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Les tares qui ternissent l'image extérieure du makhzen
Le Maroc face aux revendications démocratiques et le dossier sahraoui
Publié dans El Watan le 22 - 09 - 2009

L'université d'été organisée à Casablanca, qui a regroupé des participants de plusieurs nationalités, n'a pas soufflé un seul mot sur le Sahara-Occidental au cours des débats organisés autour de la paix.
Deux événements ont eu à bouleverser la scène politique maghrébine la semaine dernière, tout en ayant un impact beaucoup plus marqué sur le Maroc. Le premier étant le message adressé par le président des Etats-Unis, Barack Obama, au roi Mohammed VI concernant le règlement du conflit au Sahara-Occidental tandis que le second concerne les réactions suscitées par la polémique enclenchée par un ancien général français sur l'assassinat des moines de Tibhirine (Algérie) en 1996. Les lectures ayant été faites de ces deux événements reflètent la précarité de l'ouverture politique au Maroc, mais aussi la nature de la politique régionale que le royaume tente d'imposer sur la scène maghrébine. Parallèlement à ces deux événements, la faculté des sciences juridiques et économiques de l'université Hassan II de Casablanca abritait, du 6 au 12 juillet 2009, l'université d'été du Réseau euro-méditerranéen d'universitaires (REMU). Dès lors que cette manifestation a mobilisé quelque 150 participants, étudiants, enseignants et chercheurs, venus d'une quinzaine d'universités d'Europe et du monde arabe, autour d'une variété de thèmes aussi sensibles que stratégiques comme les conflits dans le bassin méditerranéen et la coopération Euromed, la logique du « politiquement correct », tel que souhaité par le Makhzen, requerra le verrouillage des questions qui induiraient une remise en cause de la politique marocaine, en dépit du fait que ladite université d'été s'est tenue sous le slogan combien flatteur de « La paix en Méditerranée, à quelles conditions ? ».
Dans ce milieu universitaire, les participants, de diverses nationalités de surcroît, ont été quasiment unanimes à partager le même constat quant à ce black-out total soigneusement imposé sur toutes les questions qui auraient permis de « titiller » le régime de Sa Majesté sur les libertés démocratiques ou la liberté d'expression dans le royaume alaouite. Bien des débats ont été ouverts sur le dossier du Proche-Orient, avec toutes les conséquences que continue d'avoir l'acharnement de l'Etat d'Israël et son armée contre les Palestiniens sur la stabilité dans la région. Ces universitaires ont également évoqué à Casablanca le fléau du terrorisme en le présentant comme étant un des principaux facteurs qui aggravent la vulnérabilité de la coopération régionale. Mais, rien n'a été dit sur le Sahara-Occidental dont le palais royal persiste à bloquer le processus d'autodétermination, conformément à la légalité internationale. Même les professeurs venus des universités européennes ont fait preuve d'une grande prudence à l'université Hassan II de Casablanca sur la question sahraouie. Aucun d'eux n'a jugé utile de remettre en question l'attitude du palais royal vis-à-vis de cette ancienne colonie espagnole même si dans les discussions de coulisses, il n'y a pas un seul qui ne nourrit pas la conviction que la persistance du conflit au Sahara-Occidental a fait échec à l'union maghrébine et participe au déséquilibre ambiant dans les rapports de coopération entre les pays du Maghreb et leurs partenaires de l'Union européenne.
