Et je sais que de moi tu médis l'an passé. - Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ? Reprit l'Agneau, je tette encore ma mère. - Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens : Car vous ne m'épargnez guère, Vous, vos bergers, et vos chiens. On me l'a dit : il faut que je me venge. Là-dessus, au fond des forêts, Le Loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès. ( Jean de la Fontaine, Le Loup et l'agneau») L'un des plus grands intellectuels de ce siècle qui s'est justement spécialisé dans des dissections ethnographiques inversées où désormais c'est L'Occident qui est mis en cage ou sous la loupe de nos recherches scientifiques , déclare que « Le néo-libéralisme est le paradigme économique et social de notre temps – Il définit les politiques et les processus grâce auxquels une poignée d'intérêts privés acquièrent le droit de contrôler tout ce qui est possible dans la vie sociale afin de maximiser leurs profits personnels(…) tout en sapant l'action des gouvernements (jugés) incompétents , parasitaires et bureaucratiques. » Il n'est pas difficile de constater qu'en dépit de tous ces slogans sur une hypothétique paix mondiale que l'Amérique galvaude depuis des décennies, elle se retrouve en permanence de facto engluée dans des conflits armés qui n'empêchent nullement , lorsqu'elle ne le favorise pas , son Business de prospérer d'avantage et de manière exponentielle. Se hâtant toujours d'utiliser la force lorsque le droit, la diplomatie ou toute autre approche basée sur des pourparlers et négociations ne constituent plus selon ses experts des prémisses pour des gains et un profit assurés. « Le militarisme reste la composante incontournable du néolibéralisme globalisé, celui de la finance et des marchés toujours plus libres. La suprématie économique américaine repose sur la suprématie militaire. Nous avons tous le désir infini de paix mais la puissance militaire, au service du pouvoir politique, renforce les désirs d'expansion et de prédation illimités. Le néolibéralisme aliène les individus dans une compétition illimitée en les plongeant dans la violence réciproque et vers une paix indésirable. » Le fallacieux Mobile de L'autodéfense et de la sécurité nationale. Bondissant d'une période teintée d'isolationnisme et d'expansion intramuros à un impérialisme enfin à visage découvert, irréductiblement violent, invasif et injuste. Les Américains ont toujours été fidèles à eux-mêmes. Ce que la Doctrine Monroe préconisait au début s'avérera par la suite totalement illusoire et comment pouvait-on y croire alors que par le passé la nation américaine avait déjà prouvé d'abord à elle-même que le Profit devait passer avant toute autre chose. On aurait pu souscrire aux promesses de cette Doctrine qui paraissait légitime car plutôt soucieuse de l'indépendance et de la souveraineté de ses voisins vulnérables ,en l'occurrence lorsque le Président américain Monroe lui-même annonçait, en parlant de l'Europe et de l'Angleterre que « Ceux-ci avaient été avertis que les Etats-Unis considéraient que les nations latino-américaines étaient libres et indépendantes, et qu'en conséquence, elles ne peuvent être sujets d'une future colonisation par aucune puissance européenne. » Il est vrai que cette pauvre Américaine Latine avait pour une période éphémère échappé à la rapine de l'Europe, mais ce n'était hélas que pour basculer entièrement sous l'emprise d'un nouveau maquereau : Les Etats-Unis. « Libres et Indépendantes », c'est ce que voulait pour eux le Président Monroe, mais sous la bienveillante et indéfectible tutelle de l'oncle Sam. L'Amérique tiendra ses promesses, elle confiera le destin et le contrôle de ces territoires limitrophes convoités à des armées quelle formera, soutiendra et financera. Celles-ci prêteront allégeance à l'Oncle Sam mais seront confrontées à un dilemme insurmontable : garantir un statuquo et un ordre indispensable à la protection d'intérêts américains et s'échiner à se fabriquer une légitimité nationale impossible. Adoubées par leur empereur du nord, antinomiques par conséquent avec cette mission fondamentale d'une authentique armée républicaine au service d'un Etat véritable, celles-ci finiront par suppléer l'Etat et seront la source d'instabilités énormes contre lesquelles elles devaient originellement lutter. « Les Etats-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, par ce que les gouvernements des ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains » Cette politique isolationniste et de neutralité apparente affichée au début par les Etats-Unis connaitra une évolution d'une nature que personne n'aurait pu imaginer, et surtout pas le peuple américain qui a fini par s'y accommoder et voir dans cette volonté de puissance sournoisement destructrice des gages de grandeur et d'exemple de civilisation pour le reste du Monde et une garantie pour la pérennisation de leur prospérité et leur bien-être. Le désir des Etats-Unis d'asseoir leur hégémonie sur la région s'est incarné à travers des occupations répétées, des opérations clandestines ou d'aventuriers, des investissements massifs de capitaux, etc. Il est aussi utile de souligner que la permanence de ces troubles obsessionnels compulsifs ira en grandissant : ainsi, toute perception d'une menace de l'intérêt national américain sera sanctionnée par des mesures agressives (interventions, Blocus naval, activation de foyers contre-révolutionnaires, coups d'Etat, etc.). On aurait pu trouver cela légitime tant que cette paranoïa se confinait à la question de la sécurité nationale, néanmoins l'ensemble de ces procédés criminels furent le plus souvent mis au service de politiques purement économiques et mercantilistes. Dans son livre « Les dessous de la politique de l'Oncle Sam » , Noam Chomsky essaye comme toujours de dénoncer un gouvernement américain d'abord toujours enclin à ourdir des machinations pour asseoir un impérialisme farouchement rétif à toutes velléités populaires de constituer des mouvements de travailleurs fondés sur la solidarité , ensuite un gouvernement toujours disposé à encourager et entretenir des Etats qui répondent favorablement aux intérêts économiques étasuniens , et finalement un gouvernement qui a toujours dupé , avec la complicité des médias , son propre peuple par l'usage systématique d'un double langage. A suivre