En fuyant la misère et la violence de leur pays premier producteur de pétrole d'Afrique, la communauté de femmes et d'enfants parmi les réfugiés du Nigéria ayant jeté son dévolu sur la capitale de l'Ouest algérien, ne s'en sort pas du cercle vicieux du dénuement et de la misère. Triste destin porte la prophétique appellation de M'dina J'dida qui lui colle depuis le joug colonial comme une peau de chagrin, lui qui fut désigné avec racisme comme « Village Nègre ». Aujourd'hui le pays ayant recouvert sa souveraineté, ce légendaire quartier de Sidi B'lal longtemps occupé durant les années 90 par les immigrants africains en quête de voie pour l'autre rive méditerranéenne, se voit à certains égards traduire le malheur de la situation géopolitique qui sévit dans la région subsaharienne en drainant de plus en plus de réfugiés nigériens notamment, qui envahissent les rues et les méandres du quartier entre autres parties de la cité. Car en dépit de leur concentration dans le camp de recasement qui leur a été ouvert au niveau de la localité de Boufatis, ces cohortes africaines demeurent toujours faire partie de l'icône et du décor de la M'dina J'dida. Un spectacle de désolation humanitaire de femmes parfois à moitié habillées assis par terre et leurs chérubins trainant des haillons souvent d'été en plein cette période de froid. A l'image de ce petit enfant qui en cette mi-décembre, reste vêtu d'un bermuda ! Et de ces chérubins buvant le malheur au goulot, il semble y avoir selon les concernés, des dizaines de nouveaux venus qui n'ont de quoi vivre tout comme les premières troupes de réfugiés, que la mendicité. Image qui fait désormais partie du quotidien d'Oran, comme ces deux enfants –sur la photo-, qui sont en âge de scolarisation, mais qui n'ont d'autre choix pour subsister que de tendre la main dans l'espoir de gagner quelques dinars de la part des âmes charitables. Le seul recours de l'ensemble des dizaines de nigériens qui ont jeté ancre à Oran, qu'ils exercent du matin au soir. D'ailleurs, les lieux accueillent de nouvelles vagues d'arrivants aussi bien du Mali que du Niger, confirment plusieurs commerçants exerçant à M'dina J'dida, où la mère de l'un de ces enfants sur la photo, s'approche de nous en perspective d'une aumône. Et de fil en aiguille, grâce à une autre compatriote à elle assurant la traduction, elle explique « son malheur vécu et celui des habitants du nord-ouest du Niger, où l'espérance de vie de femme ne dépasse pas les 46 ans, où le taux d'analphabétisme frôle la quasi-totalité de la population, et où les femmes vivent au jour le jour de la mendicité, ou l'exode forcé, et d'épuisement dans les tâches ménagères, au port de charges énormes et à l'éloignement des puits, les mariages forcés avant l'âge de 14 ans, sa première maternité intervenant alors qu'elle avait 14 ans, et la scolarité qu'elle n'a jamais connu, ni elle ni son enfant, à l'image de l'accès à la médecine qu'elle n'a jamais vu sauf une fois à Tamanrasset». La seule chose qui leur arrive de bien chez nous, et ce sont nombreux de subsahariens qui le disent, « la solidarité des Oranais qui tout de même n'est pas à la hauteur de la bienfaisance sentie durant Ramadan ». C'est espérer vivement l'amélioration des conditions de leur accueil pour qu'elles ne ressemblent pas finalement aux conditions qu'ils ont laissées derrière eux là-bas chez eux.