Durant ce regroupement, les universitaires européens venus entre autres des universités de Liège, Bruxelles, Sienne, Düsseldorf, Cergy et Val d'Oise, n'ont pas jugé utile de s'inscrire en porte-à-faux avec la volonté du régime monarchique dont l'objectif n'est que de réduire la question sahraouie à un vulgaire différend interne marocain et éviter ainsi de lui donner la dimension d'un conflit entre deux Etats ou de considérer la lutte du peuple sahraoui comme une lutte pour l'indépendance. Bien au contraire, dans le cadre de cette université d'été, les participants ont eu droit à une visite guidée à Rabat qui s'est achevée par un diner chez « une notabilité locale » sans que son identité ne soit précisée sur le programme. Dans la soirée, il s'avérera que « le vénérable » hôte des universitaires euro-méditerranéens n'est autre qu'un homme originaire de Smara - l'une des principales villes du Sahara-Occidental actuellement sous contrôle marocain- dont Rabat a récompensé le ralliement en faisant de lui « une personnalité locale », un statut qui l'a hissé à un rang social de prestige. Pour prouver le degré de ses ramifications avec la famille royale, le notable brandira devant ses invités de plusieurs nationalités du bassin méditerranéen un cadre montrant la photo de Hassan II à côté d'un homme qu'il présentera comme son grand-père, en leur précisant que la photo a été prise à son domicile familial à Smara, en marge d'une réunion pour l'unification du Maroc et son Sahara. Néanmoins, les chuchotements se multiplient parmi les invités, susurrant qu'un des frères de cet hôte est membre du Front Polisario, vivant actuellement, en exil, à Madrid. Donc deux frères, l'un incarnant le ralliement et l'autre, la résistance.
Mais, aussitôt revenus de leur fiesta, aucun de ces universitaires n'a voulu rebondir sur le dossier sahraoui, pourtant leur présence à Casablanca a pour objectif primordial le débat sur la paix en Méditerranée. En insistant sur le pourquoi de cette levée de boucliers sur un conflit que le discours du président Obama et la tournée maghrébine du représentant de Ban Ki-Moon ont, pourtant, propulsé durant la même semaine au-devant de la scène régionale. Des universitaires marocains qui ont souhaité l'anonymat -par peur de représailles- expliqueront que le makhzen fait toujours croire qu'il y a un consensus général à travers le royaume sur la « marocanité » du Sahara et tout courant politique ou gouvernement qui agirait dans le sens inverse trouvera en face de lui la contestation populaire. Cependant, le traitement réservé par la presse marocaine à la lettre adressée par Barack Obama à Mohammed VI, dément vite ce prétendu consensus populaire sur l'annexion du Sahara au Maroc. Les titres de presse proches du makhzen, comme Le Matin, tentent de se consoler en interprétant le message d'Obama comme un « signal que l'Amérique travaillera aux côtés du Maroc ». En revanche, les médias au ton discordant reconnaissent la volonté des USA à tourner le dos au projet « autonomiste marocain ». L'hebdomadaire Le journal, le plus engagé des médias marocains, citera à cet effet les observateurs qui voient dans le message d'Obama « un subtil rappel à l'ordre adressé au Maroc ».
Le Maroc hebdo, en dépit de son allégeance à Sa Majesté, s'est posé des questions de type « que signifient donc ces expressions (le message d'Obama, ndlr) ? Exprimeraient-elles quelques réserves par rapport au projet marocain d'autonomie interne dans les provinces sahariennes (…) ? ». Mais, dans le même numéro, Maroc hebdo s'en prendra au pouvoir algérien, en exploitant les déclarations du général François Buchwalter qui a imputé aux forces de l'ANP l'assassinat des sept moines trappistes de Tbhirine, en 1996. Reproduisant les thèses des partisans du « qui tue qui » sous forme de dossier avec des photos de hauts gradés algériens (les généraux Khaled Nezzar, Mohamed Lamari, Larbi Belkheir et Médiène), sous le titre accrocheur « Les bourreaux d'Alger », ce journal ira jusqu'à affirmer que « personne n'est dupe, le GIA est le bras armé du DRS du général Médiène » tout en présentant Djamel Zitouni comme « la taupe des services secrets ». C'est de cette façon que les pays du Maghreb achèvent l'espoir d'une union régionale, en se livrant des batailles au sommet et obligeant les peuples de la région à vivre dans l'isolement.


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