village de Sidi Bouzid qui a dit : «la guerre, c'est des personnes qui ne se connaissent pas, qui s'entretuent au profit des personnes qui, elles, se connaissent mais ne se tuent pas » (p 136), «Le pire scénario, pour un Etat jaloux de son passé, de son histoire, c'est de voir ses jeunes ignorer l'histoire en dépit des efforts faits pour leur enseigner cette matière et ne demandent qu'à aller à l'étranger, émigrer vers d'autres pays en faisant la sourde oreille» (p 225), «Ce sont les Américains et les Africains qui ont rendu son honneur à la France. Il ne faut jamais l'oublier» (p241).


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