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Des amours de Aïda à la tendresse d'Al Hamra
JOURS DE DECEMBRE A BERLIN
Publié dans El Watan le 25 - 12 - 2004

Ce soir-là, la Bismarckstrasse à Berlin grouille de monde. La Deutsche Oper ouvre ses bras à Aïda. L'incontournable opéra de l'Italien Giuseppe Verdi. La période des fêtes est propice aux grands événements musicaux. Après Aïda, sera jouée La Flûte enchantée de l'Autrichien Wolfgang Mozart.
Avec la Staatsoper, située sur la prestigieuse avenue Unter den Linden, et la Komische Oper, consacrée aux spectacles comiques, la Deutsche Oper est parmi les grands opéras d'Allemagne. Il existe dans le pays 100 festivals de musique. Bonn organise, tous les trois ans, le festival international Beethoven. Augsbourg, elle, est devenue célèbre avec son Eté de Mozart ; Göttingen avec le festival Friedrich Händel et Bayreuth avec celui de Richard Wagner. Ce festival est organisé, d'une manière régulière, depuis 1876. Alors que la brume hivernale couvre tout Berlin, la Deutsche Oper est étincelante de lumières. Dans la hall, on se « chauffe » avec du café, du chocolat et de la bière. A une demi-heure du spectacle, la salle autant que les loges sont archicombles. Les 45 euros pour les tickets d'entrée ne sont aucunement dissuasifs. C'est que Aïda de Verdi est un spectacle universel qui a dépassé les frontières du temps. En quatre actes et sept tableaux, l'opéra a été composé par Verdi sur un livret d'Antonio Ghislanzoni. Le compositeur répondait à une demande du khédive (vice-roi d'Egypte) à l'occasion de l'inauguration d'un nouvel opéra au Caire en 1871. Aïda est l'histoire d'un amour mortel entre le général Radamès et une captive. Aussi, le bleu et le gris ont dominé la scène de l'opéra berlinois. Le spectacle a été applaudi pendant un quart d'heure. C'est une tradition dans une ville pétrie de culture. Noureddine Ben Rejeb dit Nouri, Allemand d'origine tunisienne, en connaît un bout. Lui qui a eu à gérer les spectacles de Mami, Khaled ou Idir au niveau de l'immense auditorium de la célèbre Haus der Kulturen der Welt (la maison des cultures du monde). Les trois artistes algériens ont la réputation bien établie à Berlin. A chaque spectacle, c'est la bousculade. A Radio Multikulti, qui fait partie du groupe public de RBB (Radio Berlin Brandebourg), et où Nouri anime, chaque samedi, « Weltmusik à la carte », une émission consacrée à la world music, on se dit étonné du prix du ticket d'entrée au gala de l'Egyptien Amr Diab : 500 euros ! Ni plus ni moins. « Même le concert de Michael Jackson n'a pas atteint ce prix », lance une productrice de la radio. Les spectacles de Khaled, souvent sold out, sont grand public : le ticket ne dépasse pas les 45 euros. Mais depuis que la musique algérienne a damé le pion à celle du Moyen-Orient, on ne s'étonne plus de voir les chanteurs de la jeel music arabe, type Nancy Adjram ou Ihab Tewfik, se prendre des airs. Parfois inutilement. La célébrité ne dépasse souvent pas les frontières de la Méditerranée.
Un bout de Ramallah
Il est 23 h passées, Berlin s'enfonce dans la nuit. La ville, qui a la taille de New York et qui est huit fois plus grande que Paris, est bien desservie par les transports publics. L'ami Hamza, Allemand d'origine tunisienne, qui travaille au Goethe Institute et qui nous accompagne dans la visite, propose de découvrir El Hamra, café-restaurant, petit bout de Ramallah à Berlin. C'est de l'autre côté de la ville, il faut donc prendre l'U-Bahn, le métro. Aucun problème de transport dans cette métropole servie également par les S-Bahn (trains urbains), les Strassenbahn (tramway) et bus, « frères » des route-masters londoniens. Les week-ends, les métros et les S-Bahn ne s'arrêtent pas. Sur le mur sont collées d'immenses affiches qui annoncent la sortie d'Ocean's Twelve, la suite logique du célèbre Ocean's Eleven. Magnifique film racontant l'histoire du braquage du casino Bellagio de Las Vegas. Comme le premier, Ocean's Twelve regroupe des stars qui font le bonheur d'Hollywood : George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Catherine Zeta-Jones et Julia Roberts. Danny Ocean, avec sa bande, doit, cette fois-ci, affronter une nouvelle épreuve « manigancée » par Terry Benedict, le malheureux propriétaire du Bellagio... Les cinéphiles algériens doivent prendre leur mal en patience. Dans le monde arabe, le film n'est sorti qu'en Egypte et au Koweït. On arrive enfin à El Hamra. Dehors, il fait froid, très froid : 2 degrés. Dans un grand brasero, deux jeunes garçons grillent des marrons. Exactement comme on le fait au Liban ou en Syrie. On est à Rauer Strass, dans l'ex-Berlin-Est. Le restaurant-bar, qui tient son nom de la rue Al Hamra de Ramallah en territoires palestiniens, est plongé dans des lueurs blafardes. L'étoile rouge, symbole d'El Hamra, peut suggérer que les lieux sont fréquentés par des communistes en mal de romantisme. Ce serait le comble dans la capitale de l'ex-RDA où la Stasi (chtazi en allemand, police secrète) a donné au rouge tout son éclat ! Les frères Abdelnour, propriétaires des lieux, ont fait d'El Hamra un endroit multiculturel, dans tous les sens. Les jeunes, nombreux, viennent prendre la chicha et se connecter à Internet. Des micro-ordinateurs sont à leur disposition. On fume, pour 6,5 ou 10 euros, de la Wasserpfeife (chicha). La chicha ou l'argileh de Ramallah est parfumée à la pomme, celle de Beyrouth au citron. « Nous voulons présenter la culture arabe d'une manière intelligente. Nous ne voulons pas choquer », explique Youcef Abdelnour, patron dont le père était un homme de gauche. Sur un tableau accroché au mur, un jeune Palestinien, keffieh sur les épaules, regarde son pays, de l'autre côté du Jourdain. « Il regarde son pays sans pourvoir y aller », appuie Youcef. Puis le débat s'étale sur « la déprime » culturelle et politique dans le monde arabe. Hamza se rappelle de la dernière foire du livre, la fameuse buchmesse, de Francfort, où il a travaillé en tant que guide-interprète. Le monde arabe était « l'invité » de la foire. « Les fonctionnaires y étaient plus nombreux que les livres », ironise Hamza. Il se rappelle de la venue de certaines délégations arabes à bord de... limousines. « Est-il normal que la Finlande seule lit plus de livres que tout le monde arabe réuni ? », s'interroge, révolté, Nouri. Il est nécessaire, selon lui, que les Arabes fassent une rupture avec le passé et sa nostalgie. Dans les studios de Radio Multikulti, qui ressemble à la française Radio Nova, Nouri s'amuse. Ce samedi après-midi, on écoute Blaoui El Houari et Khaled chanter H'mama, Faudel, Oum Kaltoum ou l'Egyptien Hakim. Les chansons sont demandées par téléphone et par e-mail. Radio Multikulti diffuse en 17 langues dont l'arabe. D'après Susanne Schütz, responsable pour les relations publiques à l'Auswärtiges Amt, ministère des Affaires étrangères, la Deutsche Welle (DW, chaîne de télévision publique) va lancer, en mars 2005, un programme en arabe. « Les Allemands veulent faire traduire leur littérature en arabe et entendent faire traduire les travaux en arabe », explique Chihab El Hardouz, Allemande d'origine marocaine, conseiller à Goethe Institute. Ce centre culturel allemand, qui dépend du ministère des Affaires étrangères, a lancé le programme Midad (encre, en arabe) ouvert aux jeunes créateurs de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Depuis presque dix jours, le Musée des arts anciens de Berlin consacre une exposition aux 10 000 ans de l'histoire de la Jordanie, Gesichter der Orients, intitulée « Les visages de Aïn Ghazal », du nom des statues les plus anciennes jamais retrouvées. L'exposition a été inaugurée par le roi Abdallah qui, pour l'événement, a fait déplacer la troupe royale.


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